YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

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Le soleil

Posté : 6 décembre, 2012 @ 12:03 dans Non classé | Pas de commentaires »

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Le soleil est notre source de lumière éternelle,

Une gerbe de fleur irradiante

Que la divinité a planté dans cette terre féconde.

 

Visage souriant d’une magnifique beauté,

Sa voûte céleste berce notre éphémère vie

En sublimant l’âme attentive aux effluves immortels.

 

C’est un prisme scintillant,

Un ardent ferment de clarté infinie

Que l’humanité contemple pour trouver sa destinée.

 

Lumière efflorescente de notre finalité,

Sa magnétisante aura englobe l’esprit du monde

Et couvre nos corps engourdis des rayons paradisiaques.

 

Jaillissant nimbe de l’éternité attirante,

L’indicible bonheur habite son cœur d’amour cosmique

Une vocation éminente des serviteurs de la magnificence.

Le spirituel, levier de développement économique en Afrique

Posté : 8 novembre, 2012 @ 3:48 dans Non classé | 1 commentaire »

 

Le spirituel, levier de développement économique en Afrique o23jz2y8-300x189

Longtemps, l’Afrique a connu maintes voies de développement pour sortir de la crise. Toutes ces stratégies ont occulté le spirituel comme arme idéologique pour sauver le continent de ce déluge. La primauté accordée au déterminisme économique n’a nullement généré des effets escomptés pour remettre sur les rails tout un continent dans la déroute. Ce faisant, les théoriciens du développement de l’économie spiritualisée ont inventé un modèle propre pour corriger les imperfections humaines et accoucher la croissance durable. C’est le développement économique fondé sur l’homme et non sur les choses que les tenants de cette approche constructive préconisent aux pays débiteurs pour retrouver le chemin du progrès et de la réussite.

 

En mettant en avant le spirituel avant le matériel  pour doper la croissance économique, ce paradigme positif du développement incarne un changement de comportement des agents pour atteindre les objectifs poursuivis. C’est tout le travail de progression spirituelle de l’homme qui est au cœur de cette analyse de croissance et de développements économique, social, politique, culturel et environnemental. L’humain est placé au centre des activités et des préoccupations dans le but de susciter la transformation en travaillant d’abord sur lui-même pour devenir l’artisan favorable de l’éclosion de la croissance par le biais de sa propre éducation et formation intérieure. C’est cette stratégie du changement de l’humain dans la prise en compte de la prééminence du spirituel que repose la nouvelle voie de développement prônée par cette école d’inspiration naturelle et de vision transcendantale de l’économie.

Soigner avant tout l’homme africain

Privilégier le spirituel avant l’économie, c’est placer l’homme africain au cœur de la société et de sa transformation de fond en comble pour atteindre le chemin radieux de la croissance durable. Ce changement de priorité amorce une nouvelle conception des stratégies de développement économique. C’est la prédominance du rôle moteur accordé avant tout à l’éducation, à la formation personnelle de chaque individu dans son micro-état qu’il faut promouvoir dans cette politique de progression spirituelle et développement de soi. C’est tout le travail de perfectionnement basé sur le soin minutieux de l’âme et de l’esprit qui est ici mis en exergue dans cette vision du développement intégral de l’homme africain. C’est le comportement changé de l’être humain dans sa vie active et sociale que les praticiens de l’école morale de l’économie professent pour corriger les défauts et les vices qui régentent les acteurs dans leurs choix opérationnels. Cette stratégie intérieure de l’homme préconise la primauté de soigner chaque acteur économique pour devenir un être responsable et soucieux de remplir sa mission de l’état dans le respect des lois et des normes établies. C’est l’acquisition des valeurs éthiques et morales que les tenants de cette approche de l’économie spiritualisée recherchent pour arriver au stade suprême du développement de l’Afrique.

En mettant l’accent sur la spiritualité, les économistes de l’âme intègrent les données économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales dans cette sphère invisible dictée par les dieux de la nature. C’est la logique divine qui commande l’économie et non la raison conquérante dans sa conception matérielle que les partisans de cette politique de l’esprit vantent par-dessus tout. Cette théorie économique tire son fondement dans le rapport de l’homme africain avec la nature et ses croyances aux forces de l’esprit et de ses liens millénaires avec les rites ancestraux. En filiation avec cette liaison spirituelle que l’homme africain entretient avec les entités invisibles, les penseurs de l’économie positive intègrent dans leur analyse les préceptes moraux qui structurent ce lien sacré. C’est la sacralisation de l’économie et la spiritualisation de l’homme africain dans sa vision de développement intégral, gage essentiel de déclenchement de la croissance économique que ces théoriciens du développement de l’âme exaltent dans la dynamisation et la stabilisation des États du continent noir. Cette conception écologique intègre le sacré comme élément premier qui guide les acteurs dans leurs choix économiques, politiques, culturels.

Esclaves des idées reçues

Partant du postulat que les politiques sont de plus en plus esclaves des idées reçues et des thèses des écrivains vains, les doctrinaires de la pensée divine de l’économie proposent la liberté individuelle qui suscite le développement équilibré et harmonieux d’un état. Car le développement de chaque individu dans son écorce interne provoque un effet d’entrainement dans l’éclosion des potentialités capables de développer et de dynamiser une économie locale. C’est la jonction des intelligences individuelles qui va susciter le développement d’une intelligence collective apte à enclencher le changement par son action positive et porteuse de valeurs constructives. Un dirigeant imbu des valeurs spirituelles exerce ses fonctions avec dignité, loyauté, délicatesse et respect

des institutions. C’est le principe essentiel de conscience professionnelle, de probité morale que cette école de l’amour du travail et de la patrie développe dans leurs thèses de l’économie, de l’amour.

En mettant en avant les valeurs cardinales dans la gestion de l’économie interne, les économistes de la justice et de l’équité placent au cœur de leur analyse politique une vision humaine du développement de l’être dans son entièreté. C’est le développement de l’homme et tout son être que les champions du développement spirituel de l’économie conseillent aux dirigeants africains pour rompre avec leurs idéaux égotiques et centralistes.

Ainsi, le spirituel comme arme de développement économique en Afrique est la stratégie efficace pour jeter les bases de la croissance économique. Avec ce nouvel indicateur non scientifique, le matériel est dominé par le spirituel dans le processus de développement et de croissance des états. Ce n’est nullement le rejet complet du matériel qui est le but central de cette nouvelle approche du développement mais une sublimation totale. C’est la fusion de ces entités que ces théoriciens de l’esprit recherchent pour façonner une économie pure pilotée par les dirigeants enivrés d’idéaux humanistes.

Appliquer les vertus spirituelles

Comme donnée première, les économistes de l’âme utilisent le spirituel pour mettre fin à la corruption, au népotisme et au clientélisme qui rongent les nations africaines. Que faire pour donner une impulsion nouvelle aux économies rongées par le déficit et gangrenées par la dette colossale ? La pauvreté et le chômage devenus monnaie courante étranglent les états exsangues et littéralement en situation de crise chronique.

Pour faire face à cette calamiteuse situation, les économistes du parangon de vertus spirituelles appliquent le modèle de l’économie du marché orienté par les normes morales et spirituelles pour corriger les imperfections et éviter la concurrence déloyale. Avec l’économie totalement moralisée, les acteurs adoptent un comportement positif pour faire du marché un espace de libre échange et de commercialisation réciproque.

Dans cet univers permissif, les pays pauvres gagnent dans le respect de l’équilibre d’échange assorti par un prix non dicté par des nations riches à dominance économique. C’est la mondialisation de l’économie moralisée et humanisée que les doctrinaires du paradigme spirituel professe à l’échelle internationale pour sortir l’Afrique du cercle vicieux du surendettement massif.

