YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

L’Exception Africaine

Classé dans : Non classé — 24 janvier, 2012 @ 11:21

 

                                             L’éditorial d’Yves NKODIA    

          L’Exception Africaine   2540561111_small_1-300x199 L’Afrique est un continent historique et mystérieux. Son passé rendu glorieux par la genèse de l’homme dans sa terre ancestrale donne à l’esprit triomphant d’hier une nature énigmatique. De l’Egypte antique aux royaumes défaits de l’Afrique noire, une image  d’un peuple rayonnant qui enfanta le monde s’est effacé au fil des siècles. Ce berceau de l’humanité est assiégé par le spectre de la nuit, de la fin et de la mort. Une autre nébuleuse est remplacée et imposée par ses propres enfants engendrés qui habitent dans d’autres continents. Croupissant dans la misère et la pauvreté, le père délaissé et vivant dans l’indifférence sombre dans la solitude, la maladie, le désespoir, l’incertitude et dans le chaos d’une richesse perdue à l’âge d’Homme. Une difficile situation pour ce sage dormant dans un lit somptueux avec son coffre-fort rempli de lingots d’or.

   Le fameux or noir       

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    L’Afrique est une terre miraculeuse et remplie de multiples richesses naturelles. Matières premières. De l’or noir au diamant en passant par le fer et l’uranium, le continent noir est richement loti. Cette richesse que la nature généreuse lui a donnée en centuple et en guise de son amour, de sa fratrie, de sa vision singulière de la vie et transcendantale de la mort. Ces valeurs qui ont forgé son corps féroce et son vaillant esprit auxquelles s’est greffée cette lumineuse âme voguant ça et là entre ce monde d’en bas et celui de l’au-delà. Ces sphères terrestres et célestes de l’âme de celle que ce présent oublie et qui garde dans ces recoins séculaires ses us et coutumes structurant son propre modèle ou exception africaine. C’est ce modèle singulier que la mère du monde cache dans son terreau prolifique et qui rayonne son passé et déterminera son futur. En restant fidèle et joyeux dans ce sillon creusé jadis dans son champ de prédilection, de compétences et de talents certains.

   Aujourd’hui, l’Afrique perdue dans son propre chemin de retour doit regarder dans ce miroir de l’eau qui tremble pour voir son dessein englouti, le sens et la voie de son destin de reconquête de l’histoire galvaudée. C’est cette voie d’alors que l’Afrique championne à l’époque florissante de victoire et de prospérité, mais au présent malade et abandonnée, doit emprunter pour retrouver sa plénitude. Et son honneur dans l’acception de son propre paradigme ancestral et non l’acquisition par mimétisme ou importation d’un parangon aliénant et aveuglant. Ainsi l’Afrique au chevet de son lit brillant doit contempler ses dieux millénaires et non les météores des cieux des autres mondes. C’est ce soleil noir de la mélancolie et de la tristesse infinie que notre chère Afrique doit  se détourner pour prendre à bras le corps les rênes éblouissantes de son destin de vie. Et de s’accepter telle qu’elle a été créée, façonnée par ses illustres ancêtres.

   Le chemin des anciens

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    Dans cette voie de retour vers ses aïeux l’Afrique spoliée, épiée et décriée dans son propre champ doit s’armer de force et de courage. C’est ce sang froid mélangé avec l’audace et l’opiniâtreté que le continent isolé doit se battre  pour sortir de ces mailles du filet. C’est le rejet de repli sur soi et de l’abandon de l’esprit victimiste que l’homme africain dépouillé de ses propres lambeaux actuels de défaitisme, de fatalisme, de domination doit incarner à fortiori. Et que l’Afrique entière doit se détacher pour sortir des eaux troubles de l’immobilisme, de l’inaction. Ses enfants d’antan grandis dans les chefferies sacrées, de l’évolution et du progrès ne cessent de semer, aujourd’hui, dans leurs terrains respectifs des instruments, des éléments, des moyens et des projets probants. Qui construisent leurs châteaux de réussites monstrueuses et bâtissent leurs chapelles d’idéaux porteurs, fondés sur lesquels les principes de démocratie tracent leur héroïque sentier de développement et de croissance.

    A l’inverse, l’Afrique en décadence sombre dans l’agonie, l’incurie et la paresse maladives. Ces maux qui engendrent les causes inhérentes de son impuissance et de son incapacité à faire naitre en son sein une réussite dans l’économie prospère. Qui tire vers le haut la politique, le social, l’humain, l’écologie, l’environnement pour rejoindre les prairies de la félicité. Où le chômage disparait au profit du plein-emploi dans la plénitude, la paix et la tranquillité des esprits du peuple qui vivent du fruit de son labeur et de ses richesses. C’est dans ce sentier gorgé des biens d’équipement, des vertus des entreprises et des usines, des initiatives de recherche et d’innovation, des moyens d’investissement, de consommation, de pouvoir d’achat élevé des ménages… que le continent assombri n’a guère scruté, élaboré et suivre pour voir l’aube d’une émergence du nouveau continent florissant. A l’image captivante des dragons asiatiques et à l’exemple éclairant de l’ascension de l’Inde, de l’élévation du Brésil et de la progression continue de la Chine flamboyante.

   Que faire ?

