YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

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LE NOUVEAU SACRE D’ABD AL MALIK

Posté : 17 février, 2011 @ 12:06 dans Non classé | 1 commentaire »

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Sacré meilleur album de musiques urbaines aux Victoires de la musique 2011, le chanteur Abd Al MALIK français d’origine congolaise confirme sa vertigineuse ascension au sein de la constellation musicale du Rap hexagonal. Une consécration qui fait montre que l’artiste déjà couronné collectionne les titres- en si peu de temps de carrière- et occupe désormais une place de choix dans l’univers des grands auteurs de la scène française où il a érigé et élargi son champ d’expression et de transmission de message. Mais l’opus né est un retour gagnant….aux sources africaines et dont l’explication des prouesses est toute trouvée sur la valeur des thèmes choisis. Et sur sa touche spécifique qui synthétise son talent incontesté de Rappeur, Slameur et Poète. 

Un véritable opus gagnant                                                                           

Avec ce nouvel album «Château Rouge» le conteur a revisité la musique africaine. Un retour au bercail qui lui a permis de chanter en mémoire des siens et de l’amour qu’il porte dans son cœur éloigné du paysage familier. En choisissant ce répertoire merveilleux il a composé des mélodies à l’image du message véhiculé et en guise de reconnaissance de cette richesse musicale ancestrale. A cet effet, les chansons telles que: Ma Jolie, Valentin, Mon amour…illustrent bien 

Dans cette œuvre de conciliation des mondes, il a fait appel à une figure emblématique de la musique Congolaise Papa WEMBA. Ils ont formé un duo de charme dans un magnifique tube « Ode to love» aux accents Anglais-Lingala qui a grandement séduit le public et donné à ce jeune talent une ouverture au monde de la Rumba Congolaise. 

Ainsi dans ce nouvel album il a concocté un menu musical haut en couleur locale africaine et agrémenté par d’autres sonorités ou influences venues des musiques d’hier et d’aujourd’hui. En vent de poupe. Avec lui, le Rap français s’africanise et se popularise en rejoignant d’autres océans musicaux du monde. Que ces ainés du Rap français n’ont guère exploré et navigué pour atteindre d’autres rives enchantées, cachées, insoupçonnées. Et où le Rap originel cesse d’être contestataire, revanchard voire vindicatif pour accoucher un Rap sublimé par le Slam éveillé. Et anobli par la poésie rimée….par une pieuse exaltation musicale teintée des idéaux nobles et humanistes.   

Toujours en perpétuel renouvellement et création artistique infinie. Il est présent au présent et n’est point où on l’attend point. Car sa musique issue du monde coloré africain façonne un style authentique. Qui brasse des influences multiples dérivées de la contrée afro-américaine et s’élève en incorporant des harmonies dominantes du Slam, de philosophie et de spiritualité. 

Mais ce qui fait sa force et sa puissance notables,  c’est l’éternelle beauté des thèmes qui arborent ses compositions musicales propres à lui. A la culture du Rap, Hip-hop et Jazz s’ajoute une culture universelle. Une marque de fabrique qui le détache du lot des courants météores des Rappeurs stéréotypés, inféconds et le hisse au firmament de la haute sphère d’innovation et de créativité musicale.   

Des visées humanistes notoires                                                         

En s’ouvrant aux confluents de la musique des grandes icônes nationales françaises notamment Juliette GRECO, ce chanteur s’est enrichi, muri et embelli dans le son, le rythme….une autre façon de faire le Rap est né avec ce chanteur philosophe qui Slam en français en pensant dans sa langue vernaculaire congolaise. Une symbiose parfaite qui fait de lui une exquise originalité qui enchante les mélomanes et que ses pères encensent en reconnaissant son talent confirmé. 

Ce musicien poète, en jouant avec les mots et en cultivant les pensées, est considéré par les critiques constructives comme le maestro de la langue française. Un statut hérité de son brillant passé estudiantin à l’université de Strasbourg où l’initiation philosophique l’a forgé bel pour engendrer aujourd’hui une âme imbibée de religiosité ou des préceptes  moraux à orientation Soufiste. 

Doté d’une intelligence du verbe, il use de cette voix pour être le défenseur hardi d’une culture monde et d’une nation unie. Un métissage qu’il porte dans son cœur et dans sa douce musique de l’âme et de l’esprit. Avec une conscience citoyenne affirmée et respectueuse des valeurs républicaines. Bien loin des controverses convulsives qui éloignent du monde des Hommes qui aiment le rassemblement.   

En somme, Régis Fayette-MIKANO  alias Abd Al MALIK continue sa révolution musicale amorcée depuis l’apparition en 2004, avec son premier album solo «Le face à face des cœurs», dans l’univers concurrentiel du Rap congolais voire mondial. Avec sa plume aiguisée et récemment primée- par le Jury du prix Edgard Faure- au sujet de son ouvrage d’essence humaniste «La guerre des banlieues n’aura pas lieu»(1), il est incontestablement le messager du temps qui passe. En prônant dans ses chansons le respect, la tolérance et la paix universelle.  Un autre versant lumineux de son destin de vie qui s’évertue à poursuivre pour donner dans sa terre natale française l’image d’un Rappeur, Slameur d’unité et de religion d’amour du monde. Il reste à souhaiter au Rappeur instruit venu du quartier de Neuhof à Strasbourg, d’être l’éternel rassembleur des mondes pour un universalisme pluriel ou Mondialisation à visage humain. Dans sa sublime vision de «vivre ensemble» qu’il professe, fredonne sans cesse. Avec son éternel refrain  de fraternité…. et de non refus du monde: « les Autres»! 

Quelques chansons de l’album

http://www.wikio.fr/video/abd-al-malik—jolie-4658432 

http://www.youtube.com/watch?v=YzhHNW2uN34&NR=1

 


 

[1] Abd al MALIK, La guerre des banlieues n’aura pas lieu, édition Le Cherche  Midi, 2010,  

LE SOCIOLOGUE CONGOLAIS BEN MIYALOU EST MORT

Posté : 2 février, 2011 @ 7:31 dans Non classé | 2 commentaires »

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« il suffit à l’homme de fermer les yeux pour que le monde disparaisse » disait le Philosophe. Cette maxime est l’illustration frappante de la soudaine disparition de notre ami et frère Congolais Ben Miyalou. Celui qui est parti de l’autre côté de la rivière des aieux. Cet infatigable, lecteur et intellectuel brillant, a laissé à nos autres une merveilleuse leçon de vie: de courage, de force, d’opiniâtreté, de tolérance et d’humanité. Sa vie fut l’expression de lui même et de sa personne qu’il a sculpté et voulait voir s’accomplir. Sans mimétisme, ni suivisme. Un sociologue congolais dans l’âme et un esprit profondément humain. Qui a su pousser à l’extrême ses recherches d’un vrai sociologue qu’il était dans la compréhension de cette vie. Et bien au delà du questionnement personnel dans ce monde qui passe.

Un érudit et un homme cultivé

Je me souviens de ses analyses pointues et ciselées d’un grand renard des bibliothèques et qui venait apporter l’éclairage en citant les souches et références. Ce qui étonnait ma personne devant l’immense lecteur dans ses oeuvres. Il ne disait rien sans preuve et sans démonstration dans les débats houleux qui touchaient la politique, le sport, la culture, la tradition…et la sociologie son domaine de prédilection.

De plus je me souviens d’une anecdote racontée par mon frère Bikindou qui m’ a laissé pantois: « un jour il a cité devant mon neveu Luciano ébahi toutes les capitales des pays du monde ». Une sacrée performance! Une bien grande démonstration de l’immense connaissance…. et bien d’autres savoirs non révélés que recelaient ce talent certain. Qu’était notre sympathique et discret congolais. Ensuite, ce qui était remarquable poursuit mon frère, après ses disparitions studieuses, il revenait souvent avec une tête bien pleine des nouvelles. Ce faisait, il brossait magistralement un tableau saisissant de toute l’actualité brulante de l’heure et un portrait attrayant de toutes informations colportées ici ou là et celles recueillies dans les magazines, les romans, les livres…. qu’il lisait, étudiait minutieusement.  Une édifiante séance ou extase intellectuelle qu’adorait mon frère et qui va littéralement lui manquer. Et surtout sa présence et ces d’autres moments de joie, de plaisir, de partage… passés avec un être atypique. Qui était rentré dans l’antre familial. 

Je retiendrai de lui un esprit éclaireur et un épatant intellectuel. Qui fréquentait les bibliothèques et la FNAC. Toujours à recherche de l’information et à la pointe de l’actualité.  Et qui savait dire Non et ne renonçait rien à tout ce qu’il pensait être ses vertus et sa voie dans ce monde. Qui l’a vu naitre, grandir et qu’il a quitté à l’aube de l’enfantement des grandes mutations du siècle. Qu’il suivait avec intérêt particulier, ardeur infini et décrivait amplement avec son pinceau singulier.