Avec cette culture de l’économie divinisée, l’homme devient l’acteur honnête et non véreux dans le champ de l’économie du monde. C’est la responsabilité, la tolérance, la solidarité internationale et le partage que les États plongés  dans la sphère des échanges commerciaux intègrent dans leur politique économique à orientation morale. C’est le fameux commerce mondial éthique. Dans la prise en compte de la logique de l’unité qui doit gouverner les agents sur l’échiquier du marché pour enterrer le système d’exploitation et la guerre des égos démesurés.

En rejetant la thèse des esprits animaux qui animent les marchés financiers, le modèle du marché spiritualisé moralise les acteurs économiques, tous les investisseurs et actionnaires et les poussent à faire de l’économie du monde un espace où tout le monde gagne. C’est la négation de la théorie de l’enrichissement des rentiers au profit de l’équilibre harmonieux de tous les participants au marché globalisé que ce modèle positif de l’économie insère dans les stratégies économiques des nations africaines pour sortir du marasme sans perspective.

Un mal à élaguer

L’appauvrissement des ménages reste le mal à élaguer dans cette voie de développement de l’être humain. Une stratégie de perfectionnement intérieur où l’état est la somme des individus sublimés devient un instrument au service de l’économie spiritualisée. Il joue le rôle de gardien de ces normes et protecteur des âmes moralisées, conscientisées et spiritualisées.

C’est un état sous l’injonction des vertus divines qui arbitre dans l’intérêt général. Ce n’est guère un état omniprésent mais un état libre qui ne doit pas s’engager dans les activités où il réussit mal parce que ce n’est pas sa vocation première. En incarnant et en symbolisant l’état non policier, il participe à la répartition et à la redistribution des richesses.

Avec un état humanisé, l’économie est bien gérée et engendre la création d’emplois par la politique permissive de la promotion de l’initiative individuelle. Les entreprises ainsi favorisées par un environnement institutionnel non coercitif, il crée des emplois et fait chuter le chômage et, partant, il améliore la croissance économique. La consommation des ménages augmente et les économies retrouvent le chemin du développement. C’est le cercle vertueux rêvé des économistes de l’âme dans leur vision idéale et du progrès et de l’évolution de l’homme civilisé.

Cette stratégie spirituelle au contour idéologique de l’homme nouveau et de l’âme nouvelle est la voie royale des Africains pour sortir du guêpier de l’économie sous-développée. Avec cette politique humanisée, l’Afrique atteindra sans difficulté aucune le cap des états émergents. Et sans tarder, elle deviendra, en un court laps de temps, un continent développé. Riche et prospère. Dans l’application de son propre modèle de valeurs personnelles sous le joug d’une stratégie importée. C’est avec ce modèle idéal que l’Afrique redevient elle-même. Et jouera sans complexe dans le terrain de l’économie du monde où son âme humanisée donnera une leçon de vie aux anciens nantis.

Par  Yves MAKODIA MANTSEKA

Source: Le nouvelAfrique [n°50] de novembre 2012

 

Sérénité

Posté : 24 octobre, 2012 @ 1:47 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

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Une pensée pour le poète Jean Baptiste KHUONG disparu

 

 

Un ange voulait souligner la paix du soir,

Au pays natal emmuré dans le silence

Qu’elle était douce la brise amenant l’espoir!

Inaltérable parfum de votre présence.

 

Votre regard reflétait un monde enchanté,

Mystique beauté d’un songe qui ne s’achève

En vos yeux a persisté l’éclat de l’été,

Un grand amour existe à l’aube d’un grand rêve.

 

Aimeriez-vous voir Venise quand vient la neige?

La chanson des saisons sous son manteau d’hiver,

Remerciant le destin pour son privilège

Mon cœur près de vous ne connaît de jour amer.

 

Les clartés de la vie aux chemins solitaires

Sereinement devant le ciel et l’océan,

Révèlent dans l’enchaînement des millénaires

L’immensité d’amour au loin des flots de sang.

 

 

Auteur: Jean Baptiste KHUONG

 

 

 

 

 

Le franco-congolais PASSI: l’itinéraire d’un artiste atypique

Posté : 7 octobre, 2012 @ 4:37 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

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Avec le Congolais, Passi  Balende, la musique est avant tout un plaisir et une joie de partage. Comme dans son pays d’origine où la musique adoucissant les mœurs est une religion et un exécutoire pour être et existé. Du temps ancien jusqu’à l’ère florissante des orchestres amateurs des années70-80, le pays a toujours gardé et cultivé cet art séculaire comme une passion et une vocation. Du nord au sud, le Congo est un long fleuve qui chante le verbe des aïeux et sa voix baroque en traversant les frontières distille le rythme et le son d’un patrimoine condensé autour d’un seul et unique maitre: La Rumba. Une danse que le Congo a fait naitre et ériger son identité. A l’image des doyens de la musique congolaise les Bantous de la Capitale. Ce groupe légendaire qui fait l’honore, la fierté et le porte drapeau de la musique Congolaise.

Mais l’enfant Passi, né dans ce giron dans la musique ancestrale va, en traversant à 7 ans l’autre côté de la mer de l’Europe notamment en foulant le sol français, connaitre un autre univers musical. Un monde coloré par sa nouvelle vie de famille immigrée et ponctuée par l’obtention d’un Bac général suivi d’une spécialité en agronomie. La chaleur de cette Afrique restant en lui et alimentée par l’amour des siens donne à ce pionnier de la musique banlieusard un tournant historique. De concert avec ses copains  Stomy Bugsy et Doc Gynéco, ils vont fonder à partir de 1989 le fameux groupe dénommé A.M.E.R (Action Musique Et Rapp) au cœur de la cité dite Sarcelles en banlieue Parisienne. Un groupe de choc qui va révolutionner le Rapp français. A orientation contestataire et revendicatrice, la vision de ce groupe se situe d’emblée aux antipodes du courant musical d’autrefois. Hérité du monde musical Afro-américain où cette musique florissait belle, le groupe A.M.E.R insère à cette musique des voix et des sonorités. Mais une voie qui exprime les maux dont souffre un monde délaissé.

L’éclosion d’un groupe remarquable

La naissance du groupe A.M.E.R  amorce l’avènement d’un autre genre de musique sur le devant de la scène française. Ce groupe, issu d’un mélange et d’horizon divers, en rentrant dans le monde musical français inscrit une page nouvelle dans l’orientation et la thématique des chansons composées. Un récital qui n’avait l’égal avec un autre orchestre ou groupe musical de l’époque. En mettant en avant cette nouvelle façon de faire de la musique ils ont titillé le monde politique et de la police. Le titre Sacrifices de poulets et Brigitte, femme de flic, attisent le feu avec des autorités et de la justice. Car leur morceau à connotation banlieusarde dérangeait le rapport, les liens avec les autorités et cette discipline ou principes affichés de la république sur l’égalité, la liberté et la fraternité. Ils portaient en eux le message d’une cité malade et d’une population retranchée. Courroie de transmission et véhicule d’une voix d’ensemble, ils se font les représentants et défenseurs d’une cité aux abois et à la recherche d’une identité, d’une place de choix, d’expression et de liberté. Dans une république qui les accueillie, vue sortir du lot et se faire une place. Une reconnaissance recherchée par la musique au sein d’une patrie qui les oubliait et la cantonnait dans leurs recoins étriqués et miséreux.

