YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

Archive pour février, 2011

LE NOUVEAU SACRE D’ABD AL MALIK

Posté : 17 février, 2011 @ 12:06 dans Non classé | 1 commentaire »

abdalmalikjolie2010l1.jpeg

Sacré meilleur album de musiques urbaines aux Victoires de la musique 2011, le chanteur Abd Al MALIK français d’origine congolaise confirme sa vertigineuse ascension au sein de la constellation musicale du Rap hexagonal. Une consécration qui fait montre que l’artiste déjà couronné collectionne les titres- en si peu de temps de carrière- et occupe désormais une place de choix dans l’univers des grands auteurs de la scène française où il a érigé et élargi son champ d’expression et de transmission de message. Mais l’opus né est un retour gagnant….aux sources africaines et dont l’explication des prouesses est toute trouvée sur la valeur des thèmes choisis. Et sur sa touche spécifique qui synthétise son talent incontesté de Rappeur, Slameur et Poète. 

Un véritable opus gagnant                                                                           

Avec ce nouvel album «Château Rouge» le conteur a revisité la musique africaine. Un retour au bercail qui lui a permis de chanter en mémoire des siens et de l’amour qu’il porte dans son cœur éloigné du paysage familier. En choisissant ce répertoire merveilleux il a composé des mélodies à l’image du message véhiculé et en guise de reconnaissance de cette richesse musicale ancestrale. A cet effet, les chansons telles que: Ma Jolie, Valentin, Mon amour…illustrent bien 

Dans cette œuvre de conciliation des mondes, il a fait appel à une figure emblématique de la musique Congolaise Papa WEMBA. Ils ont formé un duo de charme dans un magnifique tube « Ode to love» aux accents Anglais-Lingala qui a grandement séduit le public et donné à ce jeune talent une ouverture au monde de la Rumba Congolaise. 

Ainsi dans ce nouvel album il a concocté un menu musical haut en couleur locale africaine et agrémenté par d’autres sonorités ou influences venues des musiques d’hier et d’aujourd’hui. En vent de poupe. Avec lui, le Rap français s’africanise et se popularise en rejoignant d’autres océans musicaux du monde. Que ces ainés du Rap français n’ont guère exploré et navigué pour atteindre d’autres rives enchantées, cachées, insoupçonnées. Et où le Rap originel cesse d’être contestataire, revanchard voire vindicatif pour accoucher un Rap sublimé par le Slam éveillé. Et anobli par la poésie rimée….par une pieuse exaltation musicale teintée des idéaux nobles et humanistes.   

Toujours en perpétuel renouvellement et création artistique infinie. Il est présent au présent et n’est point où on l’attend point. Car sa musique issue du monde coloré africain façonne un style authentique. Qui brasse des influences multiples dérivées de la contrée afro-américaine et s’élève en incorporant des harmonies dominantes du Slam, de philosophie et de spiritualité. 

Mais ce qui fait sa force et sa puissance notables,  c’est l’éternelle beauté des thèmes qui arborent ses compositions musicales propres à lui. A la culture du Rap, Hip-hop et Jazz s’ajoute une culture universelle. Une marque de fabrique qui le détache du lot des courants météores des Rappeurs stéréotypés, inféconds et le hisse au firmament de la haute sphère d’innovation et de créativité musicale.   

Des visées humanistes notoires                                                         

En s’ouvrant aux confluents de la musique des grandes icônes nationales françaises notamment Juliette GRECO, ce chanteur s’est enrichi, muri et embelli dans le son, le rythme….une autre façon de faire le Rap est né avec ce chanteur philosophe qui Slam en français en pensant dans sa langue vernaculaire congolaise. Une symbiose parfaite qui fait de lui une exquise originalité qui enchante les mélomanes et que ses pères encensent en reconnaissant son talent confirmé. 

Ce musicien poète, en jouant avec les mots et en cultivant les pensées, est considéré par les critiques constructives comme le maestro de la langue française. Un statut hérité de son brillant passé estudiantin à l’université de Strasbourg où l’initiation philosophique l’a forgé bel pour engendrer aujourd’hui une âme imbibée de religiosité ou des préceptes  moraux à orientation Soufiste. 

Doté d’une intelligence du verbe, il use de cette voix pour être le défenseur hardi d’une culture monde et d’une nation unie. Un métissage qu’il porte dans son cœur et dans sa douce musique de l’âme et de l’esprit. Avec une conscience citoyenne affirmée et respectueuse des valeurs républicaines. Bien loin des controverses convulsives qui éloignent du monde des Hommes qui aiment le rassemblement.   