Ineffaçable souvenir 

Il restera dans l’autel de mon coeur, un souvenir ineffable d’un homme qui aimait la vie, l’écriture et les livres. Cette vie qui le guidait aussi dans sa vie simple et sans problèmes. Il a laissé à ceux qui l’aimaient ce message d’un frère qu’on demandait toujours et qu’on pensait souvent. Son absence laissera au quotidien un vide abyssal et incommensurable manque d’amour fraternel. Cette douloureuse épreuve de séparation qui me touche, frappe fortement ses proches et profondément sa famille. Notamment son petit frère Ma Ngouala Jean Pierre et sa mère restée si loin dans sa terre natale de Dolisie.

Puisse l’éternel accueillir dans son royaume lumineux l’âme de son fils sociologue dans l’amour et la protection finale. Repos du grand chercheur et sempiternelle paix d’un esprit immortel. Tchao l’Artiste! Ben MIYALOU.

Théo Blaise KOUNKOU: «Mwana Djambala»ou l’écho d’amour unissant

Posté : 14 janvier, 2011 @ 1:27 dans Non classé | Pas de commentaires »

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Théo Blaise KOUNKOU(TBK) n’est-il pas «le gardien EDENIQUE» de la musique Congolaise voire africaine ? Quoique l’on dise, il est sans doute l’un des rares artistes-musiciens ayant transporté outre atlantique et ce, avec fierté la musique congolaise. Son entrée fut fracassante chez «Les Grands As»,- l’orchestre de ses débuts- en lançant son premier tube fétiche dénommé «Amen Ledy». Il dédit cette merveilleuse chanson à son amour de lycée. Un coeur de jeunesse. Longtemps sur les antennes du Radio Congo, l’artiste né devient la coqueluche du moment. Au milieu des années 80, il sort contre toute attente un bijou musical: «Mwana Djambala». Une chanson hors pair qui va chambouler le monde musical. Une originale mélodie qui va accélérer sa carrière. Avec cette chanson TBK devient le musicien de l’unité et de la paix. Nos frères de Djambala singulièrement les BATEKES sont propulsés sur le devant de la scène nationale. C’est la reconnaissance de la puissance et de la splendeur de notre célèbre royaume TEKE qui est soudain portée haut par l’écho unissant de cet sublime chanson d’amour. Mais cet étonnant musicien Congolais a une autre facette musicale. Un auteur qui écrit et chante en français. Cette nouvelle casquette va faire de lui l’un des premiers chanteurs Congolais à composer des chansons en langue de Molière. Des véritables poèmes d’amour qui font de lui le «Rimbaud» Congolais. Avec sa musique qui s’exporte, il va sillonner les quatre coins du continent et va s’installer plus tard en terre française. Actuellement, ce chanteur de charme fait les beaux jours dans «Kekele» avec ses frères musiciens de chemin tels que: Nyboma, Bumba Massa, Ringo Star, Locko Massengo, etc.

Une chanson d’amour et d’unité

En signant cette magnifique chanson, cet artiste d’originaire du sud vient sceller encore davantage ce lien social, fraternel et commercial d’autrefois. Un pacte d’amour qui subsistait dans l’ère des royaumes du passé. A l’image d’un pacifiste convaincu, l’auteur établit le pont entre le nord, le centre et le sud en donnant à la nation congolaise rassemblée l’image d’un paysage familier uni. Où resplendissent les valeurs d’une patrie commune. C’est cette figure que la belle chanson à apporter au-delà de la richesse de la mélodie et du rythme endiablé. Qui coupait littéralement le souffle les fieffés danseurs exhibant avec une folie totale d’amour la dance originale, traditionnelle de nos frères TEKES. Mais aussi et surtout, c’est la grande exaltation de la beauté de la «femme BATEKE», que ce musicien amoureux a amplement dévoilé par le biais de ce tube monumental et historique. C’est toutes ses villes phares -Mbé, Ngabé, Galliéma, Odimba, Ngouabé, etc- où résident nos charmantes « Galifourou» engendrée par ce grand royaume qui seront à la Une à travers cette magnifique chanson.

Très vite ce morceau fabuleux d’inspiration ancestrale est chantonné dans les rues, les lieux publics voire les stades ou l’occasion créant la richesse, les mélomanes reprenait ce refrain envoutant. Mais cette chanson originale sera l’hymne des retraits de deuil du Nord comme au Sud. Lors de kermesses organisées, lors des funérailles et moments de recueillement, cette mélopée fut entonnée par les irréductibles adorateurs qui transformèrent cette dernière en un message d’amour envers les ancêtres. Une forme d’incantation ou d’invocation aux aïeux pour venir apporter leur amour, leur soutien d’aide et de protection.

Ainsi en exaltant ce peuple célèbre par l’histoire glorieuse du roi MAKOKO et de Pierre Savorgnon de Brazza, le symbolique de ce cri intérieur d’amour de l’artiste transformé en chant redonnait au royaume ancien le prestige et le rayonnement ancien. Un retour au passé pour faire asseoir l’autre partie de notre histoire au présent où elle semblait perdre sa beauté et sa lumière éclatante. En somme, un grand et bel hommage du royaume Téké que rend éternellement TBK, ce fils adoptif, à sa famille. Qui ne cesse de manifester à son égard leur amour illimité.

En revisitant, ce hier, à la lumière d’un florilège des belles paroles envoutantes, enivrantes, entrainantes dans un infini monde des mystères d’une tribu unificatrice, TBK a non seulement réveillé nos consciences engourdies mais éveillé nos consciences aussi. Pour faire de la musique l’unique moyen qui adoucie les moeurs. Car l’amour seul uni les âmes et cimente liens séculaires entre régions lointaines. Avec le lien du mariage le sang des ethnies se mêle et forme qu’un dans cette union d’amour interethnique. Et de la nation cet arc-en-ciel où les couleurs miroitantes éclairent le peuple et renforce davantage les vertus d’échange, de convivialité, de solidarité, d’harmonie et d’équilibre. Ces valeurs autrefois qui prévalaient, dominaient dans l’empire Kongo. Et bien au-delà des autres royaumes puissants qui façonnait l’unique Congo.

D’autres morceaux connus

Mais cet artiste dans son inspiration ancestrale ne s’est pas arrêté { cette création musicale profonde. Car au seuil des années 80, sa musique atteint le zénith de la popularité et de la gloire. Un succès éclatant rendu propice par le lancement sur la scène nationale d’un autre tube magistral. « Bibelo ou kanda na kanda ». Un retour aux sources des lieux ou clans d’antan disparus. Une litanie sacrée de la vie traditionnelle dans la région du Pool. Dans le lointain des « Mbongui » de ses villages jaillissants de l’époque. Il replonge le monde musical dans un univers des coutumes et traditions du Sud. Un voyage dans les temps anciens où la tradition Kongo florissante donnait à la nation une coloration de bonheur et de prospérité. Une richesse culturelle qui célèbre l’entente, l’échange, la beauté, l’unité, l’amour, la solidarité, la fraternité….tous ces principes essentiels qui jalonnaient l’histoire de ce peuple authentique, exceptionnel.

De plus, sur le fond de folklore Mbochi, il a composé une merveilleuse chanson intitulée Nyelenga. Un autre cri du coeur qui montre ô combien TBK est le véritable chantre de l’amour et de la cohésion nationale. Artiste sans frontières et sans barrières ethniques. Un artiste atypique qui chante joyeux en parcourant, en explorant l’art musical de toutes les tribus pour le triomphe de la culture et la sauvegarde du patrimoine national.

Le chanteur installé en France va faire un feed-back ou un saut dans le passé des royaumes nationaux en leur habillant le costume de la beauté et de la richesse. Avec cette musique au mélange des racines locales diverses et au rythme venu d’ailleurs TBK devient le porte étendard de la musique Congolaise qui s’exporte, se vend et s’arrache aussi dans le marché continental voire international.

En rencontrant des multiples talents dans l’hexagone, il a fait avec la musique ancestrale une dose de synthèse excellente qui a donné une impulsion nouvelle à la musique Congolaise. Les critiques ne tarissent pas d’éloges pour cet artiste propulsé dans ce vaste monde de la rumba { l’afro-zouk en passant par la musique mandingue, le mbaqanga Zoulou, le reggae, le merengue, le MBALAX ou le folklore et le Soukouss congolais…une pluralité de genre musicaux que l’auteur concocte magiquement dans ses morceaux choisis de grande qualité. Parmi eux on peut citer : Belle Amicha, Nzila ya ndolo, Mouni, Lina essie, Bibelo, Pepe Jolie, Kidiba, Liteya choc, Zenaba, Mbana, Celia, Ça c’est la vie, Sabina, Dovi na gai, Nadia soleil, Chérie A moi, Freedon Spirit, etc.

