YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

Archive pour janvier, 2012

Yves Fernand Nkodia-Mantseka dans «Tendre Nostalgie»

Posté : 28 janvier, 2012 @ 10:29 dans Non classé | Pas de commentaires »

 
 Un article écrit le vendredi, 27 Janvier 2012 à 23:32 par Clément Ossinonde in http://dac-presse.com/actualites/a-la-une/culture/726-yves-fernand-nkodia-mantseka-dans-l-tendre-nostalgie-r-.html
 
Yves Fernand Nkodia-Mantseka dans «Tendre Nostalgie» clement-ossinonde-artiste-musicien-congolais3-207x300
          Clèment Ossinonde

Au nombre des poètes congolais de la nouvelle génération, il convient sans nul doute d’évoquer Yves Fernand Nkodia-Mantseka,

pour mieux situer la place qu’il occupe dans celle-ci.

Dans ses premiers poèmes, comme dans son ouvrage actuel, il s’est penché sur une poésie assez hermétique, s’exprimant souvent que par des symboles ; cependant sa langue est belle. Tout comme, il s’exprime aussi spontanément et sa poésie « chante aussi harmonieusement que le rossignol ». « L’écho géant », « le message », « les Anges du soir », « nos anciens villages » sont parmi ses principaux thèmes.

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« Tendre et Nostalgie » est un récit de combat, une tentative de création d’un genre nouveau qui serait un mélange de genre. Cette tentative est intéressante à plus d’un titre et mérite une grande attention.

De la vie à la mort, l’auteur s’interroge sur ces deux énigmes ou extrémités indissociables de l’existence de l’homme dans ce monde. En perpétuel questionnement et doute permanent, le poète navigue dans cet océan terrestre et pose la voie de la Sagesse comme corollaire de sa conception, rêvant de construire un Monde « Un », ce village global par l’écho du verbe africain. Mais dans sa pérégrination, il découvre loin de son pays natal les amours idéalisées qui le changent et le bouleversent. Ainsi, ces ingrédients ou puzzles rassemblés viennent agrémenter, alimenter, enrichir cette mémoire de l’homme pensif, d’un exilé africain dans l’hexagone. En somme, il est très éloigné de son soleil originel qui l’habite toujours en le consumant encore avec son ferment lumineux ou chaleur nostalgique.

Clément Ossinonde – Nkodia-Mantseka, clement.ossinonde@sfr.fr

(Tendre Nostalgie – Edilivre.com)

 

 

Sénégal – La tyrannie exacerbée d’une « fin » de règne impopulaire et corruptrice, [bonnes feuilles] pp. 125-127

Posté : 28 janvier, 2012 @ 9:59 dans Non classé | 1 commentaire »

Publié le 27 janvier 2012 par diopdame

 

Sénégal – La tyrannie exacerbée d’une « fin » de règne impopulaire et corruptrice, [bonnes feuilles] pp. 125-127 Wade2-11«Mon Dieu! Me croyez-vous dictateur à mon âge?», disait De Gaulle aux Français. C’est une déclaration inoubliable qui incarne en quelque sorte la sagesse d’un vrai homme d’Etat soucieux de l’intérêt national. Mais, contrairement à lui, Sa Majesté ne cesse de nous étonner par des frasques interminables, au point de dévaloriser ses propos et ses engagements pris dès sa réélection triomphale.

N’était-ce pas lui qui affirmait au peuple ne pas avoir l’intention de terminer son éventuel deuxième mandat présidentiel, à la veille des élections ? La rétractation est récurrente chez cet homme lunatique dont le comportement est guidé par des humeurs et des caprices de la vieillesse !
Mon souhait est de terminer mes projets, mais je vais quitter le pouvoir au bout de deux ans, déclarait le président sortant en campagne pour sa réélection. N’avait-il pas librement fait cette promesse devant le peuple ? En tout cas, le deuxième mandat tire à sa fin et il est toujours à la tête du pays en sollicitant un troisième, malgré son âge avancé (86 ans) et sa mystérieuse maladie, devenue de plus en plus un « tabou». Un médecin qui a osé faire un « diagnostic à vue d’œil » est traîné en justice, voire condamné à un an de sursis avec cinq cent mille francs Cfa d’amende .
Le roi qui s’est démené comme un diable pendant une vingtaine d’années avant d’accéder au trône devrait mériter une sortie honorable. Autrement dit, son parcours politique aurait dû être couronné de gloire et d’héroïsme. S’il avait respecté ses promesses en quittant le pouvoir pendant qu’il était encore temps, Wade serait considéré comme un Messie au Sénégal, en Afrique et partout dans le monde. Mais, le problème c’est qu’il manque de lucidité, espérant toujours pouvoir continuer sa mission « providentielle » appuyée par la presse qui lui servirait de paravent et de paratonnerre.
Cependant, le président n’a cessé de nous étonner avec ses différentes tentatives de corruption visant à soudoyer des journalistes, comme le Pdg du journal « Le Quotidien » qui aurait reçu 50 millions de Francs Cfa par l’intermédiaire du ministre Thierno Lô, sans oublier les perdiems aimablement proposés au reporter du Figaro, Thierry Oberlé . Et les 400 millions de francs Cfa récemment encaissés sans tambour ni trompette par le Pdg du groupe de presse Walfadjri n’honorent pas les médias « indépendants » ! Aussi devons-nous nous interroger sur la conduite de certains patrons de presse. En tout cas, deux Pdg ont bénéficié des largesses de Wade qui doit assumer ses responsabilités en s’expliquant devant les Sénégalais. Pourquoi Ndiombor (le lièvre) reste-t-il coi et terré dans sa tanière après avoir entendu l’hallali des chasseurs accompagnés d’une meute de chiens pour la battue?
Alerté par les balles qui giclent, le roublard prend la clé des champs et ne laisse aucune trace. A l’évidence, il a choisi d’adopter profil bas en esquivant le débat public pour ne pas être pris dans le piège. Toutefois, ne comptons pas sur nos Juges pour savoir la vérité : Sa Majesté contrôle toutes les Institutions de la République. Des millions de Sénégalais sont surpris par ces multiples scandales. Le Père de la nation assoiffé de pouvoir fait feu de tout bois pour être président le plus longtemps possible, quitte à saborder Sunugal. Bref, celui qui avait pourtant initié la marche bleue ose aujourd’hui interdire toute manifestation publique et pacifique.

