YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

Archive pour novembre, 2011

Clément Ossinondé: une figure emblématique de la musique Congolaise

Posté : 30 novembre, 2011 @ 9:05 dans Non classé | 2 commentaires »

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Avec ce nom un son de musique tonne, une vocation se dessine et se perpétue de nos jours par ses publications et sa passion sans cesse dévorante. De celle qui constitue, en somme, sa raison d’être et de vie. Une vie vouée à cet art majeur culminant… et de la promotion et de vulgarisation de celle-ci pour donner à tous et toutes l’amour de l’aimer à l’infini. Oui, monsieur Clément Ossinonde donne l’envie de connaitre, de découvrir, d’écouter, de chanter et de danser la musique. Avec lui, l’ouïe, le corps et l’âme captivés, bercés sont dans la totale extase de la découverte, de l’enchantement, de l’emballement et de l’évasion vers des sphères de beauté, de joie, d’amour et de plaisir. Qu’offre une musique transcendantale, élevée d’un artiste imbibé du génie des Maitres et plongé dans leur univers d’inspiration supérieure.     

C’est le verbe « donner» qu’il conjugue au présent pour partager sa passion singulière aux autres: ces auditeurs et ces adorateurs de tous bords pour donner à la musique sa place vivante dans nos vies et notre quotidien envahis parfois par la monotonie ambiante de labeur, de multiples occupations et sollicitations nombreuses. Au milieu de l’envahissement de la modernité et son cortège de nouveautés scientifiques et High Tech, la figure emblématique et le porte- étendard de notre musique nous montre des régions musicales qui nous échappent de l’ennui, de la morosité et d’autres maux. II nous ouvre les frontières sonores et rythmiques des chansons pour transformer les mauvais moments et saisir l’instant présent. Avec joie de l’écoute d’une mélodie lointaine, prenante. Et bien souvent venant effacer l’aigreur et le passe difficile d’une période de vie en décrépitude.    

A l’invitation aux univers musicaux universels entrainant, le doyen honoraire Clément Ossinonde donne sans recevoir aux artistes confirmés et aux jeunes talents la place de se faire connaitre du grand public et des mélomanes… bref le brillant orateur et animateur zélé à la sublime plume ouvre large les portes du succès et de la renommée à tous les musiciens en quête du graal: de cette reconnaissance et réussite totale. 

Un brillant orateur       

Cet inlassable militant de la musique sans frontières est natif du Congo-Brazzaville où il a fait ses brillantes études. Il a occupé plusieurs postes présidentielles. Notamment en qualité de président de l’UMC en 1969, de l’UNEAC en 1977. Et sous la mouvance de Jean Jules Okabando, il rejoint le corps directoire de JMR et de l’UJSC. 

Mais, très tôt, ce jeune choriste talentueux et féru de musique intègre la grande maison du radio Congo. Aussitôt, il se fait remarquer par sa brillante voix envoûtante et entrainante qui draine les auditeurs dans son propre univers des chansons choisies pour embellir et enrichir ses émissions. Un animateur au sens de l’improvisation aigüe, au puissant «verborateur» est né dans le giron de la chaine Congolaise à l’aune de l’année 1969. Ainsi il se fait une place de choix dans ce milieu concurrentiel, parsemé d’élites, d’imminents animateurs et époustouflants journalistes de l’époque tels que: Claude Bivoua, Guy Ové, Joseph Ngabio, Miatourila kouba, Henry Mpangui,…   

Dans cette grande maison radiophonique, il anime en suite le Carrefour Culturel Congolais», «Une Vedette et ses chansons», et «L’animation des tranches musicales » jusqu’en 1978. Puis, producteur des brochures musicales, comme « Les vedettes », « la dépêche de l’UMC » et « Panorama de la musique congolaise». Entre 2000 et 2001, il anime à Radio Liberté l’émission « Les grands noms de la musique congolaise » jusqu’à son départ en France, en 2001. 