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    L’Afrique arrivera à cette phase de mutation grandiose si ses enfants restants gardent en eux ce pari ancestral mûrissant. Celui qui fait de l’Afrique son propre âme de lumière. Une lumière du passé enfouie dans son corps engourdi par l’ombre de sa propre ombre effacée. Il faut replonger dans cette mer de «l’histoire», des siècles écoulés, de puissance et de vérité que l’Afrique a toujours baigné pour être lui-même dans sa nature véritable: humaine, divine et mystérieuse.-Elle doit s’identifier à elle-même. Tel est le secret de sa réussite!- C’est cette identité exaltée qui fait de l’enfant Afrique l’égal de lui-même. Celle qui regarde son miroir du passé éblouissant et contemple cette histoire étincelante pour comprendre les énigmes et les symboles qui ont façonné l’essence profonde de son être. Et qui est en symbiose parfaite et en unité indivisible avec son immensité de valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité. Ces principes qui constituent les pierres angulaires sur lesquelles l’homme africain est rentré dans l’histoire qu’elle a fécondée belle. En inventant les écritures, les sciences, les  techniques, l’art, la culture et une civilisation millénaire. Et en produisant les poètes, les philosophes, les mathématiciens, les physiciens, les médecins, les astrologues, les musiciens, les artistes, les architectes, les spiritualistes, les religieux….bref tous ces divers corps éparpillés, disséminés dans le monde. Ce sont toutes ces lumières d’autrefois que l’Afrique dénaturée, délaissée, dépaysée, démystifiée et dévoyée doit revêtir. Pour éclairer les phares disparus et les flambeaux éteints. Et rebâtir ce continent majeur dans le prestige, la gloire, l’immanence absolue et l’amour illimité perdu dans les mondes développés de l’occident.

   En conclusion

    L’Afrique est le seul continent où les multiples langues, cultures, arts, civilisations, religions et sagesses sont nées et les races cohabitent depuis l’aube des temps. Une énorme richesse dans ce monde imparfait segmenté et en proie à la monté convulsive des extrémistes de tous bords et des divisionnistes de tous acabits. C’est dans ce mélange de terreau productif que l’âme défunte de l’Afrique d’hier renaitra de ses cendres pour regagner ce qu’elle a perdu dans ses phases graduées, de maturation, d’épuration, d’élévation. Le développement tant attendu de l’Afrique envasée dans ce présent tumultueux doit venir de la semence du silence dans sa glèbe intérieure et non de l’écoute du brouhaha du monde exogène. Dans la reconnaissance du travail, de l’effort, du sacrifice, de ses capacités, de ses talents, de ses compétences et de ses valeurs propres longtemps négligées. Car l’Afrique est l’enfant prodige qui s’ignore. Il doit aussi venir du refus délibéré des impérities et des scories nées de maux engluant l’élite au pouvoir: la gabegie, la corruption, le tribalisme, le despotisme, le népotisme… Seule l’énergie endogène constructive libère l’homme des préjugés, des complexes, des faiblesses et de paresse. Demain, l’Afrique sortira de ces lacis sinistres…..et elle gagnera les combats futurs, son esprit vaincu atteindra les cimes du monde des possédants. Qui l’ont piétiné et jeté au feu calcinant de l’enfer du sous développement et de la décroissance générale. Un cercle non vertueux qui retient l’Afrique ligotée dans la forêt noire de l’oubli et de l’invisibilité totale. Sur l’échiquier du marché mondial où les autres continents caracolent en tête du peloton dans la recherche, l’innovation, la créativité et l’inventivité insolente. Ces armes imparables qui font d’un état ou continent éveillé un géant dans l’arène mondiale.

Yves Makodia Mantseka

Sénégal – Au secours d’une identité, [bonnes feuilles] par Adama GAYE

Classé dans : Non classé — 19 janvier, 2012 @ 10:26

 

 
Adama Gaye journaliste chroniqueurAdama Gaye, journaliste chroniqueur

Au secours d’une identité, [bonnes feuilles], pp.11-14, « Wade, la grande déception ou les révoltes de la fleur »
Par Adama GAYE*
Alors que le Sénégal se prépare à aborder l’année 2012 dans la crainte de vivre l’élection présidentielle la plus incertaine, risquée voire violente de son histoire, c’est peu de dire que les Sénégalais devraient redonner droit à ce qui fait leur charme et leur identité: la parlotte. Parler, écrire, débattre, théoriser, faire et refaire le monde sont autant d’activités verbales ou scripturales qui se combinent pour définir l’homo-senegalensis.

Seulement quand ils parlent ou écrivent depuis quelques temps, ce n’est plus sous le mode d’une quelconque bonhomie, ’à l’italienne’. Devenus virulents, expéditifs, peu enclins à la palabre bon enfant, ils s’épient, se surveillent, se mesurent, comme si, dans les grands combats de lutte traditionnelle devenus leur principale distraction, ils ne rêvent que d’en découdre. A l’image de ce que leur pays est devenu -une arène grandeur nature!

Ici il ne s’agit pas de duels physiques d’homme à homme sous les regards direct et digital des foules sénégalaises agglutinées dans les lieux des combats ou devant leurs écrans de télévisions. Ce dont il est question relève pourtant aussi d’une vieille tradition nationale: l’art du combat politique.

Préface, Adama GayePréface, Adama Gaye

Depuis la nuit des temps, le pays n’a jamais été qu’une vaste arène politique et les champions de celle-ci n’ont rien à envier aux nouveaux gladiateurs physiques se battant par leurs muscles profondément passés sous les mains des marabouts dont les eaux bénites et autres gris-gris aident à mieux camper le décor de leurs joutes, au rythme des tambours et chansons à leur gloire…

Ces temps-ci, hélas, les neurones des lutteurs politiques se bousculant sur la scène nationale pour conquérir les voix des Sénégalais, de manière démocratique, ou, plus souvent, par des magouilles anti-démocratiques largement partagées, semblent n’être que des …muscles. Résultat: le débat national est devenu faible voire inexistant. Il semble avoir été transformé en querelles de bornes-fontaines. Volant souvent au ras des pâquerettes, il ne soulève jamais ou presque les enjeux essentiels susceptibles de déterminer l’avenir du pays dans un monde en mutation fulgurante ou seuls les Etats bien dirigés, placés sur les rampes de la technologie, du savoir, de la vraie démocratie, de la productivité et de l’innovation, font la différence.