 
 
 
 
 

L’Exception Africaine

Posté : 24 janvier, 2012 @ 11:21 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

                                             L’éditorial d’Yves NKODIA    

          L’Exception Africaine   2540561111_small_1-300x199 L’Afrique est un continent historique et mystérieux. Son passé rendu glorieux par la genèse de l’homme dans sa terre ancestrale donne à l’esprit triomphant d’hier une nature énigmatique. De l’Egypte antique aux royaumes défaits de l’Afrique noire, une image  d’un peuple rayonnant qui enfanta le monde s’est effacé au fil des siècles. Ce berceau de l’humanité est assiégé par le spectre de la nuit, de la fin et de la mort. Une autre nébuleuse est remplacée et imposée par ses propres enfants engendrés qui habitent dans d’autres continents. Croupissant dans la misère et la pauvreté, le père délaissé et vivant dans l’indifférence sombre dans la solitude, la maladie, le désespoir, l’incertitude et dans le chaos d’une richesse perdue à l’âge d’Homme. Une difficile situation pour ce sage dormant dans un lit somptueux avec son coffre-fort rempli de lingots d’or.

   Le fameux or noir       

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    L’Afrique est une terre miraculeuse et remplie de multiples richesses naturelles. Matières premières. De l’or noir au diamant en passant par le fer et l’uranium, le continent noir est richement loti. Cette richesse que la nature généreuse lui a donnée en centuple et en guise de son amour, de sa fratrie, de sa vision singulière de la vie et transcendantale de la mort. Ces valeurs qui ont forgé son corps féroce et son vaillant esprit auxquelles s’est greffée cette lumineuse âme voguant ça et là entre ce monde d’en bas et celui de l’au-delà. Ces sphères terrestres et célestes de l’âme de celle que ce présent oublie et qui garde dans ces recoins séculaires ses us et coutumes structurant son propre modèle ou exception africaine. C’est ce modèle singulier que la mère du monde cache dans son terreau prolifique et qui rayonne son passé et déterminera son futur. En restant fidèle et joyeux dans ce sillon creusé jadis dans son champ de prédilection, de compétences et de talents certains.

   Aujourd’hui, l’Afrique perdue dans son propre chemin de retour doit regarder dans ce miroir de l’eau qui tremble pour voir son dessein englouti, le sens et la voie de son destin de reconquête de l’histoire galvaudée. C’est cette voie d’alors que l’Afrique championne à l’époque florissante de victoire et de prospérité, mais au présent malade et abandonnée, doit emprunter pour retrouver sa plénitude. Et son honneur dans l’acception de son propre paradigme ancestral et non l’acquisition par mimétisme ou importation d’un parangon aliénant et aveuglant. Ainsi l’Afrique au chevet de son lit brillant doit contempler ses dieux millénaires et non les météores des cieux des autres mondes. C’est ce soleil noir de la mélancolie et de la tristesse infinie que notre chère Afrique doit  se détourner pour prendre à bras le corps les rênes éblouissantes de son destin de vie. Et de s’accepter telle qu’elle a été créée, façonnée par ses illustres ancêtres.

   Le chemin des anciens

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    Dans cette voie de retour vers ses aïeux l’Afrique spoliée, épiée et décriée dans son propre champ doit s’armer de force et de courage. C’est ce sang froid mélangé avec l’audace et l’opiniâtreté que le continent isolé doit se battre  pour sortir de ces mailles du filet. C’est le rejet de repli sur soi et de l’abandon de l’esprit victimiste que l’homme africain dépouillé de ses propres lambeaux actuels de défaitisme, de fatalisme, de domination doit incarner à fortiori. Et que l’Afrique entière doit se détacher pour sortir des eaux troubles de l’immobilisme, de l’inaction. Ses enfants d’antan grandis dans les chefferies sacrées, de l’évolution et du progrès ne cessent de semer, aujourd’hui, dans leurs terrains respectifs des instruments, des éléments, des moyens et des projets probants. Qui construisent leurs châteaux de réussites monstrueuses et bâtissent leurs chapelles d’idéaux porteurs, fondés sur lesquels les principes de démocratie tracent leur héroïque sentier de développement et de croissance.

    A l’inverse, l’Afrique en décadence sombre dans l’agonie, l’incurie et la paresse maladives. Ces maux qui engendrent les causes inhérentes de son impuissance et de son incapacité à faire naitre en son sein une réussite dans l’économie prospère. Qui tire vers le haut la politique, le social, l’humain, l’écologie, l’environnement pour rejoindre les prairies de la félicité. Où le chômage disparait au profit du plein-emploi dans la plénitude, la paix et la tranquillité des esprits du peuple qui vivent du fruit de son labeur et de ses richesses. C’est dans ce sentier gorgé des biens d’équipement, des vertus des entreprises et des usines, des initiatives de recherche et d’innovation, des moyens d’investissement, de consommation, de pouvoir d’achat élevé des ménages… que le continent assombri n’a guère scruté, élaboré et suivre pour voir l’aube d’une émergence du nouveau continent florissant. A l’image captivante des dragons asiatiques et à l’exemple éclairant de l’ascension de l’Inde, de l’élévation du Brésil et de la progression continue de la Chine flamboyante.

   Que faire ?