Mais avec son émission phare de samedi dénommée «Les COCO». Avec comme générique notoire: «Sango ya bayembi ya Congo yoka, Samedi na Les COCO». Il atteint vite un pic d’audience sans précédent. Et tous les congolais et congolaises se donnaient le rendez–vous pour écouter son émission qui devenait au fil des années un culte de la chanson et de notre musique. Un patrimoine que l’animateur incontesté et incontestable dispensait, dirigeait de main de maitre pour hisser plus haut notre musique, ce rayonnant patrimoine connu du monde entier. Son émission attendue était devenue un lieu incontournable pour les musiciens d’antan. Car les auteurs et compositeurs cherchaient auprès de Clément Ossinonde le magnifique, faiseur de talents et détonateur de succès, un sésame de sortie de l’anonymat vers la célébrité. C’est la lumière du dehors embuée de succès que les musiciens inconnus voire ignorés venaient trouver sur le plateau scintillant d’Ossinonde. Et ceux qui étaient déjà sous les feux de la rampe venaient derechef rechercher le surplus et l’éclat reçu en abondance. A celui qui est et était la conscience même de la musique qui unit et rassemble le peuple. De par son émission, il donnait à tous l’opportunité de côtoyer et de fréquenter le monde du milieu musical, de recherche, d’évolution et de progression… Un passeur de valeurs et un imprésario dans son genre de faire rencontrer des hommes et des femmes animés par la passion. Un découvreur de talents aussi par le lancement et la vulgarisation sans fin qu’il s’évertuait à faire dans ses émissions à grande écoute. Il a formé et façonné à sa manière des générations par son fou talent d’animateur chevronné. Une reconnaissance aujourd’hui affirmée et confirmée par les passéistes et cette nouvelle génération qui ne cessent de donner la palme d’or. A celui qui a œuvré à la beauté et à la richesse de la culture musicale congolaise. Sa réputation a dépassé la rive droite du fleuve Congo où il est considéré par la grande famille: l’homme de la mémoire vivante et de la conscience vivifiante de notre patrimoine musicale étincelante.  Un défenseur hardi de la musique Congolaise et de ses multiples danses. Ce titre sublime sa personne et l’inonde par le respect, l’estime et la considération que toute génération confondue de deux rives Congolaises lui fait montre. De Brazza à Kinshasa, la voix de Clément Ossinonde a marqué et marquera toujours les adorateurs et les fans de ses émissions cultes et de ses publications d’hier et d’aujourd’hui qui se distinguent par ses qualités historiques recherchées, ses connaissances inouïes et savoirs musicaux incontestables. Un véritable connaisseur gorgé de culture universelle.  

Une plume meilleure 

Il écrit sa première chronique musicale, dans la revue africaine Bingo en 1964, consacrée à Jean Serge Essous. Sa plume meilleure vient agrémenter sa voix et laisse passer au mieux son message musical. Ce mariage de talents conjugués donne à l’ancien animateur et à l’écrivain remarquable une élégante aisance dans l’art de transmission de mémoire à travers les âges. Car notre Ossinonde national traverse des générations et laisse égrener au passage des écrins de beauté et de lumière intérieure. Un amour partagé de la musique habite cet homme de culture musicale débordante. Tant il est vrai, Clément Ossinonde pense, mange et distribue la musique aux profanes et aux initiés. Un serment prêté depuis l’aube de sa naissance dans le berceau natal où ses parents l’ont transmis ce legs lointain pour faire passer ce message à la postérité. Un héritage que l’étonnant enfant a su respecter et fructifier sans dilapider à ses fins. Et surtout sans abdiquer ces vertus pérennes et coutumes millénaires qui l’ont forgé. Dans cette vie où il a choisi avec joie cette voie musicale de donner sans recevoir. Celle d’âme pétrie de sagesse ancestrale. Gardienne du temple de coutumes et des us qui guident l’esprit de l’enfant imbu d’amour pour les autres. Qu’il est resté au fil du temps et des âges. Une bien meilleure destinée qui nous enchante tous fils et filles de cette époque et de celle de nation d’hier.    

Il reste, sans fin, à Clément Ossinonde, ce feu incandescent d’un chercheur infatigable et d’un dispensateur de valeur commune. Celle qui enfante sans cesse l’unité et la fraternité entre les tribus. Oui, un fécondateur et forgeur de paix, d’entente et d’harmonie par le biais de la musique de tradition orale et moderne. Son humus nourricier, sa marque d’expression et espace de liberté. Depuis toujours. 

Yves Makodia Mantseka 

Quelques émissions de l’auteur:    

Clément Ossinonde
-           une émission de Clément OSSINONDE

Panorama de la musique congolaise(5): Par C. Ossinonde

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Jean-Serge Essous

-           Une émission de Clément OSSINONDE

Panorama de la musique congolaise(1): Par C. Ossinonde

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JOSEPH KABASELE 

-           Une emission de Clément OSSINONDE
http://www.mbokamosika.com/article-los-nickelos-duo-wemba-koffi-par-clement-ossinonde-63709019.html

Los Nickelos & Duo Wemba-Koffi: par Clément Ossinonde

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Yves Nkodia : un poète excentrique, d’horizons divers

Posté : 27 novembre, 2011 @ 11:33 dans Non classé | Pas de commentaires »

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« La poésie exprime des idées et des choses de manière indirecte », Michel Riffaterre.

L’excentricité dans la poésie d’Yves Fernand Nkodia (YFK) repose essentiellement sur la  perméabilité lyrique de l’imaginaire et du réel d’un homme ébranlé par les surprises du voyage en Métropole, tant rêvé depuis son pays natal (Congo-Brazzaville). Économiste et juriste de carrière, Nkodia vient de publier son premier recueil de poésie intitulé Tendre nostalgie, chez Edilivre Paris.