En somme, Régis Fayette-MIKANO  alias Abd Al MALIK continue sa révolution musicale amorcée depuis l’apparition en 2004, avec son premier album solo «Le face à face des cœurs», dans l’univers concurrentiel du Rap congolais voire mondial. Avec sa plume aiguisée et récemment primée- par le Jury du prix Edgard Faure- au sujet de son ouvrage d’essence humaniste «La guerre des banlieues n’aura pas lieu»(1), il est incontestablement le messager du temps qui passe. En prônant dans ses chansons le respect, la tolérance et la paix universelle.  Un autre versant lumineux de son destin de vie qui s’évertue à poursuivre pour donner dans sa terre natale française l’image d’un Rappeur, Slameur d’unité et de religion d’amour du monde. Il reste à souhaiter au Rappeur instruit venu du quartier de Neuhof à Strasbourg, d’être l’éternel rassembleur des mondes pour un universalisme pluriel ou Mondialisation à visage humain. Dans sa sublime vision de «vivre ensemble» qu’il professe, fredonne sans cesse. Avec son éternel refrain  de fraternité…. et de non refus du monde: « les Autres»! 

Quelques chansons de l’album

http://www.wikio.fr/video/abd-al-malik—jolie-4658432 

http://www.youtube.com/watch?v=YzhHNW2uN34&NR=1

 


 

[1] Abd al MALIK, La guerre des banlieues n’aura pas lieu, édition Le Cherche  Midi, 2010,  

LE SOCIOLOGUE CONGOLAIS BEN MIYALOU EST MORT

Posté : 2 février, 2011 @ 7:31 dans Non classé | 2 commentaires »

jpgmiyaloubenoit.jpg 

« il suffit à l’homme de fermer les yeux pour que le monde disparaisse » disait le Philosophe. Cette maxime est l’illustration frappante de la soudaine disparition de notre ami et frère Congolais Ben Miyalou. Celui qui est parti de l’autre côté de la rivière des aieux. Cet infatigable, lecteur et intellectuel brillant, a laissé à nos autres une merveilleuse leçon de vie: de courage, de force, d’opiniâtreté, de tolérance et d’humanité. Sa vie fut l’expression de lui même et de sa personne qu’il a sculpté et voulait voir s’accomplir. Sans mimétisme, ni suivisme. Un sociologue congolais dans l’âme et un esprit profondément humain. Qui a su pousser à l’extrême ses recherches d’un vrai sociologue qu’il était dans la compréhension de cette vie. Et bien au delà du questionnement personnel dans ce monde qui passe.

Un érudit et un homme cultivé

Je me souviens de ses analyses pointues et ciselées d’un grand renard des bibliothèques et qui venait apporter l’éclairage en citant les souches et références. Ce qui étonnait ma personne devant l’immense lecteur dans ses oeuvres. Il ne disait rien sans preuve et sans démonstration dans les débats houleux qui touchaient la politique, le sport, la culture, la tradition…et la sociologie son domaine de prédilection.

De plus je me souviens d’une anecdote racontée par mon frère Bikindou qui m’ a laissé pantois: « un jour il a cité devant mon neveu Luciano ébahi toutes les capitales des pays du monde ». Une sacrée performance! Une bien grande démonstration de l’immense connaissance…. et bien d’autres savoirs non révélés que recelaient ce talent certain. Qu’était notre sympathique et discret congolais. Ensuite, ce qui était remarquable poursuit mon frère, après ses disparitions studieuses, il revenait souvent avec une tête bien pleine des nouvelles. Ce faisait, il brossait magistralement un tableau saisissant de toute l’actualité brulante de l’heure et un portrait attrayant de toutes informations colportées ici ou là et celles recueillies dans les magazines, les romans, les livres…. qu’il lisait, étudiait minutieusement.  Une édifiante séance ou extase intellectuelle qu’adorait mon frère et qui va littéralement lui manquer. Et surtout sa présence et ces d’autres moments de joie, de plaisir, de partage… passés avec un être atypique. Qui était rentré dans l’antre familial. 

Je retiendrai de lui un esprit éclaireur et un épatant intellectuel. Qui fréquentait les bibliothèques et la FNAC. Toujours à recherche de l’information et à la pointe de l’actualité.  Et qui savait dire Non et ne renonçait rien à tout ce qu’il pensait être ses vertus et sa voie dans ce monde. Qui l’a vu naitre, grandir et qu’il a quitté à l’aube de l’enfantement des grandes mutations du siècle. Qu’il suivait avec intérêt particulier, ardeur infini et décrivait amplement avec son pinceau singulier.

Ineffaçable souvenir 

Il restera dans l’autel de mon coeur, un souvenir ineffable d’un homme qui aimait la vie, l’écriture et les livres. Cette vie qui le guidait aussi dans sa vie simple et sans problèmes. Il a laissé à ceux qui l’aimaient ce message d’un frère qu’on demandait toujours et qu’on pensait souvent. Son absence laissera au quotidien un vide abyssal et incommensurable manque d’amour fraternel. Cette douloureuse épreuve de séparation qui me touche, frappe fortement ses proches et profondément sa famille. Notamment son petit frère Ma Ngouala Jean Pierre et sa mère restée si loin dans sa terre natale de Dolisie.

Puisse l’éternel accueillir dans son royaume lumineux l’âme de son fils sociologue dans l’amour et la protection finale. Repos du grand chercheur et sempiternelle paix d’un esprit immortel. Tchao l’Artiste! Ben MIYALOU.

 

Français sans fautes |
le livre du loup |
euh....vraiment n'importe q... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Avec mon coeur, mes mots et...
| Et toi tu lis quoi ?
| Mes Créations Cya