Or depuis qu’il fait de la politique, le Sénégal, en dehors du rêveur et poète, Léopold Sedar Senghor, qui fut, de 1960 à 1980, son premier Chef de l’Etat, n’a connu que des populistes au sein de sa classe politique…Depuis les temps anciens où, sur fond d’identité ethnique, d’accointance religieuse ou encore d’appartenance aux chefferies traditionnelles, les plus célèbres des lutteurs politiques sénégalais ont toujours mis en avant la fibre sentimentale des citoyens sénégalais. Recueillir le ’Ndigueul’, l’ordre donné par les puissants chefs des confréries religieuses à leurs ouailles pour orienter leurs votes, faire la cour aux artistes et autres porteurs de voix, ou draguer la proximité ethnique constituent autant de pistes de réflexion pour qui tente de comprendre la culture des hommes politiques sénégalais…La rationalité n’est pas toujours leur compagne.

On ne s’étonne pas que l’historiographie politique sénégalaise soit donc si riche de ces moments qui valorisent des populistes comme Ngalandou Diouf, Lamine Guèye, Valdiodio Ndiaye ou encore, plus récemment, Abdoulaye Wade. Du coup, un Abdou Diouf, successeur de Senghor, entre 1980 et 2000, avant sa mémorable défaite devant l’ancien Président de la Rue Publique, un certain Wade, n’apparaît plus que comme un accident de parcours tant sa gestion administrative, bon élève du Fmi et de la Banque mondiale, studieux dans l’application des programmes d’ajustement structurels, détonne par rapport à ce qui fait la substance de la politique populiste au Sénégal.

Seulement, les temps ont changé. L’heure est grave. Le populisme d’hier, acceptable à la veille des années ‘cha-cha’ d’indépendance et à l’aube de celle-ci, ne peut plus être de mise. On comprend donc pourquoi tous les observateurs attentifs de la marche du pays sont désormais inquiets. Ils savent que la plupart, sinon tous les acteurs politiques du moment ne semblent être à la hauteur des défis immédiats et à venir. Comme la Grèce ou l’Italie plongées dans une crise financière résultant d’un piètre leadership, le Sénégal ressemble désormais à un bateau ivre au milieu d’une mer houleuse avec un capitaine âgé et ayant perdu le sens des réalités, une panoplie de prétendants à sa succession, issus des flancs de son parti, le Parti démocratique sénégalais, mais qui ne sont que de grands voleurs de deniers publics devant l’Eternel et manifestement impréparés à assumer un leadership étatique, sans compter une opposition rarement inspirée, écrasée par les ambitions d’individus dont le profil anti-démocratique se lit aisément sur leurs visages ou sur leur capacité à se cramponner à la tête des formations politiques dont ils ont, depuis des lustres, le contrôle.

Dire que le Sénégal a besoin d’engager une vraie conversation sur son destin relève, dès lors, d’un doux euphémisme. Pour éviter qu’elle ne verse dans le verbiage si représentatif du peuple sénégalais, il importe de l’engager rationnellement, c’est-à-dire sur des bases conceptuelles solides, au moyen d’une exploration des actes et comportements politiciens ayant conduit le Sénégal à ce qui n’est rien d’autre qu’une impasse.

Il est heureux de noter dans ce contexte que malgré le naufrage politicien, le Sénégal présente un état de santé plus attractif si l’on ne se réfère qu’aux tentatives de production intellectuelle de ces dernières années. Beaucoup de livres, de qualité inégale, ont été mis sur le marché. En les feuilletant, on peut progressivement en arriver à avoir une meilleure idée des causes du mal sénégalais.

Dans son ouvrage, arrivé à pic, Dame Diop permet de capter plusieurs des faits saillants du Sénégal récent, c’est-à-dire celui des années Wade, de l’alternance politique. Il jette une lumière crue sur des acteurs nouveaux et anciens qui ont animé la scène politique. Et mieux que tout, il nous montre, en ombres et lumière, le visage de l’énigmatique Monsieur Wade, l’homme du Sopi (changement en Wolof) dont l’arrivée au pouvoir en l’an 2000 avait fait naître tant d’espoirs avant que, patatras, son vrai visage le révèle tel qu’il est -un prétendu démocrate dans l’opposition mais vrai autocrate une fois au pouvoir.

Quand, sans me connaître personnellement, l’auteur m’a demandé de rédiger la préface de ce livre, je n’ai pas hésité une seule seconde pour une seule et fondamentale raison: la signer, c’est non seulement encourager la perpétuation, en mieux de l’identité sénégalaise, mais faire mieux connaître les réalités du pays sous le regard d’un jeune, qui ne m’appelle que par le terme de Doyen, mais surtout c’est, je l’espère, amener ses lecteurs à se tenir prêt à voler au secours du pays au moment où son destin se trouve engagé par des populistes sans vergogne, inspirés plus que jamais par l’homme qui tient la barre d’un bateau national presque en perdition.

Pays où l’on croit plus qu’ailleurs à la possibilité des miracles, le Sénégal saura, cependant, passer le cap de ces moments difficiles, pour retrouver sa place d’honneur dans un continent africain toujours riche de ressources naturelles et de potentialités humaines mais reste décevant. Comme le pays de la Teranga (hospitalité en Wolof).

Palo Alto, Californie, Novembre 2011,
Adama GAYE
Journaliste et chroniqueur politique sénégalais.

 

La vision du Commerce électronique de l’économiste congolais, Jean Robert MOUNKALA

Classé dans : Non classé — 18 janvier, 2012 @ 3:20
Jean-Robert MounkalaJean-Robert Mounkala

L’économiste et chercheur Congolais Jean Robert Mounkala (JRM) vient de publier chez Editions universitaires Européennes un ouvrage intitulé Le Commerce Electronique: Enjeux Economique, Spatial et Culturel.