Il s’agit en effet d’une œuvre littéraire qui doit être abordée, à mon sens, sur le  plan chronologique   pour mieux saisir la philosophie de Nkodia, distillée au travers d’un lyrisme débordant et sous-tendue par une série de rétrospections d’un passé au Congo, d’introspections en Métropole, et enfin de projections dans un futur imaginaire couronné d’une énorme richesse universelle. De prime abord, on a l’impression que le poète n’aborde que le passé dans son ouvrage, mais au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture, l’on découvre que le socle du récit repose surtout sur un présent plein de rebondissements et un futur incertain, à l’image de tous ceux qui quittent l’Afrique pour l’Occident, avec beaucoup de rêves. C’est pourquoi j’y relève sans doute  une intertextualité avec les « Mirages de Paris » (1937) d’Ousmane Socé Diop (1911-1973). Nkodia est, quant à lui, resté plus d’une décennie en France, sans pouvoir retourner dans la mère patrie en raison de la guerre civile de 1997 au Congo-Brazza et des contingences de la vie. Séparé des siens et coincé en Métropole, l’homme de Brazza nous fait visiter l’Afrique à travers la description, avec force détails, de la forêt, de la savane, des « collines » et de la « brume matinale ».

 

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Autrement dit, l’espace et le temps occupent une place de choix dans cette poésie à la fois philosophique, culturelle et sociale. Tendre nostalgie est donc un recueil qui peut être considéré comme une première dans la nouvelle poésie contemporaine, africaine, eu égard à ses « structures profondes » en tant que catégories textuelles, pour ne pas paraphraser le professeur Jacques Soubeyroux, maître de mon maître (le professeur Marc Marti) dans ses travaux, Le discours du roman sur l’espace : il y proposait la théorie d’une nouvelle approche méthodologique. La démarche de Jacques Soubeyroux consistait à compléter la prééminence des deux catégories fondamentales du récit (temps et narration) élaborées par Gérard Genette dans Figures III en rehaussant  l’espace, jusque-là défini comme un circonstant, à savoir une troisième catégorie.

Avec cette découverte de Jacques Soubeyroux, j’ose ainsi aborder la nouvelle critique contemporaine et l’auto-référentialité à travers la fiction de Nkodia, en tant que spécialiste du siècle des Lumières (18ème). C’est une œuvre  qui ne peut  être exploitée, de fond en comble, sans se référer à la poétique de l’espace, grâce à son illusion de la réalité basée sur l’histoire fictive racontée, à son degré de mimétisme emprunté au monde réel, à son degré de déviance (l’écart par rapport au réel). En résumé, la poétique de l’espace jadis soulevée par Gaston Bachelard est aujourd’hui capitale dans Tendre nostalgie de Nkodia : l’espace est y cybernétique, puisqu’il englobe des données indispensables, sous formes d’indices.

Aussi Le professeur Jean-Marie RAINAUD, écrivain-poète et Doyen honoraire de la Faculté de Droit de Nice avait-il eu raison lorsqu’il le conseillait de réorganiser l’ensemble de ce recueil de poésie en élaborant un plan selon la thématique. Il s’agit donc de la concrétisation d’un long travail payant, au regard de l’importance du trajet dans cette étonnante œuvre, Tendre nostalgie. Jean-Paul Sartre affirmait à juste titre: « pour qu’il y ait récit, il faut une causalité ». En revanche, dans une brillante leçon de poésie prodiguée dans la préface de mon premier recueil, Les rêves de la fleur, le professeur Marc Marti citait Roland Barthes qui se doutait dans Les Mythologies qu’il y eût une essence de la poésie en dehors de son histoire. Bref tout au long de ses vers classiques, le poète Nkodia tente de reconstituer un monde défait, à partir d’un puzzle éparpillé tantôt en Afrique, tantôt en Europe, par le biais de questionnements et de pérégrinations.

Par conséquent, la rigueur du style de Nkodia est liée à sa carrière de robin, selon son préfacier et professeur, Jean-Marie Rainaud, qui a pris le soin de préciser que les grands poètes furent aussi juristes en évoquant le célèbre musicien Mendelssohn. Et d’enchaîner avec la formule d’Aimé Césaire qui mettait en relief le style rigoureux de la poésie de Lautréamont semblable à  un acte de puissance publique : «la poésie de Lautréamont belle comme un décret d’expropriation». Pour rassurer ceux qui trouveront curieuse l’association entre Droit et poésie, Jean-Marie Rainaud a bel et bien fait la différence de ces deux disciplines tout à fait antinomiques : « Le droit est réaliste alors que la poésie ouvre grand les horizons de la fiction. D’un côté le formalisme du notaire, de l’autre l’imagination et la fantaisie ».  Mais, il reconnaît par la même occasion l’importance de leur combinaison qui nous ramène au Solfège avec  la musique des notes : « Comment concilier la norme, la loi, la règle à l’insolite, à la singularité voire à la marginalité ? ». Bref, les notes de la musique sont forcément régies par des règles, même si elles relèvent de l’imaginaire.