Mais l’auteur atteint le summum de la gloire avec «Eden»….une chanson écrite en langue française…c’est l’amorce d’un tournant musical remarquable. Qui vient illustrer ce talent indéniable musical, mais aussi sa grande culture, ses connaissances bibliques appréciables. Un érudit dans les nombreux domaines. Une dimension de l’art musical à la croisée des chemins musicaux avec une forte dominance des phrasiers d’essence poétique. Un roman d’amour aux accents lyriques qui charme les mélomanes. De l’intérieur vers l’extérieur, TBK en changeant de registre atteint l’apogée en se hissant au hit parade africain d’antan. Une consécration finale d’un auteur-compositeur et interprète sorti à peine du tréfonds de l’océan musical Congolais.

Le séjour régulier et permanent en terre française fait de ce tenant de la musique multiple un rayonnement incontesté pour le patrimoine congolais enrichi et exporté. Une référence de valeur pour la famille musicale Congolaise sur l’échiquier du marché international. En réunissant ce savoureux mariage des genres musicaux d’horizon divers, le musicien créateur a fait de la musique du pays une écriture, un son, un  rythme et une voix qui communiquent, qui partagent et donnent. Avec cet artiste prolifique, talentueux et chevronné une belle page de notre musique a été écrite et restera à jamais vivante dans l’autel de nos coeurs. Ce visage d’unité et d’amour qu’il a insufflé ces dernières années et qu’il continue de nous faire montre…. et transmettre le message par d’autres créations. Que l’on écoute et danse sans fin. Dans un tournoiement joyeux… et teinté des souvenirs inoubliables.

Voici quelques chansons de TBK

http://www.youtube.com/watch?v=vXdHOrCs1Ng&NR=1 

http://www.youtube.com/watch?v=wwfWpbkR8yc

http://www.youtube.com/watch?v=xk-UNimEi9c&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=Q6Wb_3nOtPE&feature=related

Les vidéos de la musique traditionnelle TEKE

http://www.youtube.com/watch?v=HiIaxNUSpRA&feature=player_embedded#! http://www.youtube.com/watch?v=Ztz4sGJGP_8&feature=player_embedded

Adresse facebook du royaume Téké http://www.facebook.com/pages/Royaume-Teke/10150131678255360?ref=ts

MOUTOUARI Côme Kosmos: la voix d’or d’un talent irrésistible

Posté : 13 décembre, 2010 @ 1:37 dans Non classé | 1 commentaire »

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MOUTOUARI Côme Kosmos: la voix d’or d’un talent irrésistible

 

S’il y a une voix, une musique que l’histoire congolaise retiendra ses cinquante dernière années est celle de son propre fils engendré: Moutouari Côme dit Kosmos. Ce pur créateur de terroir qui continue son unique chemin musical dans le respect des principes de dignité, d’honneur, de délicatesse régissant la profession qu’il adule et aime profondément. Ce discret et atypique artiste congolais issu de la grande école des Bantous de la Capitale. Sous la protection des illustres maitres de la musique Congolaise: le feu Jean Serge Essous et le géant Nino Malapet. 

L’ascension fulgurante 

La montée de ce jeune talent au sein du temple des Bantous de la Capitale fut fulgurante avec son premier morceau «Ebandeli ya mossala». Qui d’entrée de jeu conquis largement le public. Et hisse ce singulier musicien à la voix envoutante au hit parade, au pinacle de la réussite et de succès. D’autres chansons d’anthologie et rentrées dans le champ patrimonial congolais vont connaitre le même écho retentissant, à savoir: Makambo mibalé, Vie privée, Milena, Makiri, etc. 

Dans cette grande famille de la musique Congolaise, il va vite se frayer le chemin au milieu de pléiade et chevronnés auteurs et compositeurs de renom. Qui vont lui prodiguer des précieux conseils et lui donner les ailes pour s’élever plus haut dans l’univers étoilé de la musique phare des années 60. 

Mais le succès appelant le succès, il va se faire connaitre plus vite sur l’échiquier du marché et auprès des mélomanes par le biais du duo fantastique formé avec une autre figure emblématique de cette ère musicale glorieuse notamment: Mbemba Mounka Bingui Yvon dit Pamelo. Avec lui ils vont former un magnifique tandem qui va séduire les mélomanes et drainer le public vers les concerts de l’époque. Où le rythme affolant de la rumba va faire bouger et danser ces milliers des adorateurs. Ce duo magique, sublimé par ces talentueux harmonieusement complémentaires et profusément complices, est resté à jamais vivant dans les cœurs des congolais. Qui ont vécu ces époques effacées de la grande musique dans les «Ngandas» populaires, les bars-dancing. 

Durant cette période de l’école des Bantous de la Capitale, le jeune musicien né le 2 juillet 1944 à Kinkala va apprendre et étudier auprès de ses pères qui vont lui donner la richesse de la musique Rumba pure et toute la beauté de l’art musical, instrumental et orchestral que ces anciens avaient reçu de leurs aïeux. 

Durant cette phase, d’apprentissage et d’expérimentation, le talent né avec virtuosité se fait soudain remarquer par ces multiples compositions. Que le public raffole et fredonne dans les quartiers populaires de Poto-poto, Ouenzé, Bacongo, Makélékélé, etc. et dans les milieux des connaisseurs avertis. Ou ce nouveau venu en respectant la hiérarchie s’est fait accepter dans ce milieu fermé de la musique locale d’autrefois. 

Avec ces beaux morceaux, l’artiste est vite habillé en costard et/ou statut d’auteur-compositeur et interprète. Une trajectoire singulière et originale d’un parolier étonnant. Un chanteur hors du commun doté d’un charme phénoménal et d’une beauté  à la hauteur du talent. Ce jeune musicien discret, cultivé et laborieux. Les nanas de l’époque n’auront des yeux que pour lui et bien d’autres artistes célèbres du groupe. 

L’émergence du trio CEPAKOS 

A l’aube des années 70, il quitte les Bantous de la Capitale et va former avec Ya Nkouka Célestin Célio, Pamelo Mounka le célèbre trio CEPAKOS. Le groupe amorce une rupture d’avec l’école orchestrale Bantou de la Capitale dont il a puisé ces racines musicales. Cavalions seuls dans le monde musical hostile de l’époque, ces  musiciens réunis vont créer le buzz dans l’univers orchestral dominé par les Bantous. « Ba kolo mboka ». Avec eux  le fameux «Tcha tsibi, Tcha yala » devient le dicton ou aphorisme célèbre que les « Kembos» et les supporters de Diables noirs vont populariser et scander à l’infini… 

Malgré quelques anicroches de chemin, ce groupe novateur reçoit un accueil chaleureux auprès du public. Elu domicile à Bacongo, cet orchestre va trouver une place de choix, de promotion et de développement. Dans ce quartier où le sport et la Sape jouaient déjà des rôles majeurs et occupaient aussi une agora de prédilection. 

Dans ce nouveau milieu Ya Kosmos devenu l’un des fondateurs s’affirme prépondérant en lançant sur le marché des tubes qui vont faire fureur au niveau national. Ainsi les chansons fétiches comme « Accident ya Peuple, Kamouiya, Fanny BB, Madou Séssélésé, Balle à terre, Lettre ouverte,... et bien d’autres vont donner au jeune chanteur d’alors une carrure musicale impressionnante. Dans cette ère nouvelle le duo célèbre va continuer d’envouter et d’emballer les mélomanes des quatre coins du pays. 

Au bar Macedo à Bacongo où le groupe se produira chaque Week-end devient le temple de la musique congolaise. Un orchestre composé des musiciens d’horizons divers et de grands talents. Ce groupe connaitra un succès populaire par la variété musicale et incontestable des artistes aux multiples casques. Parmi eux on pouvait citer: Moumpala, Mick Michel, Mimi Mwana Pose, Kimbolo  Clotaire,… ces musiciens assermentés et d’autres qui avaient donné à l’orchestre Le Peuple ses titres de noblesse.    

Une autre dimension musicale 

Mais au début des années 80, Ya Côme sous l’impulsion du grand guitariste de l’époque Master Mwana Congo va sortir son premier disque en France. Un nouveau défi et un nouveau tournant pour ce prodigieux musicien. Sa musique prend une dimension continentale et sera considéré comme le « Tino Rossi d’Afrique ». 

Cet étonnant érudit se fait remarquer par le timbre vocal riche et les thèmes musicaux élaborés, recherchés. A ce propos, l’éloquent musicien disait lui-même lors d’une interview à la radio Congolaise: « S’agissant de la voix, il y a certaine chose que je ne fais pas pour bien me contenir… Pour la musique,…. il faut tenir compte du marché du moment, la mélodie et le rythme…et c’est justement cette symbiose, cette synchronisation qui fait la force du morceau…». 