Longtemps de ce créneau et registre de dénonciation, fondé sur le lancinant problème de l’inégalité sociale  et de refus de l’autre de la maison commune, ces enfants révoltés de la république (Passi et Stomy) vont à l’aube des années 80 changé d’itinéraire. Ainsi, leurs voies se séparant, les visions changèrent aussi. L’un embrassant d’entrée le cinéma et l’autre continuait le chemin sous d’autres auspices et autres rêves de construction. Ainsi, le congolais Passi se fraye le chemin dans cet orifice nouvel où d’entrée de jeu il se fait remarquer par son talent inné et affirmé. Dans son  premier album solo ce musicien à la culture duale se hisse au sommet de hit parade de l’époque et son album devient un disque d’or. Une grande première sur l’échiquier du marché de Rapp hexagonal. Avec à la clé une chanson « Je zappe et je mate sur l’album Les Tentations» qui relate des émissions de la télé française. Une chanson qui fait la Une, le buzz et forge en lui un musicien atypique aiguisé par une écriture teintée d’une culture générale. A l’image des autres fourvoyés dans l’écriture monotone et aseptisée, Passi se propulse dans le champ musical où les notes primes et l’écriture trace la voie de celui qui chante. Une symbiose réussie du jeune talentueux adulé par le public qui l’accueil d’emblée comme le porte parole d’un Rapp épuré et détaché de voix provocatrices voire excentricités compromettantes. Une musique novatrice dans l’ouverture aux accents qui rassemblent et non ceux qui divisent. Un rassembleur de la musique des banlieusards et celle des Bobo dans le choix thématiques qui séduisait et le rangeait dans la classe des admis à l’examen de passage vers la grande famille de la musique française. Avec cette signature appréciée et dont la critique d’alors fut dithyrambique, Passi l’icône d’un Rapp qui s’écoute et qui se danse à tous les coins et milieux sociaux. Le Jeune congolais en jetant ce pavé musical dans l’océan musical français il écrivait ainsi une page qui va lui permettre de côtoyer d’autres milieux et faire carrière à la rencontre des autres musiciens ou ténors français.

Un groupe aux couleurs africaines

De Bisso Na Bisso à de multiples duos ou compositions avec d’autres musiciens de la planète. Le Congolais se fait un nom et réputation d’un musicien partageux aux  multiples talents. D’abord il va monter au zénith de sa forme le fameux groupe Bisso na Bisso. Un retour gagnant au bercail. –Ensuite, il collabore avec le géant  Jacob Desvarieux du groupe Kassav, c’est le voyage aux Antilles qu’il a exploré aux contours de la musique Zouk-. Un rêve de jeunesse réalisé par le biais de cette association qui lui ouvre aussi les fenêtres de l’autre rivage outre mer et consorts.

Mais avec Bisso Na Bisso, l’enfant prodige retourne sur les terres africaines de ses ancêtres en exaltant la culture, la tradition et les mœurs de pays natal. Au milieu de ses amis et frères africains, il devient le grand frère qui donne et partage l’expérience acquise. Ce groupe lance un opus étonnant sur le marché et un coup de maitre dans le jargon musical. Car le rythme du Rapp français se marie avec les sons et les voix de l’Afrique profonde. Un mariage réussi par celui qui est devenu le maître incontesté du Rapp français africanisé. Ce vocable congolais de Bisso Na Bisso « entre nous » rentre dans le vivier de la langue française. Les mots de la langue congolaise mélangés à la sauce française donne au plat musical mélangés à la sauce française un plat musical composé un succulent et un excellent met à l’écoute et en danse. Dans cette voie nouvelle Passi continue sa percée irrésistible d’un musicien multiforme et doté d’une intelligence et déporté par une intuition musicale remarquable. Une inspiration issue de sa vie d’un africain qui a grandi dans les chefferies et dont l’influence manifeste des ancêtres aidant ont contribué largement à ce succès. Dont il doit à ses frères et amis qui ensemble ont fondé un groupe mythique dans la transmission des pensées et de non clivage des cultures. En naviguant dans ces deux océans musicaux Passi a forgé un destin et une vision singulière. Un itinéraire intime qui fait de lui l’égal de lui-même dans l’éclosion de ses capacités et potentialités issus de son croisement culturel où il a su bénéficier et puiser l’essence de ce qui constitue à fortiori sa marque de fabrique et son  aiguillon central.

Un instinct partageux

Mais le congolais ne s’est pas arrêté dans la fondation du groupe musical aux couleurs africaines. Hormis ses présences remarquées dans les émissions de télé où il devenu un musicien de marque dans les plateaux de divertissement et de chants. En tant que membre du jury, Il continue malgré cet agenda rempli à jouer et faire des duos avec les autres musiciens de constellation différente. De Calegero en passant par Johnny et Manu Di bango, Passi élargi son panel et agrandi sa notoriété dans l’échange qu’il cultive, affectionne grandement. C’est l’esprit d’association, de solidarité et communion avec l’autre qui anime Passi tout le long de sa carrière et trajectoire gagnant. Il est à l’antipode de toute action égocentrique dans son attitude et un comportement qui force l’admiration et la considération de ses pairs et du public qui vient l’acclamer et l’applaudir dans toutes les salles africaines et hexagonales où il se produit.

Enfin, il  va s’en dire que ce parcours jalonné de victoires n’a pas été sans heurts…Mais le congolais a su surmonter les obstacles et rebondir pour construire une voie et poursuivre son chemin à l’image des idéaux, projets et rêves. C’est toute sa vie exemplaire qui le conduit dans ses activités extra-musicales. Il a toujours aidé et tendre la main à ceux qui souffrent. Ces nécessiteux ou laissés pour compte qui ont besoin d’une sortie de crise et de reconnaissance aussi. A ce sujet Passi se fait souvent l’artisan d’un bienfaiteur à son image et contribue au prorata de ses moyens et occupations multiples à l’édifice de mieux vivre de tous. La participation a de nombreux festivals de musique dans la promotion et l’aide aux plus démunis en est l’exemple illustratif. De plus, la participation à des fondations de maladies et d’aide au développement fait de lui aussi le musicien qui donne ce qu’il a reçu dans ce parcours de musicien de cœur, de vertus et de talents énormes.

NB : Actuellement un nouveau projet dit ERE AFRIQUE se profile à l’horizon. D’après Passi Balende, le projet ERE AFRIQUE est teinté de hip hop, d’afro de zouk et d’ électro… pour ambianceur, ambianceuse, lover et loveuse… avec de nombreux talents internationaux en featuring… Il est finalement annoncé pour le 15/11/12

Yves Makodia Mantseka

Clément OSSINONDE rend un vibrant hommage à Emile Joachim FAIGNOND, l’infatigable laboureur

Posté : 25 septembre, 2012 @ 1:15 dans Non classé | Pas de commentaires »

Clément OSSINONDE rend un vibrant hommage à Emile Joachim FAIGNOND, l’infatigable laboureur

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Chez Faignond. Tel est le titre du nouveau livre publié chez édition Edilivre par Clément OSSINONDE. Ce défenseur hardi et mémoire vivante de la musique Congolaise.

O MBOKA FAIGNOND !…un éternel refrain dans la conscience collective congolaise. Un mot évocateur d’un passé prodigieux et inoubliable. Un lieu mythique qui retrace toute l’épopée de la danse et de la musique. Un centre attractif et rayonnant de jeux, de fêtes, de cinéma, de divertissement, de détente et de repos. Un carrefour historique où tous les confluents musicaux universels se retrouvèrent en rendant à ce premier sanctuaire sacré congolais la source originelle de prédilection, d’élévation et de développement.

 

L’éternel temple de la musique et de la danse

 

«Le nom du bar dancing « CHEZ FAIGNOND » évoque à lui seul le soleil exotique, la nature généreuse, l’air parfumé des tropiques, à travers la présence de la mère Rumba, et surtout des noms de danses d’origine Cubaines, comme les airs de conga et de habanera » page 7. Avec ce sanctuaire congolais de la Rumba et des musiques du Monde, c’est le courant passéiste que l’auteur développe dans cet opus qui nous replonge sans fin dans les îlots de succès et de prospérité de notre patrimoine musical.