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    L’Afrique arrivera à cette phase de mutation grandiose si ses enfants restants gardent en eux ce pari ancestral mûrissant. Celui qui fait de l’Afrique son propre âme de lumière. Une lumière du passé enfouie dans son corps engourdi par l’ombre de sa propre ombre effacée. Il faut replonger dans cette mer de «l’histoire», des siècles écoulés, de puissance et de vérité que l’Afrique a toujours baigné pour être lui-même dans sa nature véritable: humaine, divine et mystérieuse.-Elle doit s’identifier à elle-même. Tel est le secret de sa réussite!- C’est cette identité exaltée qui fait de l’enfant Afrique l’égal de lui-même. Celle qui regarde son miroir du passé éblouissant et contemple cette histoire étincelante pour comprendre les énigmes et les symboles qui ont façonné l’essence profonde de son être. Et qui est en symbiose parfaite et en unité indivisible avec son immensité de valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité. Ces principes qui constituent les pierres angulaires sur lesquelles l’homme africain est rentré dans l’histoire qu’elle a fécondée belle. En inventant les écritures, les sciences, les  techniques, l’art, la culture et une civilisation millénaire. Et en produisant les poètes, les philosophes, les mathématiciens, les physiciens, les médecins, les astrologues, les musiciens, les artistes, les architectes, les spiritualistes, les religieux….bref tous ces divers corps éparpillés, disséminés dans le monde. Ce sont toutes ces lumières d’autrefois que l’Afrique dénaturée, délaissée, dépaysée, démystifiée et dévoyée doit revêtir. Pour éclairer les phares disparus et les flambeaux éteints. Et rebâtir ce continent majeur dans le prestige, la gloire, l’immanence absolue et l’amour illimité perdu dans les mondes développés de l’occident.

   En conclusion

    L’Afrique est le seul continent où les multiples langues, cultures, arts, civilisations, religions et sagesses sont nées et les races cohabitent depuis l’aube des temps. Une énorme richesse dans ce monde imparfait segmenté et en proie à la monté convulsive des extrémistes de tous bords et des divisionnistes de tous acabits. C’est dans ce mélange de terreau productif que l’âme défunte de l’Afrique d’hier renaitra de ses cendres pour regagner ce qu’elle a perdu dans ses phases graduées, de maturation, d’épuration, d’élévation. Le développement tant attendu de l’Afrique envasée dans ce présent tumultueux doit venir de la semence du silence dans sa glèbe intérieure et non de l’écoute du brouhaha du monde exogène. Dans la reconnaissance du travail, de l’effort, du sacrifice, de ses capacités, de ses talents, de ses compétences et de ses valeurs propres longtemps négligées. Car l’Afrique est l’enfant prodige qui s’ignore. Il doit aussi venir du refus délibéré des impérities et des scories nées de maux engluant l’élite au pouvoir: la gabegie, la corruption, le tribalisme, le despotisme, le népotisme… Seule l’énergie endogène constructive libère l’homme des préjugés, des complexes, des faiblesses et de paresse. Demain, l’Afrique sortira de ces lacis sinistres…..et elle gagnera les combats futurs, son esprit vaincu atteindra les cimes du monde des possédants. Qui l’ont piétiné et jeté au feu calcinant de l’enfer du sous développement et de la décroissance générale. Un cercle non vertueux qui retient l’Afrique ligotée dans la forêt noire de l’oubli et de l’invisibilité totale. Sur l’échiquier du marché mondial où les autres continents caracolent en tête du peloton dans la recherche, l’innovation, la créativité et l’inventivité insolente. Ces armes imparables qui font d’un état ou continent éveillé un géant dans l’arène mondiale.

Yves Makodia Mantseka

Sénégal – Au secours d’une identité, [bonnes feuilles] par Adama GAYE

Posté : 19 janvier, 2012 @ 10:26 dans Non classé | 2 commentaires »

 

 
Adama Gaye journaliste chroniqueurAdama Gaye, journaliste chroniqueur

Au secours d’une identité, [bonnes feuilles], pp.11-14, « Wade, la grande déception ou les révoltes de la fleur »
Par Adama GAYE*
Alors que le Sénégal se prépare à aborder l’année 2012 dans la crainte de vivre l’élection présidentielle la plus incertaine, risquée voire violente de son histoire, c’est peu de dire que les Sénégalais devraient redonner droit à ce qui fait leur charme et leur identité: la parlotte. Parler, écrire, débattre, théoriser, faire et refaire le monde sont autant d’activités verbales ou scripturales qui se combinent pour définir l’homo-senegalensis.

Seulement quand ils parlent ou écrivent depuis quelques temps, ce n’est plus sous le mode d’une quelconque bonhomie, ’à l’italienne’. Devenus virulents, expéditifs, peu enclins à la palabre bon enfant, ils s’épient, se surveillent, se mesurent, comme si, dans les grands combats de lutte traditionnelle devenus leur principale distraction, ils ne rêvent que d’en découdre. A l’image de ce que leur pays est devenu -une arène grandeur nature!

Ici il ne s’agit pas de duels physiques d’homme à homme sous les regards direct et digital des foules sénégalaises agglutinées dans les lieux des combats ou devant leurs écrans de télévisions. Ce dont il est question relève pourtant aussi d’une vieille tradition nationale: l’art du combat politique.

Préface, Adama GayePréface, Adama Gaye

Depuis la nuit des temps, le pays n’a jamais été qu’une vaste arène politique et les champions de celle-ci n’ont rien à envier aux nouveaux gladiateurs physiques se battant par leurs muscles profondément passés sous les mains des marabouts dont les eaux bénites et autres gris-gris aident à mieux camper le décor de leurs joutes, au rythme des tambours et chansons à leur gloire…

Ces temps-ci, hélas, les neurones des lutteurs politiques se bousculant sur la scène nationale pour conquérir les voix des Sénégalais, de manière démocratique, ou, plus souvent, par des magouilles anti-démocratiques largement partagées, semblent n’être que des …muscles. Résultat: le débat national est devenu faible voire inexistant. Il semble avoir été transformé en querelles de bornes-fontaines. Volant souvent au ras des pâquerettes, il ne soulève jamais ou presque les enjeux essentiels susceptibles de déterminer l’avenir du pays dans un monde en mutation fulgurante ou seuls les Etats bien dirigés, placés sur les rampes de la technologie, du savoir, de la vraie démocratie, de la productivité et de l’innovation, font la différence.