Dans cette merveilleuse aventure musicale Ya Côme nous amène dans un sublime univers musical teinté de moralité, de camaraderie, de rassemblement, de solidarité, de liberté, de coutumes, de mœurs… de déception et de disparition aussi. Mais surtout de spiritualité. Cet artiste dans la lumière transmet à travers ses chansons un message de vérité et de sagesse. Une vibration musicale très élevée. Ce sage musicien en revisitant la culture et la tradition Congolaise écrit une magnifique chanson qui est resté et restera à tout jamais dans les annales de l’histoire nationale. Un conte fabuleux chantonné qui relate les origines, l’épopée des « Kongos », des fameux « Mvila » que composent la riche tradition de la nation. Je cite : « Ba tâ Mbiemo ». Ce tube célèbre qui demeure à tout jamais graver dans la mémoire collective. 

De plus, il nous a entrainés dans sa profonde caverne intérieure nimbée des sentiments, des pensées,… de ses rêves. Une immersion sans fin dans sa vie privée où son âme secouée par les écueils passagers distillait un cri intérieur dans lequel chacun trouvait un puzzle de sa vie. A ce sujet les chansons tels que: Tabali, Ba Camarades, Liberté…expriment merveilleusement cet univers constellé de ces morceaux choisis. Et son mot préféré de la langue  française «Terrible !» revient sans cesse dans ses chansons comme pour repousser le sort, s’armer de force et donner à ceux qui l’aiment le gout, l’envie de savourer davantage ses mélodies. Et de voyager avec lui dans un monde musical d’amour et d’espérance où il invoque continument le Dieu éternel et le «Mama wa Ndombi» dans la pure tradition Kongo. 

Mais ces connaissances ne se limitent point à la tradition. Elles se déploient dans le champ infini de la vie où il a écrit un chef d’œuvre de grande qualité d’écriture. A savoir: « les étapes de la vie ». Une chanson qui synthétise les marches de l’existence et qui représente toute la quintessence de sa création musicale. Et qui montre à l’évidence que Ya Côme est à contre courant des auteurs compositeurs de son temps. Il est incontestablement l’un des musiciens le plus doué de sa génération. Un brio auteur de la vie, de l’amitié, de la fraternité, d’unité, d’amour….si profondément spirituel. Un messager à la voix d’or dans ce monde qui passe… dont il laisse et laissera à tout jamais l’éternel l’écho. Celui d’un artiste fécond qui aime la musique de l’âme…celle qui donne sans compter et sans réserve. Un pilier scintillant d’une musique congolaise monumentale qui ne mourra jamais. Il importe à notre riche nation de sauvegarder le trésor et bien d’autres, en péril, qui sont menacés. Et aux jeunes musiciens d’aujourd’hui d’aller puiser dans cette source intarissable les germes de possibles qui conduisent au firmament de la musique. Non subliminale. 

Voici un des morceaux : 

Musique : Tabali - Auteur : Kosmos Mountouari

«L’Autopsie d’un chef d’œuvre: Mémoires de porc-épic d’Alain Mabanckou»

Posté : 8 août, 2010 @ 4:52 dans Non classé | 2 commentaires »

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    A la lumière du legs des ancêtres et de leur sagesse millénaire, «Mémoires de porc-épic »(1) est un roman pluriel qui intègre les faits et notions historiques, mythologiques, anthropologiques, sociologiques, philosophiques voire psychanalytiques. Une fable énigmatique qui expose les pouvoirs insoupçonnés et les qualités intrinsèques dont un animal regorge dans son intériorité inaccessible. Un récit aux contours métaphysiques et d’inspiration animiste qui illustre à l’évidence l’autre visage de l’être humain. Un conte prodigieux sublimé par les personnages, ô combien, époustouflants.    

                        Truculent et picaresque

       L’auteur, de «Verre cassé », au style épatant, au rythme affolant d’un torrent impétueux, accouche avec « Mémoires de porc-épic » un roman original et singulier. Original par la qualité du sujet. Qu’il aborde en reprenant les croyances, les fables, les mythes, les légendes, les contes, les histoires africaines tout en les approfondissant. Une touche personnelle remarquable qui redonne aux us et coutumes africaines une coloration morale et supérieure. Singulier, car Alain Mabanckou va au delà de la conception animale même. Il brasse le singulier de l’animal et le pluriel de l’homme africain. Son coté matière et mystico-spirituel. Dans cette forme de mémoire vive, le couple ou le tandem facétieux s’exprime, s’analyse et se développe à travers les songes, les signes, les gestes, les actes, les proverbes, les maximes des anciens. Ce récit insolite est une exploration dans le monde endogène d’un rongeur crée par les connaissances, les souvenirs, les histoires, les vies. Et où la métaphore et le symbolisme malaxés donnent à la mémoire fiable de l’animal une  image ébouriffante.      

       Alain Mabanckou repense la tradition orale africaine en mettant ses propres couleurs sur cette toile ou patrimoine culturel ancestral. Le poète montre la relation originelle de l’homme et l’animal si intimement liée. A l’antipode des anciennes traditions, l’auteur modifie les règles communément admises par des éclairs jaillissants de son écriture culminante, enluminée d’humour «Congolisé » dans le noble art. L’auteur donne la parole à l’animal. Il conte la relation particulière de porc-épic de 42 ans avec le Baobab, l’arbre de résipiscence dans lequel il se refugie. « Je me suis dit que c’est là que je m’abriterai, je veux en fait tirer profit de ton expérience d’ancêtre… » (p.43). « Je ne regrette qu’une chose, c’est de ne pas entendre ta voix à toi, mon cher Baobab… » (p.214). Et il parle de la continuité de la vie de l’animal après la mort de l’homme. « Je vis encore, je ne suis pas mort, nom d’un porc-épic » (p.37). À la réputation de porc-épic jugé animal indolent, inactif, l’auteur lui donne une âme cultivée. Un esprit agissant qui s’initie aux écritures saintes, à la bible, au coran. «…j’ai donc parcouru ce livre de dieu, des pages entières, très palpitantes et pathétiques… » (p.22). De la haine à l’amour en passant à la pitié, l’âme de l’animal s’humanise. Il parle de la compassion,  du pardon« j’ai versé des larmes » (p.180), de l’amour. « je voudrais par exemple rencontrer une bonne femelle…pour faire des petits avec elle… » (p.220).       Le porc–épic est le double humain de Kibandi le charpentier. « j’ai moi-même été longtemps le double de l’homme qu’on appelait Kibandi… » (p. 11 à 12). Un alter égo. Et un esclave de l’homme astreint à satisfaire ses besoins et désirs de folie archère. C’est un serial killer dans la conception occidentale. Il est doté d’un esprit maléfique qui manifeste des actes passionnels instigués par les pulsations négatives. Et poussés par ce double nuisible plutôt que par le double pacifique. Ces actes commis dans l’invisibilité et l’impunité totale. En rejetant par-dessus bord les droits universels de l’animal qui régissent le monde de la brousse dont il était initié de prime abord par le grand chef de porc-épic, il s’élance sous l’injonction du maitre à une série de meurtres mystérieux ou kyrielle des crimes magico-macabres invisibles tachetés de haine viscérale et de jalousie maladive. De Kiminou à Youla  en passant par Amédée , les piquants blessent à mort. Sauf à l’étape ultime où l’implacable destin des jumeaux invincibles Koty et Koté marque la fin.  « Ceux-ci avaient capturé l’autre lui-même de mon maître.. » (p.207). « Kibandi s’écrouler par terre comme un vieil arbre abattu d’un seul coup… » (p.209).  A l’heure fatidique où le compteur des crimes perpétrés à Séképembé dans l’ombre de la nuit marque le chiffre de quatre dix neuf morts. Ces crimes enregistrés dans son escarcelle machiavélique garnie par les pratiques de la magie noire, de la sorcellerie.         