Aujourd’hui, et de plus en plus, le commerce électronique est en plein essor et, avec lui, le développement et l’amplification de la net économie. Une sphère en ébullition par l’effet d’entrainement impulsé par le nombre croissant des internautes qui pullulent sur la toile avec la création à l’échelle mondiale des réseaux électroniques, sociaux… créant des ramifications relationnelles hier encore inexistantes. Mais qui grâce à l’évolution du monde virtuel, les rapports humains et sociaux dans le monde réel changent et se développent dans cet univers du Net. Avec la toile le monde oscille ainsi entre le réel et le virtuel et, évolue en relationnel et la solitude s’efface (et s’accroît paradoxalement) au profit de la communication et l’échange des informations par le biais des mails. Cette nouvelle façon de communiquer rendue favorable par le Net a entraîné aussi une augmentation du commerce. Le commerce né est vulgarisé par la vente et l’achat des produits par le canal des sites qui envahissent sans fin le web.

Jean-Robert Mounkala

Un travail honorable
Ainsi, dans ses travaux de recherche universitaire Jean Robert Mounkala l’éminent économiste Congolais s’est penché sur ce phénomène qui touche toute la sphère économico-sociale et spatiale. C’est ce champ circonscrit que ce brillant étudiant Congolais nous a présenté dans sa thèse qui a fait largement écho et autorité dans son domaine. Ce succès éclatant et l’originalité aidant ont permis à cette étude dense et manifeste d’être largement couronnée par la publication. Avec cette thèse soutenue avec brio, Jean Robert Mounkala élevé au grade de docteur d’état a reçu l’hommage et la reconnaissance de son magnifique travail édité par les Éditions à orientation européenne. Une consécration qui vient souligner et montrer ô combien les intellectuels congolais continuent malgré la crise à produire le travail de qualité.
Dans son analyse brillante Jean robert Mounkala nous a exposé les enjeux de ce commerce émergent par Internet. Une étude spécifique ancrée dans le développement de ce marché par le biais des sites et la demande sans cesse grandissante des internautes qui envahissent la toile. Une nouvelle vie commerciale dominée par le virtuel qui vient compléter l’échange et la communication du monde réel ou physique. A la lumière de cette étude remarquable, monsieur Jean Robert Mounkala reste l’un des pionniers de l’analyse de l’émergence et du développement de ce commerce. Publié à l’aube des années 2000, ce commerce encore en état embryonnaire, son analyse a tracé les sillages et ouvert des pistes d’orientation et de découverte de ce réseau hier inexploré. Ainsi, nombre d’études menées aujourd’hui donnent à notre illustre économiste la portée originale et la richesse grandiose de son étude de recherche.

La portée de la recherche
La richesse de l’étude repose essentiellement sur l’accent mis en exergue, par l’auteur, sur les analyses techniques (historique de l’internet, transformation du système d’information…) et commerciales (aspects juridiques, monnaie ou encore signature électronique…) du commerce électronique. De plus, en mettant l’intérêt particulier sur le commerce électronique comme un composant du commerce en général, il a souligné l’importance de cette nouveauté faisant partie intégrante de l’échange mondial qui l’a fait naitre. Mais l’intelligence de Jean Robert Mounkala se situe sur les conséquences du commerce lorsqu’il pose comme idée majeure que ce dernier ne doit être considéré et limité au seul critère exclusif des achats et ventes en ligne. Il ajoute avec profondeur le concept de l’hybridation du commerce, c’est-à-dire, une mixité entre réseaux réels et virtuels. La livraison d’une voiture achetée sur Internet ne se fait – elle pas sur un réseau physique ? C’est cette vision mixte des réseaux, du virtuel et du réel, leurs interactions que l’excellent économiste cherche à comprendre les enjeux ». Une approche théorique et un paradigme nouveau pour faire du commerce électronique un des éléments permettant de lire la réalité du commerce d’aujourd’hui. En somme, c’est cette hybridation qui est mise en lumière sur les structures spatiales, culturelles et économiques dans cet ouvrage d’essence virtuelle.
En présentant ce travail accompli JRM a exploré le terrain novateur du commerce électronique. Une performance intellectuelle au regard de son parcours atypique d’économiste. Une approche composite qui a donné à l’écrivain chercheur un moyen de présenter au lecteur un travail pédagogique et didactique qui donnera aux chers internautes une lecture synthétique et synoptique d’un monde en développement. A la fermeture cet ouvrage original, il m’est resté dans l’esprit un envahissant sentiment d’écriture simple et limpide donnant l’envie dévorante de découvrir ce commerce électronique. Qui envahit et gagne de plus en plus notre univers familier.

Yves Makodia Mantseka :

 

Le naufrage du fameux triple A français

Classé dans : Non classé — 16 janvier, 2012 @ 8:55

 

           L’éditorial d’Yves NKODIA                                                                  

            Le naufrage du fameux triple A français Triple-AAA-Triple-saut-300x213 La France vient de perdre son triple A et avec elle l’Europe vacille dans son paquebot de la zone euro et dans son cargo de fonds d’investissement. Une nouvelle négative à cent jours de l’élection présidentielle qui dessine des perspectives moroses dans un climat mondial dominé par la crise économique. Dans ce tohu-bohu de la transformation et de changement au niveau européen l’Allemagne meilleur élève s’en sort bien dans cette attribution des notes dans la classe européenne où le maitre inflexible Standard & Poor’s inflige aux autres états la sévère appréciation qui dégrade leur politique, leur économie et tout le pont entier des finances publiques. Quelles conséquences pour cette dégradation de la note de la dette souveraine? La France peut-elle se relever et devenir l’élément moteur tirant la croissance et équilibrant ses comptes? Quel avenir de la France au sein dans la zone euro et de l’écart qui se voit creuser avec son partenaire de toujours l’Allemagne? Et enfin quels sont les effets de la politique économique Française?