Or depuis qu’il fait de la politique, le Sénégal, en dehors du rêveur et poète, Léopold Sedar Senghor, qui fut, de 1960 à 1980, son premier Chef de l’Etat, n’a connu que des populistes au sein de sa classe politique…Depuis les temps anciens où, sur fond d’identité ethnique, d’accointance religieuse ou encore d’appartenance aux chefferies traditionnelles, les plus célèbres des lutteurs politiques sénégalais ont toujours mis en avant la fibre sentimentale des citoyens sénégalais. Recueillir le ’Ndigueul’, l’ordre donné par les puissants chefs des confréries religieuses à leurs ouailles pour orienter leurs votes, faire la cour aux artistes et autres porteurs de voix, ou draguer la proximité ethnique constituent autant de pistes de réflexion pour qui tente de comprendre la culture des hommes politiques sénégalais…La rationalité n’est pas toujours leur compagne.

On ne s’étonne pas que l’historiographie politique sénégalaise soit donc si riche de ces moments qui valorisent des populistes comme Ngalandou Diouf, Lamine Guèye, Valdiodio Ndiaye ou encore, plus récemment, Abdoulaye Wade. Du coup, un Abdou Diouf, successeur de Senghor, entre 1980 et 2000, avant sa mémorable défaite devant l’ancien Président de la Rue Publique, un certain Wade, n’apparaît plus que comme un accident de parcours tant sa gestion administrative, bon élève du Fmi et de la Banque mondiale, studieux dans l’application des programmes d’ajustement structurels, détonne par rapport à ce qui fait la substance de la politique populiste au Sénégal.

Seulement, les temps ont changé. L’heure est grave. Le populisme d’hier, acceptable à la veille des années ‘cha-cha’ d’indépendance et à l’aube de celle-ci, ne peut plus être de mise. On comprend donc pourquoi tous les observateurs attentifs de la marche du pays sont désormais inquiets. Ils savent que la plupart, sinon tous les acteurs politiques du moment ne semblent être à la hauteur des défis immédiats et à venir. Comme la Grèce ou l’Italie plongées dans une crise financière résultant d’un piètre leadership, le Sénégal ressemble désormais à un bateau ivre au milieu d’une mer houleuse avec un capitaine âgé et ayant perdu le sens des réalités, une panoplie de prétendants à sa succession, issus des flancs de son parti, le Parti démocratique sénégalais, mais qui ne sont que de grands voleurs de deniers publics devant l’Eternel et manifestement impréparés à assumer un leadership étatique, sans compter une opposition rarement inspirée, écrasée par les ambitions d’individus dont le profil anti-démocratique se lit aisément sur leurs visages ou sur leur capacité à se cramponner à la tête des formations politiques dont ils ont, depuis des lustres, le contrôle.

Dire que le Sénégal a besoin d’engager une vraie conversation sur son destin relève, dès lors, d’un doux euphémisme. Pour éviter qu’elle ne verse dans le verbiage si représentatif du peuple sénégalais, il importe de l’engager rationnellement, c’est-à-dire sur des bases conceptuelles solides, au moyen d’une exploration des actes et comportements politiciens ayant conduit le Sénégal à ce qui n’est rien d’autre qu’une impasse.

Il est heureux de noter dans ce contexte que malgré le naufrage politicien, le Sénégal présente un état de santé plus attractif si l’on ne se réfère qu’aux tentatives de production intellectuelle de ces dernières années. Beaucoup de livres, de qualité inégale, ont été mis sur le marché. En les feuilletant, on peut progressivement en arriver à avoir une meilleure idée des causes du mal sénégalais.

Dans son ouvrage, arrivé à pic, Dame Diop permet de capter plusieurs des faits saillants du Sénégal récent, c’est-à-dire celui des années Wade, de l’alternance politique. Il jette une lumière crue sur des acteurs nouveaux et anciens qui ont animé la scène politique. Et mieux que tout, il nous montre, en ombres et lumière, le visage de l’énigmatique Monsieur Wade, l’homme du Sopi (changement en Wolof) dont l’arrivée au pouvoir en l’an 2000 avait fait naître tant d’espoirs avant que, patatras, son vrai visage le révèle tel qu’il est -un prétendu démocrate dans l’opposition mais vrai autocrate une fois au pouvoir.

Quand, sans me connaître personnellement, l’auteur m’a demandé de rédiger la préface de ce livre, je n’ai pas hésité une seule seconde pour une seule et fondamentale raison: la signer, c’est non seulement encourager la perpétuation, en mieux de l’identité sénégalaise, mais faire mieux connaître les réalités du pays sous le regard d’un jeune, qui ne m’appelle que par le terme de Doyen, mais surtout c’est, je l’espère, amener ses lecteurs à se tenir prêt à voler au secours du pays au moment où son destin se trouve engagé par des populistes sans vergogne, inspirés plus que jamais par l’homme qui tient la barre d’un bateau national presque en perdition.

Pays où l’on croit plus qu’ailleurs à la possibilité des miracles, le Sénégal saura, cependant, passer le cap de ces moments difficiles, pour retrouver sa place d’honneur dans un continent africain toujours riche de ressources naturelles et de potentialités humaines mais reste décevant. Comme le pays de la Teranga (hospitalité en Wolof).

Palo Alto, Californie, Novembre 2011,
Adama GAYE
Journaliste et chroniqueur politique sénégalais.

 

La vision du Commerce électronique de l’économiste congolais, Jean Robert MOUNKALA

Posté : 18 janvier, 2012 @ 3:20 dans Non classé | Pas de commentaires »

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L’économiste et chercheur Congolais Jean Robert Mounkala (JRM) vient de publier chez Editions universitaires Européennes un ouvrage intitulé Le Commerce Electronique: Enjeux Economique, Spatial et Culturel.