                        Œuvre initiatique 

       Ce roman n’est autre qu’une œuvre initiatique dans la vision et croyance aux forces de l’esprit fort exaltées par les aïeux africains. D’emblée l’auteur évoque la mission, le travail  de porc-épic« j’étais le troisième œil…du maitre » (p.14). En outre, il parle de Kibandi le charpentier comme un véritable initié : «…Ce fils de Dieu, il était un initié comme mon maître… » (p.23 à 24). « … l’esprit du double pacifique quitte le corps du vieil homme pour s’infiltrer dans celui du petit être, l’initié se consacrera à faire du bien… » (p.16). « …le breuvage initiatique appelé mayamvumbi, l’initié le boira régulièrement afin de ressentir l’état d’ivresse qui permet de se dédoubler, de libérer son autre lui-même… » (p.17). L’auteur met en exergue la dualité de deux natures qui composent l’homme. Supérieure et inférieure. Divine et démoniaque. En effet, chaque être est formé d’un côté positif et d’un côté négatif. Humain et animal. C’est le deuxième coté qui est ici mis en lumière par Alain Mabanckou pour expliciter les mémoires de porc-épic. La vie imperceptible de cet animal dans les régions non spirituelles de l’âme. C’est une immersion dans la vie intime. D’un porc épic qui quitte le monde animal. « Comment j’ai quitté le monde animal » (p.45). De l’involution à l’évolution. Un parcours initiatique séculaire qui va du monde végétal au monde humain en passant par le règne minéral et animal. Une étude intérieure de l’animal qui est explorée par l’auteur en filiation avec l’homme le « maitre ». Dédoublé. « …d’un côté c’était comme un porc-épic, je vous dis, et de l’autre, c’est bizarre, c’était même pas comme un porc-épic, je veux dire, c’était un animal étrange, il m’a regardé comme un homme pourrait regarder un autre homme, et il m’a montré son derrière avant de disparaitre dans l’atelier du charpentier, je vous jure que je n’ai pas rêvé, croyez-moi » (p.189 à 190).Une forme de sortie de corps dans les traditions lointaines africaines. « je peux être à la fois moi-même et l’autre moi-même qui est couché…Il saisit le gamin par la main droite, le rudoya presque, la porte demeura à moitié fermée, ils disparurent dans la nuit… » (p.80 à p.81).Particulièrement, le roman condense les fabuleux contes et histoires africaines crées et vécus par les anciens et aujourd’hui appliqués dans certains Etats africains ou pullulent les héritiers de ces pratiques anciennes.      

       L’auteur explique le lien symbolique de l’Homme qui prend « l’habit » du porc-épic. Et de  cette liaison fusionnelle. « Je ressentais en moi le liquide qu’on venait de faire boire au jeune Kibandi… » (p.59). « …Je respirais le souffle qui lui revenait, j’étais lui, il était moi… »(p.59 à 60).C’est l’invisible du visible qu’Alain Mabanckou fait ressortir dans son roman d’imagination qui frôle l’irrationnel tout en restant dans la raison raisonnante. « …quand cette créature sans bouche, sans oreilles et sans nez était rassasiée, elle ne quittait plus la dernière natte… » (p.191). L’histoire vraie est relatée avec les faits et crimes des personnages nommés et localisés. Mais qui dans la vie active n’existent guère par ce qu’ils sont dans certaines traditions ou cultures du domaine de rêves et de la pure fiction. Et dans d’autres civilisations des apologues à connotation lyrique, immatériel et fantasmagorique. C’est ce savant mélange du réel et de l’imaginaire qui est ici décrit dans les méandres et les dédales du monde inconnaissable, impénétrable  africain. Que l’auteur du «Verré cassé » a concocté dans cette œuvre à la fois envoûtante et transcendantale. 

                        Secrets révélés       

        Alain  Mabanckou  a implicitement  révélé des secrets et dévoilés les mystères cachés dans les rites ancestraux et les symboles éternels de nos ancêtres depuis les temps immémoriaux. « C’était moi qui essayais de dévoiler aux autres le sens caché des paraboles et des symboles du vieux porc-épic » (p.67). Explicitement, il écrit un ouvrage de transmission de valeurs, de savoirs et de connaissances séculaires. Un vibrant hommage aux fables, aux proverbes africains. Les fables : « Le Rat de ville et le Rat des champs » (p.64). « L’hirondelle et les petits Oiseaux » (p.65).Les proverbes: « Si tu veux que Dieu se marre, raconte-lui tes projets (p.24). «…ce n’est pas parce que la mouche vole que cela fera d’elle un oiseau » (p.26). « Quand on coupe les oreilles, le cou devrait s’inquiéter » (p.29). « A forcer d’espérer une condition meilleure, le crapaud s’est retrouvé sans queue pour l’éternité » (p.39). « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde toujours le doigt » (p.49 à 50). « Le tambour est fait de la peau du faon qui s’est éloigné de sa mère » (p.52). « Le poisson qui parade dans l’affluent ignore qu’il finira tôt ou tard comme poisson salé vendu au marché » (p.54). « Et nous ne croyons le mal que quand il est venu » (p.66).« Vous ne comprendrez rien à rien, seul le vieux sage peut entendre le criquet éjaculer » (p.67). « Les petits du tigre ne naissent pas sans leurs griffes » (p.70) et (179). « Un animal averti en vaut deux » ; « Et si vous voyez un sourd courir, mes petits, ne vous posez pas de questions, suivez-le car il n’a pas entendu le danger, il l’a vu » (p.71). « L’orgueil ne donnera jamais de logis à un vagabond » (p.74). « Assieds-toi au pied d’un baobab et, avec le temps, tu verras l’Univers défiler devant » (p.149). « Qu’un lâche vivant vaut mieux qu’un héros mort » (p.187). « A chaque jour suffit sa peine » (p.217). Un manuel pratique qui livre des conseils précieux dérivés du monde de sages Africains. Le fameux Tipoye ou « L’épreuve du cadavre qui déniche son malfaiteur…, c’est un rite répandu dans la région…» (p140). Des enfants sacrés et protecteurs: « Ne surtout pas s’attaquer aux jumeaux » (p.193). Le sorcier avant de manger cherche toujours un mobile : « il cherchait en fait l’alibi » (p.192). Et des conseils venus du monde des sorciers: « une noix de palme s’échappa de son anus » (p.103). -Un stratagème pour échapper à l’œil invisible du voyant-. Ou le fait de montrer sa nudité pour lancer l’anathème : « montre sa nudité en signe de malédiction lorsque les jeunes lui manquent de respect, et ces jeunes détalent par ce que voir un tel spectacle vous maudit pour l’éternité » (p.183). Autrefois les animaux vénérés et divinisés servaient de guide, de passage et de communion avec le monde des morts. Ces animaux furent les antennes médiumniques et des intermédiaires pour pénétrer dans l’autre monde et le monde présent des vivants. Ils lisaient les pensées des hommes. « Ils ignoraient que je comprenais le langage des humains, j’ai donc déjoué leur plan… » (p.197). Ces vérités jadis étaient l’apanage, le privilège des initiés reçus dans les chefferies de palabres, d’échanges et redistribution de vertus pour acheminer droit vers les hautes sphères de paix, d’amour et de fraternité. 

        Ce livre est donc une œuvre spirituelle dans la compréhension de l’essence de l’Homme dans sa quête perpétuelle de lui-même et dans le sens donné à sa vie profonde. Avec les souvenirs de porc-épic, Alain Mabanckou a présenté au monde le reflet de l’image véridique de l’homme à travers le miroir de l’âme animale.      

       L’auteur  traverse les frontières de l’irréel avec ses personnages récurrents: le baobab, le porc-épic, les kibandi et l’autre lui-même. Il relate monde des morts et celui des revenants. « Dans la cour nous avons vu le nourrisson Youla que nous avions pourtant mangé, il semblait en pleine forme… » (p.207). La réincarnation dans la conception africaine. « il voyait la tête du nourrisson Youla à la place de celle du jumeau qui lui serrait la main » (p.203).           

        Un roman qui touche aussi la sorcellerie dans certains milieux obscurs, obnubilés par la matière et influencés par le mauvais…Une histoire d’un père sorcier qui transmet ses pouvoirs maléfiques à son fils. Grâce à la potion initiatique ou vin des morts « Mayamvumbi», il est initié à manger les gens en se métamorphosant en porc épic: « C’est lui qui a mangé la fille, il est membre d’une association de nuit dans son village Siaki » (p.101).  « C’est toi qui as mangé Niangui-Boussina, c’est toi qui l’a mangé, tout le monde le sait » (p.94).  « J’ai reconnu la famille Moundjoula qui avait été à l’origine de la mort de mon maître, il y avait leur deux enfants, les jumeaux Koty et Koté » (p.34). « …ce jeune lettré qu’on appelait Amédée et que nous avions mangé … » (p.152). « Alicia était peut-être une initiée, un être humain qui avait été mangé par son propre double nuisible » (p.160). « … je pourrais consacrer une année entière à t’en parler, nous avons mangé par exemple le jeune Abeba…» (p.188). « …tu vois bien ce type couché, hein, ces derniers temps il a de plus en plus faim, …..il doit manger, ce type, sinon nous payerons, tu ignores que chaque fois qu’il a faim, c’est moi qui endure tout » (p.186).  « nous avions commencé à manger les gens pour un oui ou par un non, parce qu’il fallait bien nourrir l’autre lui-même de mon maître… » (p.191). Ce monde souillé par les flux ténébreux non dérivés de l’individualité salvatrice. « Tout se paye ici-bas, finalement ce malfaiteur de Kibandi est mort, qu’il aille en enfer » (p.34). Un monde luciférien. Ce diable qui célèbre le satanisme et charlatanisme dans l’obscurantisme total de l’esprit.            