 

Hier encore, ce fameux bar dancing populaire attirait des centaines des fans, mélomanes de deux villes les proches du monde: Brazzaville et Kinshasa ex Léopoldville. Un lien de rencontres et de retrouvailles de ces fieffés de la Rumba et des autres danses du Monde. Qui venaient exprimer à cœur joie leur désir ardent de célébrer la fête et de danser ensemble aux rythmes affolants venus d’horizons divers.

 

En signant cet ouvrage précieux et tant attendu, Clément OSSINONDE à renouer avec ce passé reluisant, enfoui dans nos abysses individuels et redonner au présent une image incontournable et scintillante de ce monument de la musique. En revisitant ce bar dancing chargé d’histoire, il est allé à la source même des musiques mondiales et des danses modernes. Une démarche littéraire qui donne aux témoins de cette fabuleuse époque le reflet euphorique et la grandeur éminente atteint par cette grande messe musicale congolaise située en plein cœur du quartier célèbre de Poto-Poto.

 

C’est cette histoire marquante qui a fait couler beaucoup d’encre et rendu indiciblement heureux les adorateurs, les zélateurs de la musique que l’auteur conte. Cette fièvre sans cesse montante du passé écoulé qui donnait aux fans ravis le plaisir et le bonheur de se retrouver en face d’une vedette, d’un groupe, d’un orchestre ou autres. C’est ces différents moments de kermesse, de détente, de repos, d’allégresse… que l’auteur a essayé de relater  dans ce travail sérieux qui résume de fond en comble les péripéties de cet espace légendaire imprégné d’ambiance multiforme. C’est toutes ces images incrustées, tous ces visages multiples des êtres, toutes ces voix nombreuses, tous ces sons volatilisés et souvenirs ineffaçables que l’auteur a voulu remémorer pour nous faire revivre ce hier toujours vivant dans l’autel de nos cœurs.

           Les axes principaux 

Le travail excellent de Clément OSSINONDE s’articule autour des thèmes précis qui portent le nom des chapitres constituant l’ensemble cohérent de l’œuvre. Ce faisant, il évoque allégrement l’ambiance nocturne des années 50 et 60 chez FAIGNOND, sa nature des divertissements; de plus, il parle de la naissance de l’orchestre Bantous et du passage des vedettes internationales dans ce lieu historique; ensuite, il souligne l’ascension et l’élévation du fameux Nganda FAIGNOND; et enfin l’auteur achève le récit sur le devenir du bar dancing en brossant au préalable le tableau portrait sur la vie et l’œuvre d’Emile Joachim FAIGNOND, l’artisan du temple sacré des illustres musiciens, des passionnés danseurs et ambianceurs congolais.

 

D’emblée, l’auteur nous apprend que le Bar dancing chez FAIGNOND est né en 1948. Il précise que c’est: « le premier lieu de prédilection de tous les amoureux de la gaieté de la musique et de la danse, à l’image des sanctuaires caribéens à Cuba et à Porto-Rico à cette époque ». Il poursuit « la Rumba, le Polka Pike, la Biguine, le Tango et le Boléro envahissent la grande piste qui présente  des superbes chorégraphies et les derniers chansons à la mode »page 9. Hormis CHEZ FAIGNOND d’autres lieux ont été fréquentés par cette foule en liesse et en quête de la fiesta. Il y a eu «  chez AIR FRANCE » à Kinshasa et bien plus ancien de l’époque ou ancêtre le «  bar SILUVANGI (Avenue Croix rouge- KIN).

 

A l’inverse des Bars d’autrefois, la richesse du temple FAIGNOND réside dans l’épanouissement et l’essor des spectacles et divertissements proposés. Les mélomanes étaient conquis par la ferveur, l’ambiance, la joie…qui régnait dans cette enceinte attirante et bouillonnante de l’époque dotée en premier lieu d’une sonorisation amplifiée et de grande qualité. Cette grande première qui donnait au sanctuaire FAIGNOND l’ampleur et la notoriété.  C’est dans cet antre musical que la clientèle venait assister au grand concert en s’installant en terrasse en plein air pour le plaisir des yeux et le bonheur de partager la musique et les pas de danses. De plus, on notait également l’organisation en semaine des séances de cinéma au grand bonheur du public de Poto Poto. En somme, FAIGNOND fut un tout où s’organisait de manifestations, de divertissements, de projections, de spectacles inédits et qui rassemblait le public dans le but d’évasion, d’amusement, de dilation.

 

L’ambiance nocturne des années 50 et 60 est ponctuée par la présence et le développement des associations féminines et masculines dans des différentes manifestations comme anniversaire, baptême, retrait de deuil… Mais « le dancing CHEZ FAIGNOND devient à son niveau le plus élevé lorsqu’il réussit à créer un lieu élitiste qui fait se rencontrer les Brazzavillois «évolués» comme la thermologie coloniale qualifiait les congolais ayant adopté les us et coutumes françaises des colons. Il réussit l’exploit d’attirer hors centre ville, les blancs et de créer un lieu festif cosmopolite ». Page 12.

 

De plus Clément OSSINONDE dit « la principale activité du dancing CHEZ FAIGNOND est demeurée les bals. Les bals dans le dancing, ont été un véritable défoulement fondamental auquel tous les habitués ont trouvé leur satisfécit »page 15. Après l’exploit de la sonorisation monsieur FAIGNOND bénéficiant de ses relations amicales d’un système d’éclairage ambiant qui donne au bar des reflets de lumière en différents. Une autre grande première ! Qui met hors piste les différents concurrents de Kinshasa. Avec ce nouveauté on voit tous les Weekends des dizaines des Kinois qui traversaient le Pool pour savourer la bonne ambiance jusqu’au petit matin.

 

Un événement majeur va marquer par sa portée et dimension nationale l’histoire du sanctuaire musical congolais. « Le 15 aout 1959 le bar dancing  CHEZ FAIGNOND, 29 rue M’BAKA à Poto Poto accueille l’orchestre les BANTOUS pour le premier concert devant la première association de soutien dite « Amicale de l’orchestre BANTOU »page 17. A cet effet, il souligne « cet espace célèbre de Brazzaville dédié à la fête, au spectacle, à tous les langages musicaux contemporains s’est affirmé au fil des temps comme une référence » page 17 à 18.

 

En dehors du public qui venait en foule bigarrée dans ce local musical ou temple des amoureux de la vie mondaine, on note la descente sur cette piste prestigieuse de nombreuses stars de l’époque.  Parmi les vedettes internationales ayant marqué de leur empreinte chez FAIGNOND on peut citer «  SAM CASTANDET, LINE RENAUD, PATRICE et MARIO,…et des danseurs célèbres de l’époque : FRANCOIS NGOMBE et EMILE OKEMBA, ces précurseurs des danses internationales comme Rock and Roll, Tango, Blues, Valse….

 

En mai 1964 l’imagination fertile de monsieur Emile Joachim FAIGNOND est beau fixe dit l’auteur en substance. A cet effet, il fait ériger une villégiature hors commun appelée « Nganda FAIGNOND ». « Le lieu dit Nganda FAIGNOND offre aux Brazzavillois qui aiment la nature, de trouver désormais un lieu approprier pour faire évoluer les couples, non seulement sur une piste de danse, mais aussi à toutes sortes de divertissements, la pèche, les jeux, le repos etc.….Un lieu vivant et ardent» page 21.  Chez Nganda FAIGNOND devient un lieu  qui abrite tout. De la musique on passe aux douceurs du farniente. Un camp des ambianceurs et jouisseurs est né dans cette savane où la vie de satrape et à grande guide coule à flot. Les mélomanes sont accueillis et servis dans un coin fabuleux où la vie devient « fête na fête ». Un refrain monotone que ces fans vont fredonner au coin d’une partie de pèche ou de partage de la boisson. Un moment de délassement, d’amusement amical, familial et convivial comme pour oublier la même rengaine et les difficiles passes de la vie. En sirotant et en se la coulant douce dans cette rivière de plaisir et désir inextinguible.