Enfin, le professeur de droit, de surcroît écrivain et poète niçois, qui a  depuis longtemps savouré la plume de son disciple nous livre ses impressions : « Avec Yves Fernand NKODIA la poésie est belle comme un service public. Il est l’homme  de la solidarité, de la communion avec les plus souffrants: l’aveugle est guidé par les fées du ciel (p. 27), la moisson nous attend de l’autre côté du champ (p. 23), le monument des juristes s’élabore en Afrique ». En effet, le paysage dans la poésie de Nkodia est, selon lui, sublime et sensationnel, grâce à l’attachement du poète à ses origines comme source d’inspiration: « Les cheveux d’Yves Fernand NKODIA sont encore saturés de rosée africaine, son texte est illuminé par la lumière d’ambre qui filtre à travers les collines. Le lecteur s’il prête attention entend les arbres pleurer leurs feuilles ».

Dame Diop, doctorant en Littérature au laboratoire du Circples (Université de Nice Sophia-Antipolis)

afriquedemocratie@afriquedemocratie.net

Lien pour consulter le livre :

http://www.edilivre.com/tendre-nostalgie-yves-fernand-nkodia-mantseka.html

 

Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD: l’infatigable défenseure de la cause féminine

Posté : 13 novembre, 2011 @ 6:14 dans Non classé | 1 commentaire »

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Si le chemin des Droits de la femme dans ce monde est long, rocailleux et plein d’embûches, il faut donner à Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD la force, le courage et le mérite de continuer inlassablement ce difficile combat de la liberté et de l’émancipation.

Force est de constater qu’au cours de ces dernières années, l’illustre écrivaine a ardemment milité et bataillé durement pour se faire entendre et donner à la Congolaise sa rayonnante image de mère porteuse d’amour et partageuse de bonheur. Mais aussi et surtout celle d’une femme que l’on doit absolument respecter par ses devoirs et droits qui lui incombent et lui reviennent par rebondissement. Ou par ce que l’on appelle singulièrement en jargon scientifique l’effet «de chimiotactisme positif». En filiation avec cet attrait bienveillant, bienfaisant que l’homme éprouve naturellement devant sa moitié qui n’est autre que lui-même. Dans la fusion totale, idéelle et sacralisée de l’amour pur. Cette conception ancienne et transcendantale que véhiculaient nos ancêtres.

Ainsi «la poétesse au regard extasié» s’inscrit dans la logique du grand combat de la femme. Cette lutte inexorable qu’elle mène par la voie de la voix et de l’écriture. Ces deux instruments de vocation qu’elle manie avec maitrise de bon aloi. Et d’absolue nécessité pour mettre fin au conservatisme rabique qui ronge la société africaine et les inégalités réelles qui érodent le monde occidental et les discriminations criardes qui fissurent le monde dans sa globalité. C’est avec ses pinceaux que la prolifique et polyvalente écrivaine Congolaise s’évertue à exorciser le mal de la femme à travers les pièces de théâtre, à relater les atrocités de la mère par le biais des Contes et par le truchement des Conférences et débats à  dénoncer l’oppression infligée à celle-ci. Tels sont les axes principaux de la défense de cette figure de prou dans ce monde segmenté par la domination masculine et dont la montée du féminisme infléchie la donne par la restauration du genre et de la parité. Avec elle le féminisme devient l’arme qui doit servir la femme et non l’asservir.

De son premier livre en 2005 intitulé «Hymne à la tolérance» à l’art de la Maternité chez les Lumbu du Congo en passant par le Combat des femmes Congolaise, les Femmes d’Afrique Centrale au Québec et l’Amour en migration,cette singulière femme a fait des Femmes son unique combat dans la recherche de l’égalité dans la différence et le respect des droits et libertés fondamentales. Ces principes essentiels qui fondent l’humanité.

C’est une vision humaniste de la conception de la discrimination des femmes que cette dramaturge, nouvelliste, essayiste fait montre explicitement par ses idéaux. Et qui se dessine merveilleusement dans ses œuvres de lumière dans ce monde victime de l’obscurantisme total des dirigeants.

A l’image de ces œuvres manifestes marquées par l’éternelle situation de la femme, son écriture est un sceau de l’engagement et de la passion dévorante pour sortir la femme du bourbier des conditions infâmes et de l’indignité humaine. C’est un éternel voyage entre le Congo sa terre ancestrale et son pays d’accueil le Québec que l’auteure nous amène à travers ses ouvrages. Avec son célèbre slogan« seule la lutte libère» à la bouche pour briser les interdits, bousculer les tabous et améliorer ainsi la condition des femmes.

Au regard de ce qui vient d’être exposé lapidairement, il en découle que le parcours de cette courageuse femme se comprend à la lumière de son sublime combat et à travers sa vision grandiose.

Son unique combat 

Ainsi cette fervente défenseure de la cause féminine œuvre sans cesse à faire restaurer la loi et les normes permettant de libérer, de protéger et de défendre. C’est toute cette entreprise intrépide que cette vaillante exerce par le biais de l’écriture, de la parole et des actions concrètes pour faire passer son message de solidarité, de justice et d’égalité.