        Loin de cet univers du mal, les annales de porc-épic se bornent à montrer lumineusement la vision idéale, constructive, pacifique et suprême de l’animal. «  …et alors, devenu père, je raconterai à ma descendance la vie et les mœurs des hommes, je préviendrai cette descendance contre tout destin qui ressemblerait au mien… » (p.230).  «…le tout c’est que je puisse consacrer le temps qui me reste à faire du bien, rien que du bien, à me transformer peut être en double pacifique…» (p.221). Que l’être humain porte en lui dans sa réalisation de vie matérielle, sentimentale…Mais sous l’empire des pensées meilleures et actes nobles, sublimes. 

(1)    Ce roman a été couronné en 2006 par le prestigieux prix Renaudot. 

(2)   Mémoires de Porc-épic, Alain Mabanckou. Le Seuil Paris 2006,228 pages, 16,50 euros

(3)    Mémoires de Porc-épic, Alain Mabanckou. Points Paris, 6,50 euros.                                                     

Un poète africain est né

Posté : 30 mai, 2010 @ 3:18 dans Non classé | 2 commentaires »

Y

Dame DIOP vient de mettre au monde son premier enfant «littéraire » après un flot    ininterrompu de multiples pamphlets politiques publiés dans le net et les journaux de son  pays natal. D’origine Sénégalaise, l’étudiant signe chez Edi livre un excellent et savoureux recueil de poésie qui retrace sa vie. Un ouvrage autobiographique aux accents africains et aux couleurs hexagonales. Une pérégrination qui met en lumière l’homme pensif en symbiose avec la nature naturelle dans sa réalité exubérante. Une trajectoire intime, lyrique et pudique qui conduit aux confins de la vie et aux cimes inconnues de la mort.    

L’auteur nous relate en vers libres sa relation profonde avec sa mère emportée dans l’au-delà supérieur. Cette mère complice et attentionnée morte à la fleur de l’âge. Dans un monologue ponctué de cris, de pleurs, de larmes, de souffrances et de joies, il nous entraine au tréfonds de son âme meurtrie et blessée. Emporté par les tumultueuses vagues de solitude de l’océan terrestre, il médite, soliloque, dialogue, communique, échange avec l’esprit vivant de sa mère dans l’autel de son cœur. Une forme de relation  médiumnique que l’auteur chagriné entretient avec cette âme immortelle. Dans ce tête- à-tête invisible avec celle qui incarne l’arbre de vie, Dame DIOP symbolisant la fleur nous livre ouvertement ses pensées, ses sentiments, ses passions, ses rêves depuis l’aube de sa vie dans la ville de Rufisque jusqu’à la métropole. 

 Un style limpide   

C’est un recueil poétique dual qui synthétise sa vie d’alors et celle d’aujourd’hui en terre française. D’où l’étonnant et atypique titre : « Les rêves de la fleur suivis du regard d’un homme émotif ».A la lecture minutieuse de l’ouvrage, un sentiment unique se dégage de ce florilège, écrit dans un style simple, limpide et agréable à lire: un poète africain est né dans le sillage de Senghor et dans la sublime pensée poétique de Verlaine.

  » Un poète est né
Hommage à Senghor
Chantre de la Négritude
Et gloire à Verlaine
Prince des poètes
Dans la versification libre
L’Afrique chante
L’arbre depuis l’au-delà supérieur
Savoure la victoire
De sa plus belle fleur épanouie
Qu’elle a tant aimée
Et présageait l’avenir radieux
Déjà  à la métropole
comme un messager
De la nature
Et du temps qui passe ».   

L’auteur né écrit, d’emblée, «  Le réveil » (p.25) en pensant à l’arbre rayonnant:  

 Nous sommes seuls

L’arbre, fleuri, parfumé 

Tomba au milieu du printemps, Aux premières lueurs

 Du jour. 

L’œil du Maitre   

L’éminent professeur Marc Marti résume l’œuvre achevée de son disciple en ces termes : « les rêves de la fleur disent la simplicité, les sentiments, l’amitié, l’amour, la douleur, la peur ». Et de poursuivre: « le naturel des images nous fait revenir aux origines…la fleur a grandi. Elle devient politique, elle s’éloigne de l’arbre. Le monde de la matrice s’efface et laisse quelques nostalgies, des parfums » (p.10).  «Le regard d’un jeune homme émotif continue le voyage. La fleur a laissé la place au « je »… Les poèmes disent le souvenir de ce qui fait murir » (p.10). Dame DIOP, en foulant la mère patrie, il découvre avec son regard africain l’âme de la citée phocéenne (p.116) et la beauté de Nissa la Bella (p.117). Les vers d‘hier imbibés de sève de l’arbre renaissant laissent la place aux envolées politiques et sociales, orientées par un engagement intellectuel pour  combattre l’injustice sociale. La tendre nostalgie se mêle à la douleur du deuil d’hier. L’exil envahit sa création poétique et le claquemure dans une nouvelle vie estudiantine jonchée de joie, de doute, de peur et d’incertitude aussi. Le jeune émotif s’éloigne de l’ancien univers constellé d’étoiles de rêves et jalonné de sublime source d’inspiration profonde. L’auteur cesse d’être en syntonie avec l’entité maternelle dans sa rêverie éprise. Dans cette métamorphose ou changement de prisme éclairant l’âme de la fleur, le professeur conclut:« son identité et ses passions se révèlent à lui-même et au lecteur » (p.11). Comme la mue…l’arbre à donner ses racines, sa sève, ses fleurs. Les fruits ont généré d’autres plantes et d’autres fleurs…Tel est le sens profond de la vie du donner et de recevoir…et surtout de la vision idéale de naitre et devenir soi-même. Dans l’identification et l’affirmation. 

La voix d’une amie  

Mais l’œuvre méditative de Dame DIOP est aussi une thérapie et une libération totale de l’âme éplorée, frappée par une douleur épreuve de séparation avec sa mère. Celle qui représentait tout, qui symbolisait tout et idéalisait tout. A ce propos son amie souligne fort justement : «  Je comprends ce besoin d’écriture comme exutoire à un profond traumatisme que fût le décès de ta maman et je ne peux que le saluer. J’espère sincèrement que cette “thérapie” fût libératrice pour toi et que ce deuil si douloureux a pu s’achever. En attendant cette publication, bravo pour le courage d’avoir couché sur papier les plus intimes ressentis de cette pénible épreuve ».     

Dans le même ordre d’idées, j’ajoute sans ambages: « Bravo! Dame DIOP. Vous êtes incontestablement l’héritier poétique de Senghor. Veuillez continuer à fleurir en pensant à votre arbre d’amour infini et d’inspiration incommensurable. Que tous les baobabs et sages d’Afrique vous aident dans cette gigantesque œuvre de création poétique. Une porte lumineuse vient d’être ouverte par le biais de ce joli récit venu des recoins insondables des régions lointaines et mystérieuses de votre monde, de votre rêve intérieur. C’est un ouvrage de régénération et de rénovation rédemptrice. Un antidote et un baume qui guérissent vos affres, vos souffrances, vos douleurs et vos peines invisibles exprimées, ressenties, vécues en l’absence de celle qui a été et restera à tout jamais votre source intarissable: votre tendre et aimable mère déjà de l’autre coté de la rivière éternelle…».   

Dictionnaire des œuvres littéraires Congolaises

Posté : 5 mai, 2010 @ 3:40 dans Non classé | 7 commentaires »

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 «Dictionnaire des œuvres littéraires Congolaises» tel est le titre du nouvel ouvrage de l’écrivain Noel Kodia Ramata (NKR). Il signe un livre de référence et de qualité indéniable qui vient apporter un nouvel éclairage dans la compréhension du paysage littéraire congolais peuplé d’une pléiade des écrivains connus et ignorés.          

 Dans cet ouvrage panoramique, l’auteur exhume les œuvres des écrivains disparus dont leurs personnages encore vivant dans la mémoire collective continuent de nous parler, de nous accompagner, de nous guider et ensuite il sort dans l’ombre de la nuit des œuvres des écrivains inconnus dont la plume scintillante mérite leur place de choix au panthéon, au musée de la littérature congolaise rayonnante.      

En effet, il montre d’abord l’itinéraire suivi par la littérature Congolaise et ensuite, après un bref rappel historique et culturel, l’auteur procure au lecteur une présentation du Congo suivie d’une série de repères chronologiques, annexes et index des auteurs. Singulièrement, il insère une bio-bibliographie des auteurs cités, il établit les morceaux choisis des dix premiers grands romanciers et nouvellistes et introduit quelques articles publiés dans divers magazines.    