 

              Le grand bâtisseur

 

Avec cette nouvelle acquisition FAIGNOND, en changeant le terrain et le local de travail, devient l’infatigable laboureur. A ce propos l’auteur souligne élogieusement : « FAIGNOND prouve par sa capacité à entreprendre qu’il est l’infatigable laboureur. Il prouve, en effet, qu’il possède un perpétuel élan créateur… » page 21 à 22. De sites en sites, le promoteur assermenté s’affirme en géant producteur affiné dans la vente et le développement. Il sert de promotion à la recherche et à l’innovation. Des qualités indéniables qui suscitent chez l’état congolais séduit l’achat de ses sites pittoresques. Monsieur Emile Joachim FAIGNOND est un artisan qui transforme la terre aride en or. Bon gré, malgré, le changement, le sublime nom demeure plaqué dans les enceintes multiformes qui se conjuguaient à l’infini dans les savanes ou banlieusard de Brazzaville. Une ascension rutilante d’un organisateur chevronné, d’un gestionnaire hors norme doté d’une parfaite culture artistique, environnementale et hanté par une passion dévorante pour le tourisme. Avec cette étiquette, l’homme d’affaire à la vie extraordinaire s’est construit une image solaire, une renommée et une notoriété qui ont atteint le summum de prestige et de la gloire… qu’il méritait et forçait l’admiration de tous témoins oculaires de sa réussite fulgurante.

 

« FAIGNOND était un grand homme. Il a tant fait pour la musique, la danse et le sport ».page 25. L’enfant aux potentialités énormes a réalisé son rêve intérieur. Cette réalisation qui a fait l’honneur et la fierté de ses parents exemplaires (Olivier FAIGNOND et Pauline EWOBOLA) qui l’ont transmis la  fibre familiale. Ce feu de l’ambition exubérante de progression qui l’animait sans cesse dans ses œuvres et durant toute sa vie vouée à l’entreprise, à l’amour et au partage avec les autres. Ce maestro et amoureux de la musique, de la fête aura marqué par sa vision de construction l’ère moderne. Un précurseur du temps contemporain où sa marque de fabrique encore vivante trouve l’insigne de sa vocation d’artiste de terrain et de la découverte des mondes de divertissements et de repos. Ce champion du monde de spectacle et des fêtes monstrueuses, pimpantes, clinquantes aura servi à l’événement aujourd’hui des moments de festifs grandioses qui alimentent le marché de la culture et de la musique. Un passeur d’émotion festive qui a laissé dans cette terre en mouvement  un gage certain d’un travail laborieux, riche et accompli.

 

A lumière de cet ouvrage, il importe de souligner que Monsieur Emile Joachim FAIGNOND fut un véritable entrepreneur et un talent inné dans la création et la promotion des lieux de festive, de jeux, de détente et de repos. Un bâtisseur fécond doté d’un sens inouï d’invention et de développement des sites artistiques et touristiques de renom. Une meilleure leçon de vie que cette grande figure aura laissé dans le monde de la musique, de la danse, de jeux, de détente, de tourisme. Un éternel éclaireur et un seigneur des savanes dans ce monde obscur en quête des idées innovantes et constructives. En signant ce magnifique ouvrage Clément OSSINONDE à donner à notre pays le Congo un riche patrimoine qui éveillera l’âme constructive des futurs architectes de demain. Qui reprendront le flambeau lumineux de ce pionnier singulier. Celui qui a tout construit à la sueur de son front pour le bonheur national et l’indéfectible amour des siens: Emile flore, Guy Roger, Roland Bienvenu, Jean-Claude, Parfaite, Yvette, Garcia. Que l’auteur à honorer grandement dans son préambule.

 

NB : Parmi les enfants cités deux ne sont plus de ce monde

Yves Fernand MAKODIA-MANTSEKA.

Rudy Mbemba Dya-Bô-Benazo Mbanzulu: Le père fondateur du Muntuisme pluriel

Posté : 6 août, 2012 @ 2:09 dans Non classé | 3 commentaires »

« Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu »: Le père fondateur du Muntuïsme pluriel

Lorsqu’on fait une datation historique le concept (et non le mot) du Muuntu trouve sa genèse dans les vallées des chefs Bantous, en l’occurrence des rois du Royaume Koôngo où les éminents sages de ces temps immémoriaux ont inventé le muuntuïsme. Avec eux cette célébrissime notion sera propulsée sur le devant de la scène et trouvera au milieu des chefferies son ampliation dans les débats houleux et discussions à bâtons rompus. C’est dans ces huttes de palabres incessantes et répétées que les notables d’antan et les Koôngologues anciens ont découvert l’éternel modèle de l’Homme «muuntuïsé». Ou initié dans les cavernes des ancêtres par le verbe d’en haut et les symboles sacrés. En effet, ce sont ces grands «Ngunza» de l’époque, ces mystiques célèbres du royaume Koôngo qui ont insufflé au roi mythique «Nimi a Lukeni » cette expression communément admise pour atteindre l’illumination.

« Alors qui sont ces Ngunza ?

Il s’agit des hommes et des femmes qui sont fondamentalement épris d’un idéal de justice sociale et de paix ou qui sont investis par une haute conscience »( Page. 19). Fils des lumières, Matsoua André Grenard fut le premier chantre incontesté de cet héritage millénaire qui durant ses nuits profondes en compagnie des sages d’antan était initié aux vertus du Muntuïsme spirituel. Avec Tata Malanda mâ Croix Coma le Muntuïsme détaché des ondes de négativité «Ndoki» devient le Muntuïsme déifié dans sa fusion avec la vision christique. Chez l’Abbé Youlou Fulbert le Muntuïsme intègre la sphère politico-religieuse et s’enrobe de lumière et s’enkyste et se fonde sur ce qu’il appellera lui-même le Muntuïsme humain. Mais avec le bien-aimé Cardinal Emile Biayenda cette Terminologie s’habille d’arcane suprême et s’inspire des livres saints des Evangiles et accouche une nouvelle vision intégrale humaine. C’est le fameux Muntuïsme sacré. A l’instar de la vulgate Vaticane telle qu’elle est professée aujourd’hui par le souverain Pontife Benoit XVI.

L’amorce d’une nouvelle vision

A l’inverse de ces grandes figures historiques Congolaises, l’universitaire Rudy Mbemba se situe dans le prolongement et le droit fil de ce grand mouvement des Ngunza du siècle. Ainsi dans ses travaux pionniers particulièrement de son Mémoire de DEA en 1994 et plus tard en 2000 avec sa thèse de Droit, il posait les jalons de son singulier concept. Mais, tout compte fait, il faut «rendre à césar ce qui appartient à césar»…Car la contribution à la richesse, à l’épanouissement, à la progression de ce concept ancestral est prodigieuse avec Maître Rudy Mbemba à partir de 2006. Est sans conteste et fort manifeste dans son expansion, son amplification aujourd’hui dans l’ère moderne. Ainsi, en expurgeant le Muntuïsme des pages purement conceptuelles, Rudy Mbemba amorce une rupture épistémologique d’avec ses anciens mentors. Il intègre magistralement les notions d’anthropologie, d’analyse juridique pour féconder la doctrine du Muntuïsme en tant que science à caractère humaniste, social, moral, politique, religieux. Telle est l’essence et la quintessence de l’idéologie du Muntuïsme scientifique chère à Maître et Koôngologue contemporain, Rudy MBEMBA DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU alias Tata N’DWENGA. C’est cette science de l’unité qui est au cœur même de ce Koôngolgue affirmé qui développe cette pensée à travers ses ouvrages connus tels que: « Le Procès de kimpa Vita : la Jeanne d’Arc congolaise; Le cardinal Emile Biayenda et sa vision du développement intégral du Congo-Brazzaville; Plaidoirie pour l’abbé Fulbert Youlou; Le Muntuïsme-Essai d’un code pénal des sociétés Bantoues; le Muuntu et sa philosophie sociale des nombres ». Elle s’apparente à la vision platonicienne de l’âme qui fait de lui le philosophe contemporain de l’âme Koôngo dans sa pure conception du monde des ancêtres. Avec lui le concept de l’humanisme intégral de Jacques Maritain est imbibé de spiritualité. Un humanisme théocentrique, tourné vers dieu, l’Homme c’est le Christ. C’est un Muntuïsme défini comme une parcelle doctrinale de la religion du Muuntu, c’est-à-dire de celle de l’Homme qui, par sa philosophie existentielle, aspire à l’état suprême de l’élévation de la nature et de la condition humaine.