Cette figure incontournable use l’encre de sa plume romancière, déploie ses ailes lyriques  pour insuffler voire seriner dans le cerveau de l’humain ankylosé, chloroformé et formaté par les clichés et pensées sexistes nébuleuses. Elle cherche à faire taire tous les discours et prises de positions outrancières de discriminations et de rejet systématiquement de la femme dans le champ de grandes décisions du monde. C’est ce refus manifeste face à ces inégalités monstrueuses et divisionnistes que l’homme épris dans un tourbillon de machisme exprime  insidieusement à l’égard de la femme. C’est à l’image des grandes figures féministes mondiales qui militent depuis un demi-siècle qu’elle tire le modèle de combat à la domination masculine, à ses lois et à ses mentalités.

A l’heure du modernisme effréné, elle s’insurge contre le pouvoir conservateur, contre toutes les traditions tatillonnes et coutumes séculaires rampantes qui lézardent tous arbres florissants préfigurant les grandes avancées des conditions de la femme. Fustigeant littéralement le traitement infligé à la femme dans le monde rural, elle vante l’idée de l’intégration de la femme dans toutes les sphères sociales, politiques et économiques voire environnementales. C’est le rôle majeur que la femme doit jouer dans les villages, les campagnes, les villes africaines où elle est souvent réduite aux taches ménagères, aux travaux champêtres et confiner au poste de gardienne du foyer. C’est cette impuissance relative imposée par l’homme que cette voix de la raison conquérante conteste sans fin dans ce monde.

Son unique combat reste de donner à la femme sa raison d’être et de vivre.  De ne point changer le monde mais de participer à la conscientisation d’ensemble. Face à la montée de la violence et de la pauvreté chez la gente féminine. Pour elle, le féminisme n’est pas un vain mot, ni un discours désuet. Il est, au contraire, d’actualité, contemporain. Et son but ultime: c’est abolir toute forme de domination. Celle d’un sexe sur l’autre, d’une couleur de peau sur l’autre, d’une orientation sexuelle sur une autre, etc. Car cette femme africaine cherche avant tout: « l’égalité entre tous».

Cette véritable combattante veut donner à la mère « qui allaite, gouverne les pas et ouvre les yeux aux prodiges de la terre » comme disait Camara LAYE une autre fonction humaine, salvatrice et glorieuse. Celle d’une femme à la commande des unités de productions, celle  d’une femme qui occupe la place de cheftaine de village, d’ardente défenseure et protectrice des normes. Et par conséquent celle qui, par dessus tout, oriente et prend l’initiative et les décisions politiques. C’est une femme de pouvoir, responsable, aimée et aimable que l’écrivaine de lumière intègre dans sa vision et philosophie même de féministe de première heure au Congo. Bien sûr, à la lecture minutieuse des ouvrages multiples de Gislaine Nelly Huguette SATHOUD sa conception du féminisme est somme toute positive et fort constructive. Si loin du courant féministe radical embourbé dans la vengeance et la haine viscérale.

Oui, cette poétesse dans l’âme incarne cette idéologie moderne dans la défense des intérêts de la femme. Ces intérêts qui symbolisent les droits de l’Homme. En exaltant pour dessus bord cette sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, elle rejette toutes mœurs gangreneuses qui enchainent la femme et la relègue au second plan. C’est ce cantonnement au rôle mineur que l’auteure explicite dans son ouvrage l’art de la maternité quant elle souligne que la femme semble encore reléguer au second plan à cause de la maternité qui la différencie de l’homme. Dans le rôle réducteur de donner des vies et sans en donner l’évolution et le progrès aux fruits de ses entrailles dans l’épanouissement et le développement de son être. Explicitement, elle célèbre le pouvoir éducateur, formateur et régénérateur de la femme. Tel qu’il fut exercé par les puissantes et antiques femmes Egyptiennes dans la procréation en union avec la déité. Et bien avant par nos ancêtres congolaises. C’est cette initiation sacrée que l’écrivaine partage à travers son expérience de passage de la fille à la femme dans l’art de la maternité. Avec le fameux rituel de l’eau bouillante Gislaine Nelly SATHOUD nous livre le secret millénaire du rajeunissement de la sexualité de la mère. A ce propos elle écrit : «Musonfi» est bien plus qu’une simple appellation, il s’agit d’un symbole, toute une tradition se résume dans cette représentation. Et elle ajoute:« En fait, quelques autres symboles pourraient s’associer parfaitement à cette appellation «Musonfi» : la beauté, le rayonnement, la joie de vivre et bien d’autres encore… »(1)

Une vision grandiose de la femme  

Ghislaine Sathoud, sereine et convaincue, porte une vision symbolique de la femme. Sa vision de la femme est grande et universelle. Elle n’est guère d’une tribu ni d’un clan. Car son œuvre globale insère le monde dont elle cherche à apporter la pierre pour l’édifice commun. L’humanité.  Cet humaniste altruiste montre la dimension sociale et culturelle de la femme qu’elle veut intégrer dans le pluriel. Et non dans le singulier du monde égotique. Doctrine des sexistes et des ségrégationnistes résolument claquemurée dans la division et la séparation d’avec le monde Un.