     Mine d’or    

Ce faisant, il fait un voyage dans le temps en montrant l’historicité du phénomène littéraire Congolais dans sa globalité. Dans cette relecture et odyssée intérieure de la littérature congolaise, l’auteur nous fait découvrir des véritables chefs d’œuvres de notre patrimoine enfoui dans les méandres de l’oubli et nous fait plonger dans les profondeurs des eaux miroitantes où demeurent les magnifiques livres des anciens qui ont donné à la littérature congolaise ses lettres de noblesse. A ce sujet le Préfacier Jacques Chevrier parle de « gisement » que Noel Kodia nous convie dans son Dictionnaire des auteurs et des œuvres Congolais dont la production s’échelonne de 1954 à 2005 (p.9). Avec cette extraordinaire fouille romanesque, NKR extrait de notre terreau fertile les mines d’or d’une culture infinie, éternelle qui regorge encore des livres oubliés et des mystérieuses œuvres anonymes.     

     Perspectives évolutionnistes  

Du père fondateur jean Malonga à Tati Loutard en passant par Sony Labou Tansi et d’autres, l’écriture congolaise s’est aiguisée, développée au fil des âges et des apparitions des romans, des récits, des nouvelles qui relatent notre monde et tous les visages qui le composent, toutes les peines qui les assaillent et les joies qui les habitent. Les romans et récits congolais sont en général le reflet de la société dans laquelle ont évolué ou évoluent leurs auteurs (p.19). Ils racontent aussi nos us et coutumes et transmettent la culture à d’autres peuples du monde dans un langage parfois « décalé» dérivé de notre monde coloré. Au niveau de l’écriture se remarquent la congolisation de certains mots français et l’utilisation ou la francisation de quelques expressions et mots du vocabulaire du terroir (p.45). Une écriture façonnée, ciselée par les mots et les images issus de l’intériorité du créateur lui-même dans sa folie singulière qui bouleverse les normes littéraires existantes. A ce propos NKR souligne fort justement:« En bouleversant la technique traditionnelle soutenue jusque-là par la majorité des prosateurs congolais, Sony Labou Tansi, Henri Lopez et Tchicaya U Tam’SI peuvent être considérés comme les nouveaux romanciers de notre pays (p.20).         

De plus, cette singulière écriture est venue de l’âme et de l’esprit… Le tout baigné dans un univers alambiqué, symbolique et métaphorique qui domine la création littéraire et artistique. Une invention qui frôle à la fois la dérision, l’illusion, la critique, la morale, le surnaturel… et la foi noyée dans la raison qui déborde. Une philosophie romanesque à la croisée des chemins lyriques propres aux africains et des sentiers ou courants littéraires venus d’ailleurs. Un enrichissant mélange, national et universel, habite incessant les talentueux et incontournables romanciers et nouvellistes congolais d’hier et d’aujourd’hui vivant à l’étranger.        

Tous les auteurs du temps écoulé et d’aujourd’hui se retrouvent au carrefour des faits socio-politiques et se séparent dans la conception de la vie, de la mort, de l’amour, de la beauté, de la maladie… et vision même de la guerre, de la liberté, de la démocratie et du développement. Ces thèmes majeurs que les prosateurs congolais aux styles multiples ont développés durant une cinquantaine d’année pour laisser au monde leurs œuvres singulières.       

    Echantillon d’écrivains

A cet effet, l’auteur cite dans son recueil: «  Afin que tu te souviennes d’Emilie Flore Faignond (p.56);  Au-delà des mots de Gaspard Kindemba (p.73) ; Au plus près de Brazza de Michel Odika (p.74) ; Calvaire d’Elise de Valette Bizol’ Ntim (p.99); chemins croisés d’Aphonse Nkouka (p.113); Chômeur de Brazzaville de Pierre Biniakounou (p.118); Cœur en exil de Jeannette Balou Tchitchelle (122) ; Le Pacte des Contes de Philippe Makita (p.317); La piste des gorilles d’Azaad Manté (p.330); Saison des criquets de Ferdinand Kibinza (p.349); Le Triomphe de Magalie de Calissa Ikama (p. 390); La Vache laitière Miroir du sous développement de Noëlle Bizi Bazouma(p.393) ; … »         

Avec ce dictionnaire NKR présente un manuel didactique qui sert de base et de référence   aux chercheurs, aux enseignants, aux élèves, aux étudiants et finalement il servira, à celles et ceux qui aiment lire, de bréviaire littéraire, de vade-mecum où ils découvriront à chaque page une lettre correspondante à un titre de roman d’un écrivain qui lui amènera dans son propre univers imaginé.           

En somme, il nous livre les secrets du patrimoine culturel congolais dans sa variété, sa singularité et sa diversité. Un excellent condensé littéraire d’une grande richesse qui aide à comprendre et à saisir les auteurs qui le composent et qui nous accompagnent inexorablement dans notre vie et qui sont les témoins éloquents de notre l’histoire et de notre société qu’ils ont su photographier, relater, conter, exprimer et transmettre avec une maitrise de bon aloi et talents certains. Enfin, ce dictionnaire est une occasion pour immortaliser les grandes figures de notre littérature qui nous ont quittés (p.26)     

    L’avant-garde

 A travers ce gigantesque travail de recherche minutieux et d’orfèvre à fortiori, NKR donne l’image de sa personne généreuse et affable. Il transmet, à foison, la moisson d’une littérature congolaise d’avant-garde et bâtisseuse. Une fécondité et prolifération des œuvres monumentales qui ont donné au monde les flammes lumineuses issues d’une ribambelle d’écrivains chevronnés et bouleversants. A l’image de Guy Menga, d’Henry Lopez,  Emmanuel Bounzéki Dongala, de Jean Baptiste Tati Loutard, de Sony Labou Tansi , Daniel Biyaoula et d’Alain Mabanckou, ces grandes figures emblématiques de notre chère littérature incandescente qui ont su hisser le drapeau congolais au firmament de l’histoire de la littérature mondiale et qui ont par ce fait décrocher des prix littéraires prestigieux pour donner à l’écriture Africaine francophone, l’image coruscante que l’on attend d’elle.          

Cette consécration manifeste est née à l’aube des années 60. L’auteur précise en ces termes : « les prosateurs congolais se sont surtout fait remarquer à partir de 1969. Des nombreux prix leur seront octroyés… » (p.23).        

En somme, c’est une littérature originelle construite autour de la « phratrie » congolaise dans l’inspiration et la création communes. Une philosophie du groupe, à l’image de nos valeurs pérennes, qui a su élever l’écriture congolaise et modeler ses œuvres en lui donnant une dimension fraternelle et universelle.   Il apparait amplement que la prose narrative congolaise de l’époque 1954 à 2005 considérée comme le premier âge d’or, reste la meilleure incontestablement dans le mélange et le foisonnement, dans  la fécondité et la diversité des ses auteurs talentueux et fort reconnus par leurs styles épatants.   A ce sujet, on peut affirmer ensemble avec Alain Rouch et Gérard Clavreuil lorsqu’ils jugent de manière laudative la littérature congolaise abondante par ses lignes:   « la littérature congolaise compte actuellement parmi les meilleures, les plus prolifiques et les homogènes d’Afrique noire » et plus encore avec Roger Chemain lorsqu’il précise que le Congo: «compte le plus fort pourcentage d’écrivains par rapport à l’ensemble de la population » (p.18).        

Afrikibouge

Posté : 27 mars, 2010 @ 3:50 dans Non classé | Pas de commentaires »

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Aujourd’hui, un rêve panafricain germe
 
Dans les jeunesses noires  
 
Loin des vagues nébuleuses d’utopies. 

 Sous le voile teinté d’avenir radieux,
 
Une Afrique positive bouge
 
Et s’ouvre vers les mers universelles.  

Cette Afrikibouge renoue avec le passé
 
Et tout le legs lointain
 
De ses royaumes défaits et ethnies ignorées.  

 Elle exalte le glas de ses chaines déliées
 
En sacralisant la rupture
 
Dans le refus du joug colonial et postcolonial. 

 L’Afrikichange enterre les siècles de sujétion
 
Son âme retrouve sa propre culture,
 
Sa vision de la fratrie, de la vie et de la mort.   

Cette nouvelle génération célèbre
 
Dans la joie, l’amour et la fierté reconquise, 
 
Les riches pages de l’histoire galvaudée. 

La jeune Afrique s’élève sur des pierres imposées
 
Elle fait de sa libération totale
 
Le mythe fondateur de sa renaissance.  

Elle caresse le rêve irénique,
 
Son esprit prône l’humanisme pluriel
 
Dans l’unité, l’égalité et la paix entre les peuples.  