Conséquences immédiates

    Les effets de cette annonce vont générer pour l’état français une augmentation rapide du taux d’intérêt sur le marché financier. -Car le triple A veut dire la France rembourse sa dette à 3%.- La France va devoir emprunter plus cher qu’hier pour financer sa dette. Un effort difficile pour un état exsangue qui vit à crédit avec une dette colossale de 1300 milliards d’euros. Un remboursement qui atteint annuellement un chiffre record de 45 milliards d’euros. Au regard de cette lecture de la crise actuelle, tous les clignotants des indicateurs économiques sont aux rouges et toutes les perspectives ne sont pas favorables. C’est le fameux état en faillite qui se profile à l’horizon. Si la France n’arrive guère à redresser les finances en réduisant les déficits abyssaux accumulés depuis des lustres. Par divers gouvernements de Droite ou de Gauche qui ont longtemps piloté l’économie. Les conséquences seront aussi notables au sein des entreprises françaises, les organismes d’état et collectivités locales qui vont connaitre des sérieux problèmes de financements pour accroitre leur productivité voire augmenter leur substantielle valeur ajoutée. Car ils sont subventionnés largement par l’état. Une politique d’antan plus périlleuse pour les banques nationales qui seront amenées à renflouer leurs caisses par des fonds extérieurs issus des investisseurs potentiels et des marchés financiers qui vont utiliser des taux onéreux. Ce qui risque d’obérer ces institutions financières déjà laminées par les récents remous de la crise Grecque. Cette dégradation de la note va provoquer au niveau de la population la hausse des taux d’intérêts, des prix, des impôts et la coupure des dépenses.

     Politiquement cette nouvelle donne va pousser les partis en marche de l’élection présidentielle à revisiter leurs programmes ou projets de changement de société. Et leurs stratégies à entreprendre se redessinent.

      Avec cette diminution d’un cran du triple A français, la guerre politique augmentera en intensité par le biais des joutes oratoires sous un concert des propositions hâtives et hasardeuses. La crédibilité de la politique du gouvernement en place sera remise en cause par l’ensemble de l’opposition qui trouvera dans cet orifice l’opportunité rêvée pour  marteler le président sortant. Et l’accusera d’avoir essuyé par ce fait un échec cuisant. Une succession de réaction politique qui jettera l’anathème à la majorité et celle-ci regimbera à cette furia en maintenant haut ces objectifs fixés d’ajustements et de reformes entamées.

Les  éventuelles chances de sortie

   La France peut se relever de cette épreuve à condition de saisir cette opportunité d’évaluation pour mettre sur pied une politique incontournable de rigueur budgétaire. Un sentier difficile pour une économie qui souffre depuis tant d’années et qui à appliquer maintes doses d’austérité. Même si dans les milieux des politiques de la majorité actuelle cette solution rapide de sortie de crise n’est pas envisageable, ni d’actualité. En raison des effets jugés néfastes que ceux-ci risques de susciter en cette cruciale période électorale. Mais si la France veut vraiment s’en sortir de ce vaste bourbier et elle doit absolument adopter un plan d’austérité pour réduire sa dette pour échapper d’être sous le joug du Fonds monétaire international et des marchés financiers. En symbiose une politique de croissance pour l’Europe s’avère nécessaire et inéluctable pour assainir les finances et restaurer les économies moribondes des divers états notamment le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce… Un modèle doit être tiré de l’expérience du peuple allemand et des autres états stables de la zone: le pays bas, la Finlande, le Luxembourg  qui connaissent des forts taux de croissance économique. Ensuite, les euro-obligations sont aussi à développer pour endiguer la crise et renflouer les caisses pour faire face à la concurrence internationale. C’est cette politique de relance de la croissance qui est fort utile pour équilibrer les comptes.

   De plus, il me parait propice qu’au regard de l’insuccès de la gouvernance européenne un organe de contrôle et de vérification puisse être crée au sein de l’union pour endiguer cette crise contagieuse. Cet organigramme indépendant, à l’image d’une agence européenne de vérification budgétaire, dirigé par un directoire central composant des représentants permanents de tous les Etats membres donnera à la communauté européenne une vue large et approfondie sur les différentes économies constituantes. Et une connaissance minutieuse sur leur gestion interne en matière des recettes et dépenses au cours de l’année. Ce travail de supervision donnera aux états la maitrise de leurs budgets, canalisera leurs investissements et évitera les prodigalités monstrueuses qui enfoncent ces économies dans le gouffre de surendettement massif. Cette unité centrale et transparente travaillera de concert avec le fonds européen de stabilisation pour anticiper et mieux cibler l’aide en cas de faillite constatée d’un état. Ce qui renforcera le rôle dirigiste et le pouvoir du Président de l’union. De cette entité collégiale germinera la cohésion, l’harmonisation fiscale et politique qui font défaut au sein de l’union où ces disparités engendrent incessant les distorsions et intérêts divergents. Et retardent l’éclosion d’une véritable union étatique européenne. Souveraine et prospère.