Un caractère humain dominant

C’est suivant ce cloisonnement institué par le déterminisme scientifique que Rudy Mbemba va structurer sa pensée Muntuïenne par ces diverses ramifications caractérielles qui cimentent l’arbre du Muuntu. Avec lui le Muuntu est la somme d’être qui doit incarner et symboliser toutes ses valeurs humanistes, morales, sociales, politiques et religieuses. Explicitement il doit porter ces caractères et véhiculer ces vertus au stade suprême de kimuuntu. C’est l’ultime étape d’humanisation élevée de l’âme renaissante que le Muntuïsme dans sa conception et philosophie même cherche à transmettre à travers ses Ngunza. Mais avec le Muntuïsme scientifique à caractère humaniste, l’auteur met l’accent sur la portée et la considération de l’éducation et la formation pour atteindre le sommet de la pyramide du Muuntu accompli. Le penseur décrit que l’on nait jamais Muuntu mais on le devient. L’initiation commence dès la naissance et s’achève à l’âge adulte. Ainsi dans la pure tradition Koôngo, le chemin initiatique va de Mwana à Mbuta. Cette voie de renaissance, de la régénération et de la sublimation totale que le père fondateur de Muntuïste scientisé conseille vivement dans son livre pour devenir celui qui est. D’après l’école scientifique et spirituelle de Rudy Mbemba en filiation avec d’autres penseurs de l’âme, le pouvoir formateur de la mère reste primordial pour donner à ses progénitures les germes fécondateurs de son esprit. Tout est pensée…cette force créatrice qui modèle et façonne l’enfant à l’image de la déité. C’est ce travail spirituel que les mères Muntuïstes concevaient avec la procréation sous l’influence cosmique, des dieux de la nature et du monde des aïeux.

Les valeurs sociales et religieuses

Avec Rudy MBemba le Muuntu est être social. C’est la socialisation outrée de l’homme que l’auteur développe dans sa thèse scientifique du Muntuïsme au prisme scintillant des valeurs qui modèle l’humanisme intégral africain. Pour lui : la pièce essentielle du système social du Muuntu reste le Nkânda, c’est-à-dire le clan (page. 60). Il célèbre donc la force des clans dans les villages qui soudent les liens de privautés. C’est cette valeur conviviale traditionnelle qu’il exalte sans fin pour faire du Muuntu attaché aux vertus familiales un être généreux, tolérant et fraternel. Le Mboôngui est alors ces lieux de rassemblement. La vision de l’hospitalité dans le donner et le recevoir que l’être changé heureux manifeste dans son rôle de Mfumu mpu. Mais avant tout la sagesse de Muuntu exige que l’être incarné doit avoir une reconnaissance absolue envers le dieu créateur et une vénération totale au culte des anciens. C’est ce point nodal et sur la loi de solidarité, le respect sans faille de l’intégrité clanique que le Muuntu renaissant magnifique peut atteindre l’équilibre socio-cosmique et naviguer joyeux dans l’océan d’amour universel. La finalité de kimuuntu dans son élément divin transcendant. C’est un Muntuïste humaniste mais pétri d’intelligence et de sagesse. Que l’écrivain expose dans sa démarche de non rejet de l’altérité….nécessaire pour faire entrer le Kimuuntu dans les dimensions supérieures de l’être sans tête. Cette vision sublime de l’homme qui dans la vacuité bouddhique atteint l’élévation voire l’illumination totale. A l’instar des Muntuistes spirituels, Rudy Mbemba condamne la sorcellerie et toutes manœuvres ténèbres qui éloignent l’être dans la quête de sa nature véritable. Il adhère aux idéaux nobles de Kundu tels qu’ils sont exaltés par les devanciers et d’autres Muntuïstes chanteurs comme Sammy Massamba qui parlent du fameux Kundu dia mama ou d’autres penseurs qu’évoquent le Kundu dia Mayela. Ainsi il banni dans sa doctrine religieuse du Muntuïsme, le Kindoki ce monde nébuleux du satanisme rampant porteur de malédiction. Sous l’angle de la religion éclairante, l’auteur enfante dans la lumière des anciens le concept du muntuïsme divinisé. L’être dépouillé des scories ténébreuses et engloutissantes épouse la puissance céleste et s’élève dans l’au delà en continuant à travailler sur terre aux œuvres constructives de Dieu ou Tata Nzambia Mpungu. Pour atteindre ce paradis, l’être doit suivre le sentier qui mène à la connaissance. Par la voie de sà Mbila. Ainsi sà Mbila selon le Muntuïsme est le chemin qui mène vers la connaissance, c’est-à-dire vers Dieu… » (page.108). Le Muntuïste selon lui doit connaitre, savoir: Zaba ou Zebi pour parvenir à accéder dans le NZamba cet univers global – A titre de rappel, NZamba désigne l’univers global ou Dieu lui-même – (page.108). En somme, le NZamba dans la conception doctrinale de Maitre Mbemba n’est plus ou moins que cette forêt intérieure de l’homme qu’il doit pénétrer pour devenir lui-même. Cette antériorité incommensurable où l’être déifié navigue sans fin en communiant jour et nuit avec les contrées célestes.

Les vertus morales et politiques

Les postulats de base de la doctrine Muntuïste en tant que science repose sur les valeurs morales. Cette vulgate de l’épanouissement de l’être humain est fondée sur le rejet en bloc de la magie noire. Ces pensées négatives qui ligotent l’homme dans son ascension vers l’au delà supérieur. Dans la recherche du graal l’être pensant doit faire preuve des valeurs morales, religieuses qui améliorent l’âme, des valeurs politiques qui aiguisent l’esprit et les valeurs sociales qui unissent les corps des peuples. C’est l’idéal élevé où ces valeurs morales du Muntuïsme pluriel façonnent le Kimuuntu dans la fusion avec l’âme du monde. En abhorrant la sorcellerie, cette philosophie vante l’amour du prochain, le respect des biens d’autrui et dénonce le scandale de la haine cultivée par les Ndoki. Dans leur antre macabre où ils se nourrissent du sang des frères et de leurs âmes aimantes. Ce faisant, il conseille vivement de faire du travail la valeur fondamentale du Muntuïsme. Car, il libère l’esprit, il contribue au développement et à l’épanouissement de l’être. La tradition ancestrale Koôngo, telle que l’explicite clairement l’auteur, la paresse est à bannir et le travail reste un expédient à l’enrichissement et au perfectionnement moral. Le travail ne serait une corvée. Mais bien un labeur consistant à obéir aux ordres du créateur. Ainsi par l’activité, le Muuntu est lié au Nzambia Mpungu et demeure en syntonie avec lui. Le caractère politique du Muntuïsme est compris à la lumière du rôle incontesté que joue le Mfumu mpu dans la société orientée par les normes Koôngolaises. Le Muuntu né devient au fil des vies graduées un chef couronné. Un sage qui symbolise l’unité et force le respect et la considération de ses sujets. Il doit faire montre d’une exemplarité totale et d’un comportement irréprochable dans sa vie courante. Appelé à être le garant des principes, ce chef du village dirige le peuple sur le plan moral, économique, social et politique. Enfin, la philosophie du Muuntu donne à l’écho du verbe son caractère sacré. C’est cette sacralisation de la parole qui est mis en avant par ce chantre du Muntuïsme scientifique dans l’insertion de l’homme dans l’universalisme pluriel. Avec l’arbre sacré le Nsaanda, Rudy Mbemba prône la voie de la connaissance et du savoir. De ce monde et des dieux par l’écoute. On ne peut accéder à la connaissance sans écouter l’autre qui n’est autre que nous-même. Ce faisant, il préconise le dialogue avec le prochain et la tête avec nous-même. C’est le fameux «connais-toi, toi-même» que l’auteur développe en filigrane dans sa vision transcendantale du Muntuïste élevé. Car comme le précise le dicton Koôngo qui énonce très clairement le principe selon lequel : « Yala bwa yala nsanda »: grandis, développe-toi, deviens puissant et de caractère inébranlable comme le n’sanda (page.125).