Aujourd’hui, et de plus en plus, le commerce électronique est en plein essor et, avec lui, le développement et l’amplification de la net économie. Une sphère en ébullition par l’effet d’entrainement impulsé par le nombre croissant des internautes qui pullulent sur la toile avec la création à l’échelle mondiale des réseaux électroniques, sociaux… créant des ramifications relationnelles hier encore inexistantes. Mais qui grâce à l’évolution du monde virtuel, les rapports humains et sociaux dans le monde réel changent et se développent dans cet univers du Net. Avec la toile le monde oscille ainsi entre le réel et le virtuel et, évolue en relationnel et la solitude s’efface (et s’accroît paradoxalement) au profit de la communication et l’échange des informations par le biais des mails. Cette nouvelle façon de communiquer rendue favorable par le Net a entraîné aussi une augmentation du commerce. Le commerce né est vulgarisé par la vente et l’achat des produits par le canal des sites qui envahissent sans fin le web.

Jean-Robert Mounkala

Un travail honorable
Ainsi, dans ses travaux de recherche universitaire Jean Robert Mounkala l’éminent économiste Congolais s’est penché sur ce phénomène qui touche toute la sphère économico-sociale et spatiale. C’est ce champ circonscrit que ce brillant étudiant Congolais nous a présenté dans sa thèse qui a fait largement écho et autorité dans son domaine. Ce succès éclatant et l’originalité aidant ont permis à cette étude dense et manifeste d’être largement couronnée par la publication. Avec cette thèse soutenue avec brio, Jean Robert Mounkala élevé au grade de docteur d’état a reçu l’hommage et la reconnaissance de son magnifique travail édité par les Éditions à orientation européenne. Une consécration qui vient souligner et montrer ô combien les intellectuels congolais continuent malgré la crise à produire le travail de qualité.
Dans son analyse brillante Jean robert Mounkala nous a exposé les enjeux de ce commerce émergent par Internet. Une étude spécifique ancrée dans le développement de ce marché par le biais des sites et la demande sans cesse grandissante des internautes qui envahissent la toile. Une nouvelle vie commerciale dominée par le virtuel qui vient compléter l’échange et la communication du monde réel ou physique. A la lumière de cette étude remarquable, monsieur Jean Robert Mounkala reste l’un des pionniers de l’analyse de l’émergence et du développement de ce commerce. Publié à l’aube des années 2000, ce commerce encore en état embryonnaire, son analyse a tracé les sillages et ouvert des pistes d’orientation et de découverte de ce réseau hier inexploré. Ainsi, nombre d’études menées aujourd’hui donnent à notre illustre économiste la portée originale et la richesse grandiose de son étude de recherche.

La portée de la recherche
La richesse de l’étude repose essentiellement sur l’accent mis en exergue, par l’auteur, sur les analyses techniques (historique de l’internet, transformation du système d’information…) et commerciales (aspects juridiques, monnaie ou encore signature électronique…) du commerce électronique. De plus, en mettant l’intérêt particulier sur le commerce électronique comme un composant du commerce en général, il a souligné l’importance de cette nouveauté faisant partie intégrante de l’échange mondial qui l’a fait naitre. Mais l’intelligence de Jean Robert Mounkala se situe sur les conséquences du commerce lorsqu’il pose comme idée majeure que ce dernier ne doit être considéré et limité au seul critère exclusif des achats et ventes en ligne. Il ajoute avec profondeur le concept de l’hybridation du commerce, c’est-à-dire, une mixité entre réseaux réels et virtuels. La livraison d’une voiture achetée sur Internet ne se fait – elle pas sur un réseau physique ? C’est cette vision mixte des réseaux, du virtuel et du réel, leurs interactions que l’excellent économiste cherche à comprendre les enjeux ». Une approche théorique et un paradigme nouveau pour faire du commerce électronique un des éléments permettant de lire la réalité du commerce d’aujourd’hui. En somme, c’est cette hybridation qui est mise en lumière sur les structures spatiales, culturelles et économiques dans cet ouvrage d’essence virtuelle.
En présentant ce travail accompli JRM a exploré le terrain novateur du commerce électronique. Une performance intellectuelle au regard de son parcours atypique d’économiste. Une approche composite qui a donné à l’écrivain chercheur un moyen de présenter au lecteur un travail pédagogique et didactique qui donnera aux chers internautes une lecture synthétique et synoptique d’un monde en développement. A la fermeture cet ouvrage original, il m’est resté dans l’esprit un envahissant sentiment d’écriture simple et limpide donnant l’envie dévorante de découvrir ce commerce électronique. Qui envahit et gagne de plus en plus notre univers familier.

Yves Makodia Mantseka :

 

Le naufrage du fameux triple A français

Posté : 16 janvier, 2012 @ 8:55 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

           L’éditorial d’Yves NKODIA                                                                  

            Le naufrage du fameux triple A français Triple-AAA-Triple-saut-300x213 La France vient de perdre son triple A et avec elle l’Europe vacille dans son paquebot de la zone euro et dans son cargo de fonds d’investissement. Une nouvelle négative à cent jours de l’élection présidentielle qui dessine des perspectives moroses dans un climat mondial dominé par la crise économique. Dans ce tohu-bohu de la transformation et de changement au niveau européen l’Allemagne meilleur élève s’en sort bien dans cette attribution des notes dans la classe européenne où le maitre inflexible Standard & Poor’s inflige aux autres états la sévère appréciation qui dégrade leur politique, leur économie et tout le pont entier des finances publiques. Quelles conséquences pour cette dégradation de la note de la dette souveraine? La France peut-elle se relever et devenir l’élément moteur tirant la croissance et équilibrant ses comptes? Quel avenir de la France au sein dans la zone euro et de l’écart qui se voit creuser avec son partenaire de toujours l’Allemagne? Et enfin quels sont les effets de la politique économique Française?