L’EUROPE ESSEULEE

Posté : 2 mars, 2010 @ 4:38 dans Non classé | Pas de commentaires »

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         L’Editorial  d’Yves NKODIA    


L’Europe en perte de vitesse est distancée dans la course de leadership  qui l’oppose avec l’Amérique et la Chine. Le vieux continent grabataire est émoussé par la puissance politique du premier concurrent et par la bonne santé économique du second. Ces deux nations donnent le tournis à l’Union  fiévreuse devenue un outsider dans la compétition internationale. Dans cet affrontement politico-économique et stratégique, on assiste au partage du pouvoir entre ces entités dominantes  qui infligent à l’Europe essoufflée une cinglante défaite dans le concert mondial où son influence effritée, amoindrie laisse place aux géants de dicter, de contrôler et d’orienter presque tout sur le champ des relations économiques internationales et sur l’échiquier du marché mondial. Cette position actuelle de l’Union européenne l’éloigne quelque peu du sas influent du fameux directoire des possédants. Ce directoire qui imprime la marche à suivre dans la prise de grandes décisions relatives aux problèmes brûlants de l’heure et aux conflits majeurs qui fragilisent le monde dans sa globalité. Comment la vieille dame a été supplantée et dépassée dans cette marche des empereurs ? Que doit-elle faire pour retrouver une place de choix ? Pourquoi l’Amérique et la Chine restent les seuls maîtres à bord dans le navire mondial pourtant malmené par les soubresauts de la crise financière actuelle ?                   

          La stratégie américaine et la montée Chinoise


Quelle est la politique américaine et la soudaine puissance de l’empire Rouge? En effet, l’Amérique d’Obama est secouée par la crise. Une crise qui a enfanté un déficit abyssal et un chômage massif. Dans ce sillage, Obama a du mal à faire passer la réforme phare de la sécurité sociale: le fer de lance de sa campagne présidentielle.  Une réforme vigoureusement contestée par les républicains requinqués par les récentes victoires aux élections législatives dans le New Jersey et en Virginie. Malgré cette passe difficile, l’Amérique actuelle est restée la même dans son orientation politique fondée à la fois dans la fermeture et l’ouverture au monde: le repli sur soi et l’expansion de son modèle à l’échelle planétaire. Une idéologie pérenne qui tire sa source sur le rêve Américain. Et qui repose sur le socle du protectionnisme soigné et le messianisme dominant.   L’Amérique d’Obama s’ouvre aux ennemis d’hier, tout en restant aux aguets. Nobélisée, elle multiplie malgré tout le nombre d’envoi de ses soldats en Afghanistan. Elle se désolidarise du monde dans les grands dossiers. La crise aidant montre que la nationale prime sur l’international. Elle privilégie les intérêts de son peuple et le protège dans la sauvegarde du paradigme dominant. 

La Chine de l’époque de Mao est morte avec ses utopies révolutionnaires. Seul demeure l’habit rouge du communisme teinté d’un libéralisme mitonné à leur gout et leur préférence nationale. C’est cet étonnant mélange doctrinal qui fait de la Chine un éveillé dans le monde où il devient par excellence le grand créditeur, l’entrepreneur habile, le gendarme affuté. Tous ses attributs et statuts nouveaux donnent à l’Empire rouge un interlocuteur valable, puissant et une forte voix dans l’échange et les négociations internationales.  En laps de temps, la Chine foulant aux pieds les Droits de L’homme est devenue un incontournable partenaire de l’Occident et du tiers Monde. Une primauté construite sur la base d’une croissance économique record, d’une poussée démographique, d’une stratégie affirmée de la conquête de l’espace, d’une langue Chinoise propulsée dans les enseignements des Etats du monde, d’une aide militaire continue dans les anciens blocs socio-communistes et de sa politique d’invasion à coloration néocoloniale aujourd’hui en Afrique.                                      

                L’essoufflement de l’Europe

Le vieux continent est supplanté par l’emprise de ces deux maitres mondiaux qui jouent la carte à deux sur la table de négociations et dans le terrain de conventions, de résolutions et solutions aux problèmes qui minent l’économie-monde et autres sphères. Ils utilisent leur droit de veto dû à leur poids politique et économique actuels. Les récents événements de Copenhague avec le sommet mondial de l’Environnement montrent à suffisance cette considérable influence dans l’orientation des débats, des propositions soulevées et solutions retenues. Et leur notable domination dans la conduite des affaires et leur caractère versatile et manœuvre dilatoire voire rétive face aux décisions communes à prendre pour sauver la planète malade. Ce faisant, l’Europe doublée a vu son rôle cantonner au second plan dans la commande de la machine mondiale.
 
Entre eux, ils reconnaissent les faiblesses et les limites de l’Union esseulée. Ils savent que l’Europe- au delà de sa puissance économique dans l’ensemble-n’est point ce que ces illustres fondateurs avaient imaginé  et rêver dans leur dessein d’unité. Ils savent qu’un espace étriqué de contrôle lui reste dans le monde: l’Afrique, le Moyen Orient et une partie de l’Amérique latine. A l’intérieur du vaste magma européen ne subsiste que la monnaie. Seuls les 16 Etats sur 27 bénéficient de cette approche circulatoire de l’euro. Sa sécurité est sous la mouvance des Etats Unis. L’Europe reste un vaste sentier en construction et demeure un continent morcelé et sans Etats unifiés. Face à  la crise financière, elle montre ses problèmes et lacunes dans la gestion économique qui explique la mauvaise gouvernance. Cette absence de politique fiscale et sociale commune contribue largement à l’essoufflement et l’inefficacité de son appareil de fonctionnement interne. Un déficit chronique mine ses Etats totalement déficitaires. La crise qui touche la Grèce vacille la maison européenne. Le danger guette d’autres nations cacochymes comme l’Irlande, l’Espagne, l’Italie et le Portugal. L’embrasement total risque de renforcer son isolement et précipiter sa mort.

Cette érosion qui commence à toucher l’Union fait sourire les géants régnant qui ne reconnaissent point la solide unification des membres et la cohérence politique au sein de cette institution rivale. Dans ce flou politique visible on ne sait point à quel saint se vouer dans les demandes formulées: de Sarkozy à Merkel en passant par Baroso et Van Rompuy, l’Union est un navire à plusieurs commandants. Certains politiques jouent en solo. D’autres vêtus en costume du roi cherchent avant tout à tailler une place du lion dans cette jungle de la communauté. 
  

      Les arguments des partisans du Non 


Aux sourires narquois des géants sur le directoire de l’Europe s’ajoutent le refus, la révolte, la colère et l’indignation des Nonistes. Ces anti-Maastricht fustigent la dominante technocratie et l’outrance bureaucratique qui prévalent au sein de l’union. Ces élites bruxelloises aux salaires mirobolants pratiquent la gabegie et non la péréquation dans la gestion des affaires communautaires. Les irréductibles eurosceptiques continuent de plaider pour l’abandon total de la monnaie européenne et le retour au primat du national. En France par exemple ces partisans du  Non disent au regard de la crise actuelle que la nation se séparait bien sortie avec le franc et arriverait à réduire ses dettes et équilibrer sa balance commerciale. Avec le franc la France était mieux. En Irlande, les altermondialistes et les partisans du mouvement nationaliste de Gauche raniment les feux d’hier dans la ratification du traité de Lisbonne au vu de la montée du chômage dans le pays.

En somme, l’Europe malmenée par la crise financière éprouve des douloureuses souffrances et maladies intérieures. Dans la course économique, sociale et environnementale mondiale elle se voit dépassé par l’Amérique et la Chine  qui cherchent à cavalier en duo. Une politique autarcique calculée pour dominer et mieux régner. L’Europe dans cette situation inextricable doit se solidifier au niveau interne en jetant les bases d’une solide démocratie pour gagner une place de choix sur l’échiquier mondial. Au risque de dépérir, elle est appelée à rebâtir une maison nette fondée sur la base d’une politique sociale et environnementale opératoire et impulsée par une cohérence politique et une harmonisation fiscale de tous les Etats membres. 

Le nouvel Afrique

Posté : 12 février, 2010 @ 4:49 dans Non classé | Pas de commentaires »

livredesignafrique1450.jpg  

Un nouvel Afrique naitra demain

Aujourd’hui, c’est le début de la fin

Qui viendra effacer la crise de la faim.

 

Un nouvel Afrique naitra demain

Aujourd’hui, c’est le commencement de la paix

Qui éloignera nos Etats des champs de guerres.


Un nouvel Afrique naitra demain

Aujourd’hui, c’est l’ère de l’ouverture

Qui unira nos liens d’échanges et de coopération.   


Un nouvel Afrique naitra demain

Aujourd’hui, c’est l’époque de solidarité  

Qui réunira nos valeurs pour l’édifice commun.


Un nouvel Afrique naitra demain

Aujourd’hui, c’est  l’éclosion de l’unité

Qui apportera joyeux l’égalité et la fraternité.


Un nouvel Afrique naîtra demain

Aujourd’hui, c’est l’aube de sa vie

Qui sortira le peuple de l’ombre de la nuit.


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