Conclusion

Au regard de ce qui vient d’être développé, il importe de souligner que la doctrine Mbembaïenne du Muntuïsme est un tout qui englobe tout, elle est globalité, globalisante et totalité, totalisante. En partant de l’analyse scientifique, il a «Muntuïsé» l’Homme aux multiples vertus. C’est une vision Muntuïste socialisée, politisée, moralisée et divinisée. L’auteur en exhumant les arcanes anciens a inventé une doctrine transcendantale qui restera dans les annales universitaires et historiques. Un bien précieux ouvrage qui condense l’histoire éclatante de notre riche tradition Koôngolaise. Une lumineuse page est ouverte dans les fanums ancestraux, ces «Mboôngui» d’alors où demeurent encore les dédales de connaissances de notre chère Koôngologie(1). Avec lui, l’humanisme intégral africain repose sur le Muntuïsme « scientisé » et déifié. Un muntuïsme scientifique spiritualisé. Il a réussi un savant mélange entre la science et le sacré sous les prismes scintillants du droit, de la sociologie et de l’anthropologie. Ces rayons qui éclairent et illuminent sa pensée….et élèvent sa doctrine issue du monde archétypique des dieux. Sa philosophie du «Muntuïsme scientisé» enfantée à l’aube du monde contemporain est une œuvre monumentale qui intègre les lumières des Ngunza d’autrefois et amorce une nouvelle page de l’humanisme pluriel et cosmique. Un éclaireur dans ce dépassement et cet aggiornamento qui font de lui un Ngunza d’un autre genre dans la nation Congolaise d’aujourd’hui….et un koôngologue convaincu et muntuïste intègre. Qui laissera, avec cet ouvrage de référence et de qualité, dans ce monde passant et l’autre renaissant, une lumière qui dans l’obscurité éclaira la route du pèlerin.

Yves Mâkodia Mantseka

L’inconnu

Posté : 25 mai, 2012 @ 10:59 dans Non classé | Pas de commentaires »

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L’inconnu est un Monde invisible
Où nos âmes découvrent la vie éternelle…
Sempiternelle rivière de nos amours immortels.

Nos destins naissent dans cet univers,
Et notre glèbe porte ses anciennes semences
Qui ont sculpté nos visages présents.

Nous partageons l’inconnu avec les autres,
Dans ce vaste monde où tout change
Au fil des impondérables signaux du temps.

L’inconnu nous parle chaque jour
Dans nos diverses nuits de songes multiples,
Où sa voix montre le radieux chemin à suivre.

Les épreuves cachent le message de l’inconnu
Celui de notre totale libération du moi
Dans cette vie vouée à l’immolation de soi.

Le Monde inconnu est la destination finale,
Un somptueux rivage de nos séraphins rayonnants…
Ces esprits devenus un avec l’amour d’en haut.

Un monde Un

Posté : 12 mai, 2012 @ 4:45 dans Non classé | Pas de commentaires »

Un monde Un La-langue-fran%C3%A7aise-dans-le-monde-300x265
  • Notre terre est un monde Un,
  • Cet univers des hommes de la paix
  • Qui construisent le village global
  • A chaque minute de cette vie éphémère.
  • Dans les antres de tous habite l’unité
  • En symbiose avec la déité éternelle
  • Ce soleil lumineux
  • Porteur d’un message universel.
  • Ici bas l’humanité est notre patrie,
    cette immensité planétaire
    Où les peuples se rassemblent
    Pour la fraternité et l’égalité profonde.
  • Notre ciel est un monde de beauté,
    L’unique demeure des âmes salvatrices
    Qui ressemblent au tout indissociable,
    Cette sphère peuplée des multiples visages.
  • La vie actuelle rappelle les contrées d’alors,
    Les merveilleux villages de nos illustres amours
    Ces esprits sages de la maison pour tous
    Qui ont façonné le mondialisme pluriel.
  • Le monde Un accueil tout le monde,
    Un champ fécond de joie et d’amour
    Où chacun apporte sa diversité
    Dans l’intérêt et le bonheur commun.

LA LOI

Posté : 4 mai, 2012 @ 9:41 dans Non classé | Pas de commentaires »

LA  LOI  6a00d8349f40a569e2010536f7c564970b-640wi-221x300
  • L’imparable loi reste notre mesure inflexible
  • Qui impose au monde la rectitude totale,
  • Elle est le garant dans cet immense terrain
  • Où le libre arbitre demeure la règle générale.
  • Sa voix puissante dicte les normes à suivre
  • Dans cette vie passante à grande guide
  • Où le pauvre misérable devient l’égal du riche.
  • L’indivisible règne dans ce champ de liberté
  • Où la vérité est la maitresse des lieux
  • Pour le triomphe du droit et de la justice.
  • La loi immuable exige le respect de la défense
  • Celle qui équilibre les parties en dissension,
  • L’excellent plaideur sauvant l’individu en péril.
  • Sa voie loyale est au profit du procès équitable
  • Pour l’égalité des armes et l’intérêt général
  • Et la contradiction naissante prône l’impartialité.
  • La terre reste notre maison de juridiction,
  • Cette société régit par des principes essentiels,
  • Des valeurs qui rassemblent l’humanité,
  • L’éternelle loi protégeant cette unité d’ensemble.

« Tendre Nostalgie » (1) de Y.F. Nkodia-Mantseka ou la vertu d’aimer au-delà de soi-même

Posté : 3 mai, 2012 @ 12:29 dans Non classé | Pas de commentaires »

« Tendre Nostalgie » (1) de Y.F. Nkodia-Mantseka ou la vertu d’aimer au-delà de soi-même image_23175-197x300

 

LIVRE

« Tendre Nostalgie » (1) de Y.F. Nkodia-Mantseka ou la vertu d’aimer au-delà de soi-même

Entre la vie et la mort, le destin d’un homme trouve son compte. Et c’est sur ce trajet virtuel qu’Yves Fernand Nkodia-Mantseka développe une poésie qui se fonde sur l’Homme. Une poésie pleine de tendresse et de nostalgie.

 

 

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l’auteur de l’article Noël KODIA-RAMATA

Une quarantaine de poèmes définit « Tendre Nostalgie ». Le bonheur, l’amour et l’espoir de l’homme, parfois rattrapé par quelques morceaux de douleur et de tristesse, le silence ami du poète, le désir d’une « monde un » pour l’Afrique et son Congo natal, la femme sentimentale et l’image d’outre tombe de son père, tels sont les multiples directions où se dirige le regard du poète.