Les perspectives d’avenir

    L’avenir de la France au sein de la zone euro n’est guère assombrit avec cette dégradation soudaine de la note. Même si cette agence avait averti les gouvernants de cette éventualité. Le rôle de la nation française au sein de l’Union est capital. Le couple franco-allemand reste le moteur de cohésion européenne et de sauvetage de l’euro en déliquescence. Et le poumon faisant de l’Europe le partenaire privilégié et idéal sur l’échiquier international. La place et le rang mondial de nation française ne s’en trouveront point menacer voire changer. Si le gouvernement actuel réagit rapidement à cette hémorragie interne. Avec assurance, maitrise et corrections de manquements et failles retenus dans la gestion interne d’hier. A la recherche des solutions souhaitables et possibles. La confiance ne peut naitre que de la volonté des politiques de ne pas lâcher prise, de garder haut la maitrise du destin du pays. Et de ne pas se laisser diriger par les irréductibles agences de notations avec leur thermomètre augmentant la peur et l’intensité de la crise.

     En effet, ces unités d’évaluation recherchent à amplifier leur influence au niveau mondial en construction à cette échelle une planète uniforme. Sous l’égide outrancière de leur dictature de la pensée envahissante à orientation notatrice. C’est l’émerge d’une nouvelle pensée dominante et dirigeante pilotée par les marchés financiers, les investisseurs avides et orchestrée par les écoles où résident des agences de notation à coloration anglo-saxonne. C’est le repli des influences notoires des états nations au profit de ceux des multinationales qui se propagent et se développent actuellement par le biais des notations incursives et déstabilisantes. Sous de fondement flous, absurdes, orientés qui entrainent manifestement des ilots de disparités, de divisions, des contractions et contestations au sein même de ces divers groupes d’appréciation économique. Les récents atermoiements et hésitations d’autres agences comme Moody’s  au sujet de la note de la France témoignent justement cet état de fait.

     De plus, les gouvernants actuels ne doivent aucunement considérés cette nouvelle comme une sanction ou une punition. Ils doivent plutôt menés à bien des politiques économiques efficaces qui n’entrainent guère à appliquer des mesures injustes et inégales. Au risque d’abimer et d’abaisser pis encore l’état déficitaire criard. Il ne s’agit point de piloter des stratégies à orientation laxiste fiscale ou budgétaire qui érodent l’économie entière, sapent la croissance et éloignent le peuple de la production, de l’échange, de la consommation. La seule politique fiable est celle qui recherche avant tout l’intérêt général. Et demeure celle qui crée l’emploi, qui rétribue, qui assure la sécurité du peuple, sa pleine liberté d’action et de participation à l’effort, à la richesse nationale. C’est ce parangon de vertus que l’état français doit s’atteler à bâtir pour sortir de l’étau de la dette, du chômage. Et du goulot d’étranglement que ces nouveaux maitres du monde imposent aux pays. La France reste une nation riche, indépendante et cette notation dégradatante ne peut que réveiller le géant endormi par cette nébulosité déficitaire envahissante. Qui s’effacera par une embellie future d’une économie stable tirée par la croissance durable et son développement déjà acquis. A l’image d’une Amérique aujourd’hui ragaillardie qui vient de s’en sortir de l’étreinte en empruntant à des taux faibles. Auprès de ceux qui l’ont récemment destitué et fait descendre du piédestal de leadership mondial.

Yves Fernand NKODIA

 

 

 

 

La Chronologie des 48 ans de l’orchestre mythique: «Les Bantous de la Capitale» par Clément OSSINONDE

Classé dans : Non classé — 4 janvier, 2012 @ 10:56

 Un ouvrage édité par Cyriaque Bassoka Editions -www.bossoka.fr

La Chronologie des 48 ans de l’orchestre mythique: «Les Bantous de la Capitale» par Clément OSSINONDE clement-ossinonde-artiste-musicien-congolais1-207x300

Clément OSSINONDE

   Dans cette analyse chronologique des 48 ans du célèbre orchestre congolais les Bantous de la Capitale, l’illustre chroniqueur Clément Ossinonde conte l’histoire de ce groupe né le 15 août 1959. Une datation historique qui marque l’amorce d’un courant musical venu des confluents de deux groupes notoires de l’époque: Les CDJ « Diaboua»(les compagnons de joie) et le NEGRO JAZZ. C’est dans ce terreau fertile jonché des multiples talents que germinera ce géant arbre africain dénommé les Bantous de la capitale. «Le baobab africain». Cette soudaine naissance du groupe mythique marque le réveil d’un sentiment patriotique des artistes congolais d’alors résidant à Kinshasa et imprime le sceau du retour au bercail de ces enfants prodigues: «Jean Serge ESSOUS, Célestin KOUKA, Daniel LOUBELO, Dieudonné Nino MALAPET».

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L’historicité du phénomène

    Cette naissance envahissante va bouleverser les normes musicales de l’époque et s’inscrit ainsi dans la pure lignée des chansons, rythmes et sonorités de musique issue du socle traditionnelle congolaise et des autres influences venues d’ailleurs. Mais sous le fond de cette étonnante composite musicale émerge une lueur de changement spontané. Une forme de révolution musicale s’amorce avec ces pionniers d’une danse atypique «rumba». Que ces  virtuoses nés vont populariser et vulgariser à l’échelle mondiale. Appelés les «rois de la rumba Africaine», ils deviennent les incontournables fieffés de cette dominante danse  en pinacle de la réussite. Une consécration pour ce jeune groupe issu des entrailles africaines ancestrales pour montrer à la face du monde une nouvelle façon de jouer, de chanter, de danser la musicale locale imbibée de modernité.