Conséquences immédiates

    Les effets de cette annonce vont générer pour l’état français une augmentation rapide du taux d’intérêt sur le marché financier. -Car le triple A veut dire la France rembourse sa dette à 3%.- La France va devoir emprunter plus cher qu’hier pour financer sa dette. Un effort difficile pour un état exsangue qui vit à crédit avec une dette colossale de 1300 milliards d’euros. Un remboursement qui atteint annuellement un chiffre record de 45 milliards d’euros. Au regard de cette lecture de la crise actuelle, tous les clignotants des indicateurs économiques sont aux rouges et toutes les perspectives ne sont pas favorables. C’est le fameux état en faillite qui se profile à l’horizon. Si la France n’arrive guère à redresser les finances en réduisant les déficits abyssaux accumulés depuis des lustres. Par divers gouvernements de Droite ou de Gauche qui ont longtemps piloté l’économie. Les conséquences seront aussi notables au sein des entreprises françaises, les organismes d’état et collectivités locales qui vont connaitre des sérieux problèmes de financements pour accroitre leur productivité voire augmenter leur substantielle valeur ajoutée. Car ils sont subventionnés largement par l’état. Une politique d’antan plus périlleuse pour les banques nationales qui seront amenées à renflouer leurs caisses par des fonds extérieurs issus des investisseurs potentiels et des marchés financiers qui vont utiliser des taux onéreux. Ce qui risque d’obérer ces institutions financières déjà laminées par les récents remous de la crise Grecque. Cette dégradation de la note va provoquer au niveau de la population la hausse des taux d’intérêts, des prix, des impôts et la coupure des dépenses.

     Politiquement cette nouvelle donne va pousser les partis en marche de l’élection présidentielle à revisiter leurs programmes ou projets de changement de société. Et leurs stratégies à entreprendre se redessinent.

      Avec cette diminution d’un cran du triple A français, la guerre politique augmentera en intensité par le biais des joutes oratoires sous un concert des propositions hâtives et hasardeuses. La crédibilité de la politique du gouvernement en place sera remise en cause par l’ensemble de l’opposition qui trouvera dans cet orifice l’opportunité rêvée pour  marteler le président sortant. Et l’accusera d’avoir essuyé par ce fait un échec cuisant. Une succession de réaction politique qui jettera l’anathème à la majorité et celle-ci regimbera à cette furia en maintenant haut ces objectifs fixés d’ajustements et de reformes entamées.

Les  éventuelles chances de sortie

   La France peut se relever de cette épreuve à condition de saisir cette opportunité d’évaluation pour mettre sur pied une politique incontournable de rigueur budgétaire. Un sentier difficile pour une économie qui souffre depuis tant d’années et qui à appliquer maintes doses d’austérité. Même si dans les milieux des politiques de la majorité actuelle cette solution rapide de sortie de crise n’est pas envisageable, ni d’actualité. En raison des effets jugés néfastes que ceux-ci risques de susciter en cette cruciale période électorale. Mais si la France veut vraiment s’en sortir de ce vaste bourbier et elle doit absolument adopter un plan d’austérité pour réduire sa dette pour échapper d’être sous le joug du Fonds monétaire international et des marchés financiers. En symbiose une politique de croissance pour l’Europe s’avère nécessaire et inéluctable pour assainir les finances et restaurer les économies moribondes des divers états notamment le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce… Un modèle doit être tiré de l’expérience du peuple allemand et des autres états stables de la zone: le pays bas, la Finlande, le Luxembourg  qui connaissent des forts taux de croissance économique. Ensuite, les euro-obligations sont aussi à développer pour endiguer la crise et renflouer les caisses pour faire face à la concurrence internationale. C’est cette politique de relance de la croissance qui est fort utile pour équilibrer les comptes.

   De plus, il me parait propice qu’au regard de l’insuccès de la gouvernance européenne un organe de contrôle et de vérification puisse être crée au sein de l’union pour endiguer cette crise contagieuse. Cet organigramme indépendant, à l’image d’une agence européenne de vérification budgétaire, dirigé par un directoire central composant des représentants permanents de tous les Etats membres donnera à la communauté européenne une vue large et approfondie sur les différentes économies constituantes. Et une connaissance minutieuse sur leur gestion interne en matière des recettes et dépenses au cours de l’année. Ce travail de supervision donnera aux états la maitrise de leurs budgets, canalisera leurs investissements et évitera les prodigalités monstrueuses qui enfoncent ces économies dans le gouffre de surendettement massif. Cette unité centrale et transparente travaillera de concert avec le fonds européen de stabilisation pour anticiper et mieux cibler l’aide en cas de faillite constatée d’un état. Ce qui renforcera le rôle dirigiste et le pouvoir du Président de l’union. De cette entité collégiale germinera la cohésion, l’harmonisation fiscale et politique qui font défaut au sein de l’union où ces disparités engendrent incessant les distorsions et intérêts divergents. Et retardent l’éclosion d’une véritable union étatique européenne. Souveraine et prospère.

Les perspectives d’avenir

    L’avenir de la France au sein de la zone euro n’est guère assombrit avec cette dégradation soudaine de la note. Même si cette agence avait averti les gouvernants de cette éventualité. Le rôle de la nation française au sein de l’Union est capital. Le couple franco-allemand reste le moteur de cohésion européenne et de sauvetage de l’euro en déliquescence. Et le poumon faisant de l’Europe le partenaire privilégié et idéal sur l’échiquier international. La place et le rang mondial de nation française ne s’en trouveront point menacer voire changer. Si le gouvernement actuel réagit rapidement à cette hémorragie interne. Avec assurance, maitrise et corrections de manquements et failles retenus dans la gestion interne d’hier. A la recherche des solutions souhaitables et possibles. La confiance ne peut naitre que de la volonté des politiques de ne pas lâcher prise, de garder haut la maitrise du destin du pays. Et de ne pas se laisser diriger par les irréductibles agences de notations avec leur thermomètre augmentant la peur et l’intensité de la crise.