A l’antipode des courants passéistes et rétrogrades, ses contes et ses nouvelles peuplent l’univers de ses pensées dans l’insertion de la femme dans l’ère de la parité. La femme doit au même titre que l’homme occupé les postes de travail égal et obtenir un salaire commun à la hauteur de ses talents et compétences. Elle rejette la marginalisation totale de la femme. C’est plutôt cette reconnaissance des qualités de travail, de mérite et non de beauté que cette implacable dame de cœur et de conviction exprime à travers sa démarche héroïque de la sauvegarde des acquis de la femme dans ce monde où elle se veut être libre et indépendante. Avec sa délicate attention, elle nous met en garde contre le renoncement, l’impatience, et donc de ne point lâcher prise… Et de ne point oublier les souffrances endurées par nos mères africaines dans les villages reculés, enclavés pour nourrir la famille. Tous leurs sacrifices humains poussés à l’extrême au nom de l’amour et du bonheur des siens et de la patrie même. Son cœur éploré nous conseille: « ne peut passer sous silence les difficultés des femmes à la campagne, qui travaillent de longues heures dans des conditions de pénibilité extrême voire insupportables.» (2)

Ainsi avec l’amour en migration l’écrivaine fait une analyse bilancielle: « …Femme. De ma naissance à aujourd’hui, j’en ai vu de toutes les couleurs. De mes premières règles à ma ménopause, beaucoup de choses se sont passées. Du haut de mes cinquante cinq ans d’existence, je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu de l’animation. Plusieurs grandes secousses ont mis ma vie à rude épreuve. Je n’ai pas baissé les bras. Je n’ai jamais baissé mes bras. Je n’ai jamais cédé à la fatalité. J’ai toujours gardé espoir. À mon sens, une femme doit prendre sa place dans la société. Une femme doit faire son chemin. Elle a droit à sa place. Sa voix doit être entendue. La femme est une personne à part entière  qui doit jouer son rôle, assumer des responsabilités à sa manière. Plus les discriminations sont nombreuses, plus j’aime relever le défi d’être une femme. » (3)

Et sa pièce de théâtre -les maux du silence- une femme en pleurs-mise en scène sur les tréteaux de Sherbrooke au Canada à l’occasion de la marche mondiale des femmes, elle crie que les femmes africaines sont plus malheureuses en Occident qu’en Afrique et évoque le concept de la dépendance.

« Des Femmes d’Afrique centrale au Québec au Combat des femmes du Congo-Brazzaville, une seule préoccupation pour l’auteure : montrer et dénoncer les affres que subit la femme africaine en général et la Congolaise en particulier dans cette société des hommes où le masochisme semble se révéler dans la plupart des nations, surtout dans les pays du Sud. Le Combat des femmes du Congo-Brazzaville, une réflexion qui peut se lire sur fond d’autobiographie et d’expériences sociales personnelles », écrit Noel Kodia Ramata (4)

Mais dans l’ensemble l’auteure dans ses œuvres met en exergue la valeur de la femme africaine. Elle plaide l’honneur et la fierté des femmes en leur rendant un vibrant hommage. En raison de la lutte inlassable qu’elles mènent pour leur émancipation, leur épanouissement en dépits des préjugés. Dont elles sont en proie tant en Afrique qu’en occident à cause des différences culturelles. Pour elle, certaines coutumes draconiennes et traditions surannées vont à l’encontre des idéaux nobles exaltés par les Nations Unies pour le développement dans le monde. Ou pis encore ils sont à l’antipode de la promotion du genre et de la parité. Ces vecteurs de construction de l’inégalité rompue et discrimination effacée pour l’unité entre Hominisme et Féminisme. Ces vecteurs de structuration de l’humanisme pluriel. Ce vaste monde de l’homme et de la femme avec leur identité acceptée et respectée. C’est cette identité de la femme que la militante acharnée revendique au nom de la modernité et du progrès des mœurs. Et au nom du respect de la démocratie inclusive et de vertus républicaines. Sans injonction extrême de religiosité dont elle garde précieuse les valeurs pérennes de l’unité et de la fraternité.

De plus, dans sa « lutte féroce qui donnera le salut », cette femme active dans le monde associatif et culturel a évoqué aussi dans son ouvrage « Les femmes d’Afrique centrale au Québec » le lancinant  problème de l’immigration de la femme. Un autre volet pour montrer du doigt les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes hors de leur pays d’origine. Parmi ces maux elle cite, entre autres : l’affront d’une autre culture, le regard de l’autre, etc. En somme, elle dit:« la femme immigrante hérite déjà de la discrimination envers toutes les femmes. De plus, en tant que femme immigrante, elle subit encore plus de discrimination»(5)

Installée au Québec avec sa famille, ce n’est guère une lutte politique exacerbée que cette voix majeure de la littérature Congolaise s’évertue à pourchasser loin de son pays natal. Mais un idéal de justice et de paix dans une société mondiale où l’homme parfois despote piétine les règles communément admises. Celles qui célèbrent l’amour du monde. Celui qui considère l’autre, la femme comme un être à respecter et aimer dans un indissoluble lien d’amour.