     Avec eux, une genèse de la musique congolaise s’ouvre dans les sillons anciens et se développe dans d’autres champs musicaux au fil de l’âge et du temps. Un renouvellement, une perpétuation et une continuité s’impriment avec cet orchestre. Qui à l’image de l’arbre renaissant «Mbadiatséké» garde toujours cette sève originelle. Malgré des pertes inexorables des feuilles et des branches symbolisées par la disparition des caciques ou monstres sacrés d’hier. Ces ramifications enfouies continuent de féconder de nouveaux artistes pour parfaire le chemin des anciens et faire de la Bantous les «Bakolo Mboka », ce rayonnant orchestre, ce patrimoine au piédestal fascinant. C’est ce parcours historique que l’auteur nous présente dans cet ouvrage spécifique. A ce propos, il souligne: « la chronologie des quarante huit ans d’existence de l’orchestre les Bantous de la capitale retrace essentiellement son parcours à travers les événements qui au fil des années ont marqué son histoire »(page.12).Une épopée, une péripétie des Bantous est relatée par l’excellent Clément Ossinonde dans cet ouvrage où il présente une peinture musicale datant de 1959 à 2007. Il décrit soigneusement la vie des artistes, leur disparition et leur labeur commun. Un cocktail romanesque et scintillant album familial que l’auteur nous ouvre en montrant l’origine de courant musical excentrique jusqu’à la voix qui se tue d’Antonio BRAZ MAOUENE. En passant par l’année brillante de 1996 et celle phare de 2007 marquant le retour triomphal des Bantous sur la scène européenne: « festival musiques métisses d’ANGOULEME, Festival jazz sous les pommiers Coutances (MANCHE), Au centre des cultures du monde ZUIDERPERSHUIS à ANVERS, Au festival music meeting 2007 de NIJMEGEN».    

    Un développement captivant d’un connaisseur attitré. Celui qui à longtemps piloter ce mouvement et donner une impulsion remarquable à la tête du directoire. En qualité de secrétaire général. Un témoin oculaire qui brosse un portail attrayant et saisissant de cette équipe ingénieuse qu’il connait fort bien. L’auteur, hier encore, fidèle compagnon du groupe, est devenu le continuateur de l’œuvre immense par la promotion et la sauvegarde de l’identité musicale notoire. Par le biais de la plume avec laquelle, il expose le présent, le passé et le futur du courant musical impétueux. Une mémoire vivante de l’histoire de ce mouvement en rupture qui a littéralement changé le cours vivant et ressuscitant de la musique africaine ces 48 dernières années.

     En somme, c’est une forme de voyage musical dans le temps que ce chroniqueur émérite nous invite dans ce livre illustré, bien fourni et fort élaboré. Aux yeux des mélomanes, d’hier et d’aujourd’hui, l’ouvrage est né pour remémorer le passé lointain de cet orchestre. Qui a marqué et marquera encore les pages mirifiques de l’histoire de la musique congolaise et africaine.

Un exemple pour la jeunesse

    Toujours au sommet de la pyramide musicale africaine, ce groupe constitue par son tracé reluisant et un curriculum attrayant une source d’inspiration féconde pour les jeunes en quête de renommée. Gardien du temple de la musique et des arcanes des rythmes ancestraux et mélodies traditionnelles, les Bantous restent le mythique groupe habité par une aura mondiale. Un tabernacle étincelant d’une musique dont la génération actuelle a perdu le sens, le devoir… et l’onde de créativité et d’inventivité. Ou comme le souligne à juste titre l’auteur: ils sont «aujourd’hui seul dépositaire d’une musique dont la génération actuelle a perdu la clef» (page.149).

    A la lumière de ses prouesses et succès éclatants, le groupe porte un message imprégné de valeurs. Comme il l’étaye allégrement:« les Bantous de la capitale continuent à faire preuve d’une belle sagesse et d’une sûreté parfaite » (page.149) .Ces qualités intrinsèques forgeant leur marque et cimentant leur réussite totale et exemplaire. Une exemplarité qui coule de source et montre la singulière carrière si longue et bien riche de cette équipe historique. Oui il a su se renouveler et se développer au fil des ans malgré les multiples rebuffades et anicroches de chemin. Avec les départs des anciens les jeunes ont intégré le groupe et su tenir la bride haute en continuant à égayer et faire danser les fans avec leur éternel secret de la rumba nationale.

    Les Bantous de la capitale regorgent une pléiade des vedettes et des talents immenses sur lesquels reposent le travail, le sérieux et l’expérience. Ces composants que les experts soulignent par l’importance et la qualité indéniable des valeurs héritées des us et coutumes ancestrales. Que l’héroïque mouvement ne cesse de garder et préserver pour le prestige, la gloire et la grandeur de la culture congolaise. Ce faisant, ils sont les héritiers de l’écho du verbe des aïeux. Encore que, les pères fondateurs vantant cette musicalité antérieure enfouie dans l’âme séculaire des ancêtres qui peignaient cet art impérissable: la tradition musicale orale. C’est ce miroir de l’histoire que ce groupe devenu légendaire s’identifie tout en restant dans l’ère du temps. Une symbiose édifiante que ces irréductibles artistes congolais exaltent pour demeurer les fervents bâtisseurs d’une musique qui traverse les âges et les frontières. Un vecteur de construction de l’unité, de la solidarité et de fraternité entre les peuples. Que ces ardents dispensateurs ou messagers du verbe africain ne cessent de déployer pour rester fidèle aux principes sous-tendant leur profession, gouvernant leur destin commun et sublimant leur idéal inchangé. Ces piliers symbolisés par le rosier brillant d’une musique qui s’écoute et se danse. Au bénéfice du repos réparateur de l’âme et de l’esprit.

  Sur ce, il me reste à conclure ensemble avec le préfacier François BENSIGNOR:« tous ceux qui souhaiteront se pencher sur l’histoire de la musique congolaise auront dorénavant cet ouvrage pour guide»(page.9).