     En effet, ces unités d’évaluation recherchent à amplifier leur influence au niveau mondial en construction à cette échelle une planète uniforme. Sous l’égide outrancière de leur dictature de la pensée envahissante à orientation notatrice. C’est l’émerge d’une nouvelle pensée dominante et dirigeante pilotée par les marchés financiers, les investisseurs avides et orchestrée par les écoles où résident des agences de notation à coloration anglo-saxonne. C’est le repli des influences notoires des états nations au profit de ceux des multinationales qui se propagent et se développent actuellement par le biais des notations incursives et déstabilisantes. Sous de fondement flous, absurdes, orientés qui entrainent manifestement des ilots de disparités, de divisions, des contractions et contestations au sein même de ces divers groupes d’appréciation économique. Les récents atermoiements et hésitations d’autres agences comme Moody’s  au sujet de la note de la France témoignent justement cet état de fait.

     De plus, les gouvernants actuels ne doivent aucunement considérés cette nouvelle comme une sanction ou une punition. Ils doivent plutôt menés à bien des politiques économiques efficaces qui n’entrainent guère à appliquer des mesures injustes et inégales. Au risque d’abimer et d’abaisser pis encore l’état déficitaire criard. Il ne s’agit point de piloter des stratégies à orientation laxiste fiscale ou budgétaire qui érodent l’économie entière, sapent la croissance et éloignent le peuple de la production, de l’échange, de la consommation. La seule politique fiable est celle qui recherche avant tout l’intérêt général. Et demeure celle qui crée l’emploi, qui rétribue, qui assure la sécurité du peuple, sa pleine liberté d’action et de participation à l’effort, à la richesse nationale. C’est ce parangon de vertus que l’état français doit s’atteler à bâtir pour sortir de l’étau de la dette, du chômage. Et du goulot d’étranglement que ces nouveaux maitres du monde imposent aux pays. La France reste une nation riche, indépendante et cette notation dégradatante ne peut que réveiller le géant endormi par cette nébulosité déficitaire envahissante. Qui s’effacera par une embellie future d’une économie stable tirée par la croissance durable et son développement déjà acquis. A l’image d’une Amérique aujourd’hui ragaillardie qui vient de s’en sortir de l’étreinte en empruntant à des taux faibles. Auprès de ceux qui l’ont récemment destitué et fait descendre du piédestal de leadership mondial.

Yves Fernand NKODIA

 

 

 

 

La Chronologie des 48 ans de l’orchestre mythique: «Les Bantous de la Capitale» par Clément OSSINONDE

Posté : 4 janvier, 2012 @ 10:56 dans Non classé | Pas de commentaires »

 Un ouvrage édité par Cyriaque Bassoka Editions -www.bossoka.fr

La Chronologie des 48 ans de l’orchestre mythique: «Les Bantous de la Capitale» par Clément OSSINONDE clement-ossinonde-artiste-musicien-congolais1-207x300

Clément OSSINONDE

   Dans cette analyse chronologique des 48 ans du célèbre orchestre congolais les Bantous de la Capitale, l’illustre chroniqueur Clément Ossinonde conte l’histoire de ce groupe né le 15 août 1959. Une datation historique qui marque l’amorce d’un courant musical venu des confluents de deux groupes notoires de l’époque: Les CDJ « Diaboua»(les compagnons de joie) et le NEGRO JAZZ. C’est dans ce terreau fertile jonché des multiples talents que germinera ce géant arbre africain dénommé les Bantous de la capitale. «Le baobab africain». Cette soudaine naissance du groupe mythique marque le réveil d’un sentiment patriotique des artistes congolais d’alors résidant à Kinshasa et imprime le sceau du retour au bercail de ces enfants prodigues: «Jean Serge ESSOUS, Célestin KOUKA, Daniel LOUBELO, Dieudonné Nino MALAPET».

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L’historicité du phénomène

    Cette naissance envahissante va bouleverser les normes musicales de l’époque et s’inscrit ainsi dans la pure lignée des chansons, rythmes et sonorités de musique issue du socle traditionnelle congolaise et des autres influences venues d’ailleurs. Mais sous le fond de cette étonnante composite musicale émerge une lueur de changement spontané. Une forme de révolution musicale s’amorce avec ces pionniers d’une danse atypique «rumba». Que ces  virtuoses nés vont populariser et vulgariser à l’échelle mondiale. Appelés les «rois de la rumba Africaine», ils deviennent les incontournables fieffés de cette dominante danse  en pinacle de la réussite. Une consécration pour ce jeune groupe issu des entrailles africaines ancestrales pour montrer à la face du monde une nouvelle façon de jouer, de chanter, de danser la musicale locale imbibée de modernité.

     Avec eux, une genèse de la musique congolaise s’ouvre dans les sillons anciens et se développe dans d’autres champs musicaux au fil de l’âge et du temps. Un renouvellement, une perpétuation et une continuité s’impriment avec cet orchestre. Qui à l’image de l’arbre renaissant «Mbadiatséké» garde toujours cette sève originelle. Malgré des pertes inexorables des feuilles et des branches symbolisées par la disparition des caciques ou monstres sacrés d’hier. Ces ramifications enfouies continuent de féconder de nouveaux artistes pour parfaire le chemin des anciens et faire de la Bantous les «Bakolo Mboka », ce rayonnant orchestre, ce patrimoine au piédestal fascinant. C’est ce parcours historique que l’auteur nous présente dans cet ouvrage spécifique. A ce propos, il souligne: « la chronologie des quarante huit ans d’existence de l’orchestre les Bantous de la capitale retrace essentiellement son parcours à travers les événements qui au fil des années ont marqué son histoire »(page.12).Une épopée, une péripétie des Bantous est relatée par l’excellent Clément Ossinonde dans cet ouvrage où il présente une peinture musicale datant de 1959 à 2007. Il décrit soigneusement la vie des artistes, leur disparition et leur labeur commun. Un cocktail romanesque et scintillant album familial que l’auteur nous ouvre en montrant l’origine de courant musical excentrique jusqu’à la voix qui se tue d’Antonio BRAZ MAOUENE. En passant par l’année brillante de 1996 et celle phare de 2007 marquant le retour triomphal des Bantous sur la scène européenne: « festival musiques métisses d’ANGOULEME, Festival jazz sous les pommiers Coutances (MANCHE), Au centre des cultures du monde ZUIDERPERSHUIS à ANVERS, Au festival music meeting 2007 de NIJMEGEN».    