Une poésie qui n’agresse pas, une poésie de combat spirituel où l’auteur se dévoile par son côté humain. Un recueil de poèmes qui tourne le dos au souffle aigu, engagé  et revendicateur de ses aînés tels Tchicaya U Tam’Si, Tati Loutard et Maxime Ndébéka.

Bonheur, amour et espoir

Du début à la fin, « Tendre Nostalgie » nous révèle en grand partie un sentiment de bonheur où l’amour et l’espoir restent permanents :

« Entre ciel et terre,/L’indicible a établi une échelle de vie/A nous de chercher/Pour cueillir notre étoile du destin/Et trouver la clé de l’éternel bonheur » (p.19).

Nkodia-Mantseka se montre optimiste tout au long dans ses appels à l’homme. Celui-ci étant incapable d’appréhender le futur comme il le fait pour ses passé et présent car il n’est pas l’égal de Dieu :

« Chaque jour la vie nous apprend/A ouvrir une nouvelle porte/ (…) Le futur ne nous appartient pas » (p.20).

Il doit alors aller chercher son bonheur dans la paix et l’amour :

« Toutes les doctrines périront avec le temps de l’âge/(…) Seul restera dans l’immense glèbe de la vie/L’écho unissant l’amour » (p.21).

Nkodia-Mantseka est un poète de l’amour de la paix et de l’amour qu’il cultive tout au long de son inspiration :

« Le soleil m’a donné l’amour/L’espoir faisant grandir la patience/Aujourd’hui, c’est le temps d’aimer » (p.38).

Mais le poète a beau chanter le bonheur, l’amour et la paix, ceux-ci se voient toujours rattrapés par la main sale de la douleur et de la tristesse qui font partie des vicissitudes de la vie de l’homme :

« Les blessures ne se ferment jamais avec l’âge du temps/(…)Les déceptions jonchent ce sentier de l’écolier de la terre » (p.22).

Mais devant cette dualité bonheur/douleur qui marque le destin du poète, celui-ci est obligé d’être ami du silence.

Le silence, ami du poète

Nkodia-Mantseka est un poète du silence où nostalgie et tendresse viennent à tout moment le solliciter. Le silence, c’est aussi l’image de l’outre-tombe que nous rencontrerons dans la dernière partie du recueil :

« O Silence constructeur de ma vie/(…)O Silence, forces ensorceleuses » (p.26).

Le silence, ami du poète est en relation avec les hommes pour créer un monde de bonheur où l’enfance et les souvenirs reviennent à la surface de ses pensées. Le temporel et la campagne-nature sont deux instances qui accompagnent le poète :

« Le soir à la campagne des anciens/Le silence parle aux hommes/Le silence gardé dans la case de chacun/Embellit le repos réparateur de tous » (p.49).

Enfance et souvenirs

Quel écrivain, quel poète ou quel philosophe qui n’a pas plongé dans l’analepse de son destin pour créer un autre moi ? Nkodia-Mantseka ne fait pas exception. Après une absence du pays de plus de deux décennies (il vit en France depuis décembre 1989), enfance et souvenirs s’entrechoquent  en lui :

« Mes instants de jeunesse passent/En laissant des souvenirs/Emmurés, craquelés par le temps » (p.48)

L’enfance du poète joue à cache- cache avec ses souvenirs. Car dans le destin d’un homme, de surcroit poète, il est difficile de séparer ses deux instances de l’âme intérieure. Toutes les images ayant marqué le subconscient du poète se réveillent à certains moments de son inspiration :

« Autour des jardins d’enfants, (…)/Des instants de jeunesse passent/En laissant des souvenirs (…)/Les jeux d’enfance furent des dessins/Des bateaux de papier dans les marigots » (p.48)

De l’enfance aux souvenirs, il n y a qu’un pas. Aussi, dans ses souvenirs, se réveillent bonheur et tristesse, comme pour marquer la dualité du destin de l’homme où heurs et malheurs se côtoient :

« Souviens-toi du parc somptueux, mystérieux/(…) Et ce perroquet qui chantait les airs funèbres/En répétant la voix des morts dans les ténèbres » (p.52).

La somme de l’enfance et des souvenirs étant le produit de l’actuel Nkodia-adulte. Celui-ci est devenu un homme pluriel au niveau social et sociétal. Homme de cœur, il est pour une seule humanité. C’est l’apôtre d’un « monde un », d’un village planétaire, d’une « Afrique une ». Un monde où l’amour entre les hommes devient le leitmotiv du poète :

« O Peuples du monde restons dans la fraternité/Notre unique patrie s’appelle l’humanité/Chassent l’antisémitisme, la xénophobie… » (p.43).

Et dans cet appel à un « monde un », Nkodia-Mantseka n’oublie pas ses racines qui prennent naissance sur la terre africaine. C’est dans la cinquième partie du livre que l’on entend la voix du continent. Le poète y chante son Afrique qui fut un grand continent dans le monde :

« Les seigneurs pharaons reviendront en Afrique/pour ciseler les pierres des temples anciens/Où demeure encor caché l’arcane magique/Qui magnifie l’Egypte antique des miens » (p.59).

La fraternité, l’amour qu’il a prônés pour « un monde un » trouve aussi sa place au niveau de son Afrique qui doit se débarrasser de cette tare qui la déshonore ; il le lui crie haut et fort :

« Ramène tes enfants vers la case commune/Et fais taire le tribalisme, le régionalisme/Qui les affrontent, les divisent totalement » (p.63).

Et comme le Congo natal fait partie de ce continent malade, il ne peut s’empêcher d’exprimer son nationalisme positive, malgré les quelques mésententes que travers le pays :

« Demain nos petits enfants sèmeront l’amour, (…)/Le Congo restera un pays toujours plus beau,/Les martyrs reviendront avec un grand flambeau/Qui marquera la fin des guerres fratricides,/Le sang d’alors fera germer les temps placides » (p.54).

Le poète est un homme complet dans toute la sphère des sentiments tel l’amour idyllique et la mort qu’il porte consciemment et inconsciemment en lui. Nkodia-Mantseka, au niveau de l’image de la femme, apparaît timide : il ne pousse pas loin le sentimental comme on le remarque  par exemple chez Tati Loutard qui, à un certain moment, baigne dans l’érotisme. Les amours de Nkodia-Mantseka vivent souvent son natal et sont presque nominés. « La Parisienne » :

« Le visage de mon amour est doux et serein/Elle passe au bord de la Seine en veste d’hiver,/Son allure svelte exalte mon âme langoureuse » (p.73).

La mort qui ponctue la vie de tout être vivant arrive à son tour  dans le recueil où l’image du père qui n’est plus est gravée dans la conscience du poète :

« Où se trouve mon tendre et magnifique père ?/Il est dans un autre monde majestueux (…)/Enterré au cimetière de mes aïeux » (p.80).

Avec un style qui lui est propre et qui s’écarte de l’agressivité et la fougue verbale des autres poètes congolais, Nkodia-Mantseka commence à écrire dans « Tendre Nostalgie », une autre page de la poésie congolaise. Comme le spécifie bien son préfacier, « sa poésie est belle comme un service public. Il est l’homme de la solidarité, de la communication avec les plus souffrants ».

Yves Fernand Nkodia-Mantseka, un jeune poète que les Africains en général et les Congolais en particulier doivent lire et relire pour aller vers « un monde un », gage d’une Afrique émergente.

Noël KODIA

(1)             Yves Fernand Nkodia-Mantseka, « Tendre Nostalgie », éd. Edilivre, Paris, 2011, 83p. 12,50 €

 

Source de l’article: Afriqueducation numéro 347 du 1er au 15 mai 2012 page 37 à 38

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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