Cette parité dans la légalité et dans l’inégalité compensatrice que professe cette brillante écriture dans la défense grandiose et perpétuelle des causes réelles. C’est l’égalité des chances issue de la protection et de la défense des valeurs cardinales qui fondent la famille unie que conseille cette congolaise visiblement versée dans l’océan de l’entente, de l’harmonie et l’équilibre des couples.

Ainsi, elle se situe à contre courant des toutes les impunités totales qui minent les sociétés africaines et occidentales où les violences physiques, psychologiques et morales sont  monnaies courantes. Toutes ces femmes battues, molestées, torturées, violées restent l’unique dessein de son combat dans les sociétés rongées par les esprits malséants, fous et potentiellement dangereux. Ces faiseurs de troubles publics qui utilisent l’arme, le pouvoir, la puissance voire la séduction pour fouler au pied les lois universelles et protectrices de la femme.

Avec cette voie de la défense de la femme, elle est l’éminente avocate dans cette arène mondiale où son esprit éveillé et humaniste symbolise une lutte sans fin des causes justes. Celles qui animent sa vie, éclairent ses écrits et illuminent son parcours héroïque. Dans ce monde où elle passe son message vibrant demeure…et l’espoir aidant s’élève dans ses œuvres déjà amorcées. Celles qui viennent nous souhaitons à l’artiste née une lumière qui éclaire la route de la «vainqueure». Que l’histoire dira d’elle. Assurément!

Yves Mâkodia Mantseka    http://ynkodia.unblog.fr/

Notes:

(1):   Lire L’art de la maternité chez les LUMBU du Congo,  page 64

(2) : Lire Les femmes d’Afrique centrale au Québec, page 51

(3) : Lire L’amour en migration, page 14

(4) : Lire in  www.afrology.com et Afrique éducation du 246

(5): Lire entretien réalisé par Planète Afrique.com in Site Officiel Ghislaine SATHOUD

Bibliographie de l’auteure:

Poésie
Poèmes de ma jeunesse Pointe-Noire: Éditions I.C.A., 1988. Poésie

L’Ombre de Banda Paris: Éditions C.B.E., 1990. Poésie.

Pleurs du cœur Paris: Éditions Expédit, 1995. Poésie.
Théâtre
Les Maux du silence. Maison Culturelle Les Ancêtres (Canada), 2000
Nouvelle
Les Frères de Dieu Québec: Éditions Melonic, 2006. (72p.).
Conte
Itiana Montréal: Éditions Carte Blanche, 2002

Romans
Hymne à la tolérance. Québec: Éditions Melonic, 2004

L’amour en migration, Paris : Ménaibuc, 2007.

Essais
Les Femmes d’Afrique centrale au Québec. Paris: L’Harmattan, 2006

Le combat des femmes au Congo-Brazzaville, Paris : L’Harmattan, 2007.

L’art de la maternité chez les Lumbu du Congo Musonfi. Paris, L’Harmattan, (L’Harmattan, Collection Études africaines, 2008)

 

La Sape : Un dandysme congolo-congolais

Posté : 13 novembre, 2011 @ 5:47 dans Non classé | 1 commentaire »

   
 
Papa Wemba 

Aujourd’hui, la Sape gagne de plus en plus le monde de deux rives congolaises (Brazzaville et Kinshasa). Cette «société des ambianceurs des personnes élégantes» (SAPE) a vu de nombreux adhérents et adorateurs intégrer son cercle, hier encore fermé aux profanes. Les initiés du culte de la beauté des vêtements transmettent leur art au commun des mortels. Ces dandys nés cultivent au quotidien dans les deux villes les plus proches du monde une culture qui devient avec l’émergence du mouvement dans le monde occidental une exception. Une marque culturelle reprise par les politiques qui ont fait un legs colonial et historique fructifié et embelli à l’image congolaise. Une touche singulière reconnue mondialement et les dirigeants aidant donnent une place de choix et de reconnaissance par le biais des célébrations officielles qui l’élève au rang du patrimoine national, riche et rayonnant.