    Un développement captivant d’un connaisseur attitré. Celui qui à longtemps piloter ce mouvement et donner une impulsion remarquable à la tête du directoire. En qualité de secrétaire général. Un témoin oculaire qui brosse un portail attrayant et saisissant de cette équipe ingénieuse qu’il connait fort bien. L’auteur, hier encore, fidèle compagnon du groupe, est devenu le continuateur de l’œuvre immense par la promotion et la sauvegarde de l’identité musicale notoire. Par le biais de la plume avec laquelle, il expose le présent, le passé et le futur du courant musical impétueux. Une mémoire vivante de l’histoire de ce mouvement en rupture qui a littéralement changé le cours vivant et ressuscitant de la musique africaine ces 48 dernières années.

     En somme, c’est une forme de voyage musical dans le temps que ce chroniqueur émérite nous invite dans ce livre illustré, bien fourni et fort élaboré. Aux yeux des mélomanes, d’hier et d’aujourd’hui, l’ouvrage est né pour remémorer le passé lointain de cet orchestre. Qui a marqué et marquera encore les pages mirifiques de l’histoire de la musique congolaise et africaine.

Un exemple pour la jeunesse

    Toujours au sommet de la pyramide musicale africaine, ce groupe constitue par son tracé reluisant et un curriculum attrayant une source d’inspiration féconde pour les jeunes en quête de renommée. Gardien du temple de la musique et des arcanes des rythmes ancestraux et mélodies traditionnelles, les Bantous restent le mythique groupe habité par une aura mondiale. Un tabernacle étincelant d’une musique dont la génération actuelle a perdu le sens, le devoir… et l’onde de créativité et d’inventivité. Ou comme le souligne à juste titre l’auteur: ils sont «aujourd’hui seul dépositaire d’une musique dont la génération actuelle a perdu la clef» (page.149).

    A la lumière de ses prouesses et succès éclatants, le groupe porte un message imprégné de valeurs. Comme il l’étaye allégrement:« les Bantous de la capitale continuent à faire preuve d’une belle sagesse et d’une sûreté parfaite » (page.149) .Ces qualités intrinsèques forgeant leur marque et cimentant leur réussite totale et exemplaire. Une exemplarité qui coule de source et montre la singulière carrière si longue et bien riche de cette équipe historique. Oui il a su se renouveler et se développer au fil des ans malgré les multiples rebuffades et anicroches de chemin. Avec les départs des anciens les jeunes ont intégré le groupe et su tenir la bride haute en continuant à égayer et faire danser les fans avec leur éternel secret de la rumba nationale.

    Les Bantous de la capitale regorgent une pléiade des vedettes et des talents immenses sur lesquels reposent le travail, le sérieux et l’expérience. Ces composants que les experts soulignent par l’importance et la qualité indéniable des valeurs héritées des us et coutumes ancestrales. Que l’héroïque mouvement ne cesse de garder et préserver pour le prestige, la gloire et la grandeur de la culture congolaise. Ce faisant, ils sont les héritiers de l’écho du verbe des aïeux. Encore que, les pères fondateurs vantant cette musicalité antérieure enfouie dans l’âme séculaire des ancêtres qui peignaient cet art impérissable: la tradition musicale orale. C’est ce miroir de l’histoire que ce groupe devenu légendaire s’identifie tout en restant dans l’ère du temps. Une symbiose édifiante que ces irréductibles artistes congolais exaltent pour demeurer les fervents bâtisseurs d’une musique qui traverse les âges et les frontières. Un vecteur de construction de l’unité, de la solidarité et de fraternité entre les peuples. Que ces ardents dispensateurs ou messagers du verbe africain ne cessent de déployer pour rester fidèle aux principes sous-tendant leur profession, gouvernant leur destin commun et sublimant leur idéal inchangé. Ces piliers symbolisés par le rosier brillant d’une musique qui s’écoute et se danse. Au bénéfice du repos réparateur de l’âme et de l’esprit.

  Sur ce, il me reste à conclure ensemble avec le préfacier François BENSIGNOR:« tous ceux qui souhaiteront se pencher sur l’histoire de la musique congolaise auront dorénavant cet ouvrage pour guide»(page.9).

Yves Makodia Mantseka  http://ynkodia.unblog.fr/
Nota: Pour compléter son œuvre manifeste Clément Ossinonde à publier sur net les événements de deux années suivantes: 2008-2009. Histoire de parachever le travail accompli par les Bantous de la Capitale et de commémorer ainsi les 50 ans de leur existence fabuleuse, historique et phénoménale. A ce propos, il relate le début des festivités en 2008 notamment au Bar dancing la Détente à Bacongo jusqu’à l’arrivée triomphale en terre française où ils excellent au rendez de World music à Marseille en 2009, à l’OLYMPIA la même année avant de boucler la boucle en région parisienne au cœur de Cergy Pontoise au hall St Martin. En somme, le doyen clément Ossinonde écrit en substance »: « En effet, Les Bantous de la capitale ont démontré au grand public amateur, de la Word Music, de purs moments de la Rumba-Soukous, de l’Afro beat et de la Salsa. Dans une salle prête à craquer, ils ont utilisé tous les rouages rythmiques, en mettant en scène un répertoire qui a su synthétiser une approche variée et sensible pour le large public du « Dock des Suds » qui les a porté en triomphe ».

 

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