La genèse du mouvement

Le colon blanc, en découvrant le majestueux Congo, a laissé dans les rives et terres son propre habit. Une tunique que nos ancêtres découvrent stupéfaits dans leurs paisibles royaumes et villages de rassemblement. Mais l’origine de la Sape remonte à Bacongo, ce quartier phare de la ville sud de la capitale du Congo Brazzaville où les dénommés cracks, fréquentant les bars, dancings et marchés populaires, ont inventé ce concept novateur. Dans ce célèbre quartier des peuples Laris et Kongos, la mode devenue Dieu est adorée par les sapeurs tirés à quatre épingles qui se déambulent dans les rues, les avenues à cœur joie et autour de leurs multiples supporters ou zélateurs. Une véritable ambiance de fêtes orchestrée par les concours de la mode subsiste dans la capitale brazzavilloise où les partisans des quartiers de Poto-poto, de Ouenzé, de Moungali et d’autres viennent s’affronter à ciel ouvert. Habillés par les grands couturiers occidentaux, ces compétiteurs célèbrent la mode et chantent à l’infini le refrain de leur rêve de rejoindre Paris: l’eldorado. La capitale de la Mode. Cette capitale française où leurs ainés « sapeurs » résident et ne cessent d’alimenter, d’amplifier ce merveilleux rêve en envoyant les habits en vogue pour la promotion et le développement du mouvement. C’est cette trajectoire impulsée par leader politique André Matsoua et élargie par les Parisiens Bacongolais qu’est née explicitement la Sape. Historiquement, la palme d’or du premier sapeur de tous les temps revient à ce chef et qui, plus tard, donna ses lettres d’élégances aux jeunes étudiants congolais de Paris d’autrefois. Ainsi de Bacongo à Paris, la mode en traversant la mer et les océans s’est développée et a gagné sa place de prédilection et de concrétisation au Musée Dapper à Paris, au Musée des confluences de Lyon. Parmi les grands héritiers de la sape à Brazzaville, on peut citer: Ya Francos, Kalafath, Lony, Nono, Belos, Miro, Gomes, Kapata,

Baudouin Mouanda

Mais la Sape a aussi connu une autre voie de développement et d’amplification: Kinshasa. L’homme politique Patrice Lumumba a été le premier dandy congolais. Singulièrement le quartier Matonge (prononcé: Matongué), au village Molokai, est et reste aussi le foyer genèsique de la sape. A ce sujet, Papa Wemba est incontestablement le pionnier de ce mouvement. Ce célèbre musicien insuffle dans les années 80 un air de la Sape en décrétant que celle-ci appartient à la religion «Kiténdi» (Tissus en Lingala). Avec lui, feu Niarcos et les musiciens de «Viva la musica» (Groupe musical du célèbre Papa Wemba) et autres chanteurs de l’époque, comme Koffi, Bozy, Evoloko, Emmeneya, Defao et autres, vont reprendre le flambeau. De Kinshasa à Paris en passant par Bruxelles, le grand Jules (prénom de Papa Wemba) va diffuser cette nouvelle façon de s’habiller qui rivalise avec «l’Abacost», tenue officielle du gouvernement zaïrois à l’époque. Mais le mérite de Papa Wemba reste dans les chansons dédiées à la Sape et aux couturiers parisiens qui vont donner à celle-ci une renommée mondiale. Et l’apparition du film de «Djo Balard», le roi de la Sape, va parachever cette ascension fulgurante du mouvement de la Sape.

Aujourd’hui, d’autres courants sont nés autour de ce concept. De la Sape à la Sapologie, une culture est née et se développe à travers le monde. Une vision scientifique de la sape popularisée par le défunt chanteur Bernard Boundzeki. De Londres à Rome en passant par Milan, Paris et autres, la sape à la congolaise s’invite et participe dans les défilés et salons prestigieux de la mode. L’Internet, où les vidéos des sapeurs se regardent sans cesse, élargit de plus bel le mouvement qui atteint toute l’Afrique. Les défilés de mode se déroulent partout. Au Togo, au Burkina Faso, en Cote d’Ivoire, au Cameroun, au Gabon, en Afrique du Sud, etc., les sapeurs et les sapeuses continuent de célébrer ce culte de la beauté, de la séduction, du paraître.

Quel avenir ?

Hector Mediavilla Sabate Brazzaville

La Sape, comme moyen d’expression du peuple de deux rives, s’est enracinée dans les mœurs et les coutumes. Un langage est créé autour de ce mode vestimentaire. Art de paraître pour les uns et art de beauté pour les autres, la Sape, en traversant les âges, transmet et véhicule un message de confraternité, de solidarité et de partage. Car, à la base, ce culte du «je» est né d’un troc ou échange d’habits entre frères et amis. Une manière de plaire et de séduire l’autre, son amour, sa conquête, son semblable. Elle est donc une arme de persuasion, d’être et d’exister…, de vivre à travers une passion de l’amour du vêtement. La Sape marque l’identité des personnes et correspond à un certain style de vie. Qui ne s’écrierait-il pas en voyant un « sapeur » bien dans sa peau que l’habit fait le moine ? Car les sapeurs sont maintenant dans toutes les couches sociales. Ces nouveaux champions de la mode ont aussi une tête bien faite et s’identifient au monde intellectuel et se réclament être les défenseurs d’une culture, d’un nouveau mode de vie, d’un idéal. Et ils sont aussi les acteurs de la cohésion sociale et donc des passeurs de valeurs fraternelles.

Avec la prise de conscience du mouvement par les politiques et de l’impact positif qu’elle suscite dans ce monde des dirigeants, la Sape, comme autrefois la beauté de l’âme et de l’esprit, demeurera demain une lumière qui éclairera la culture jumelle de ces deux rives. Et qui dans un proche avenir se réunira autour d’autres valeurs et richesses communes qui feront de ces deux rives les nations fécondatrices de l’unité entre peuples africains.

Yves Makodia Mantseka

 

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