Yves Makodia Mantseka  http://ynkodia.unblog.fr/
Nota: Pour compléter son œuvre manifeste Clément Ossinonde à publier sur net les événements de deux années suivantes: 2008-2009. Histoire de parachever le travail accompli par les Bantous de la Capitale et de commémorer ainsi les 50 ans de leur existence fabuleuse, historique et phénoménale. A ce propos, il relate le début des festivités en 2008 notamment au Bar dancing la Détente à Bacongo jusqu’à l’arrivée triomphale en terre française où ils excellent au rendez de World music à Marseille en 2009, à l’OLYMPIA la même année avant de boucler la boucle en région parisienne au cœur de Cergy Pontoise au hall St Martin. En somme, le doyen clément Ossinonde écrit en substance »: « En effet, Les Bantous de la capitale ont démontré au grand public amateur, de la Word Music, de purs moments de la Rumba-Soukous, de l’Afro beat et de la Salsa. Dans une salle prête à craquer, ils ont utilisé tous les rouages rythmiques, en mettant en scène un répertoire qui a su synthétiser une approche variée et sensible pour le large public du « Dock des Suds » qui les a porté en triomphe ».

Bonne et heureuse année 2012

Classé dans : Non classé — 31 décembre, 2011 @ 11:48

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Le regard futuriste sur la gare d’Austerlitz du Professeur et écrivain Congolais «Gaston Mbemba-Ndoumba »

Classé dans : Non classé — 30 décembre, 2011 @ 1:12

 

    Avec Mbemba Ndoumba la gare d’Austerlitz retrouvera en 2020 son âme lumineuse. Celle d’une gare humaine et d’hospitalité légendaire. Une analyse futuriste fondée sur le saisissant constat du présent alarmant que l’excellent auteur Congolais aux talents multiples nous présente dans son nouvel ouvrage assez laconique, lapidaire et fort éclatant. Intitulé « LA GARE D’AUSTERLITZ dans les yeux d’un Africain », apparu chez Editions Bénévent.

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Gaston Mbemba-Ndoumba

    Une vue synoptique d’une gare en ébullition.«Ouverte en 1840 au terminus d’une ligne allant de Paris à Corbeil, la gare d’Austerlitz est inaugurée en 1843 avec le prolongement de cette ligne jusqu’à Orléans» (page.17).Qui verra agrandir son trafic habituel au rythme hallucinant de 40 millions de voyageurs en 2020. Un record énorme et un pari fou ! Mais bien réalisable qui fera de cette gare historique foncièrement ancrée dans un quartier réputé pour faire de lui un parc d’attraction du nouveau traçon Sud-est et Atlantique. Un trafic très influent qui viendra activer et développer en plein essor un mouvement évolutif des voyageurs qui remplissent la capitale Parisienne.

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    Ces prévisions de croissance sans précédent du trafic «voyageurs» vers le sud-est n’est qu’une lecture anticipative et rationnelle de l’éventuelle saturation que pourrait connaitre la grande gare de la ville lumière de Lyon. Cette surabondance des voyageurs que la gare d’Austerlitz pourra éponger sans difficulté aucune. Au regard de cette vision moderniste activée par ce dessein environnemental titanesque que les politiques, les économistes, les experts, les urbanistes et architectes français envisagent de mettre sur pied pour rebâtir demain un nouveau trajet TGV. Ce considérable projet de transfert d’une partie des TGV Sud-est et Atlantique vers l’historique gare d’Austerlitz.

   Ainsi le projet gigantesque du Sud-est à la lecture et à la vision lointaine des futurologues présents montre à suffisance une ouverture d’Austerlitz vers un univers contemporain, vers cet avenir verdoyant. Que les voyageurs de tous bords pourront bénéficier et faire de ce centre millénaire un phare mondial: «une lumière du présent et du futur» pour satisfaire les touristes, les locaux…bref tous les étrangers et provinciaux férus de la beauté parisienne attrayante et affriolante par ses sites pittoresques. Car « la ville de Paris veut faire de la gare d’Austerlitz un pole de vie ouvert sur le quartier » (page. 38) et sur le monde. Autrement dit, « la gare d’Austerlitz du futur devra être le lieu de vie en relation avec le quartier et avec l’extérieur.(page.59).

     Une bonne nouvelle qui viendra à point nommer alimenter et enrichir en termes de flux et reflux des visiteurs à la quête de mieux et de farniente parisienne. Cette nouvelle ouverture constitue l’élément essentiel de l’évolution radicale du site, passant du statut d’impasse à celui d’articulation urbaine à l’échelle de la ville et des transports.(page. 33).

     Cet ouvrage écrit au présent symbolise une vision réaliste d’un africain urbaniste. Et littéraire qui nous donne une analyse dépouillée, recherchée d’une gare qu’il connait dans tous ses recoins d’hier et d’aujourd’hui. Et qu’il propose de présenter sa vie de demain à travers un plan ou programme monumental prévu d’ici 2020. Sur quatre projets principaux. Une projection dans le futur que le singulier écrivain développe dans cet opus qui renvoie à ses propres souvenirs lointains d’un africain qui a foulé cette gare à peine arriver de la terre congolaise. Une mémoire activée et remise à jour par l’auteur devenu parisien d’adoption pour rendre un hommage vibrant à cette gare de cœur qui a marqué à vie ses premiers pas dans l’hexagone.- Comme tout voyageur qui garde en soi une image scintillante d’un lieu visité ou d’un rencontre fortuite en terre inconnue.- C’est ce lieu magnifique que l’urbaniste congolais assermenté à garder joyeux dans l’autel de son cœur. Et qu’il voulait partager pour immortaliser à jamais cette gare qui aura fait de lui un africain auréolé, accueilli dans l’allégresse par les esprits vivants des lieux et des âmes parisiennes imbues d’hospitalité inoubliable.

      A ce propos, il écrit allégrement:« il faut dire que la gare d’Austerlitz fut mon premier monument, mon premier contact avec la France. J’arrivais du Congo et j’ai atterri à la gare d’Austerlitz, pour prendre un train de nuit en direction de Toulouse où je me rendais pour mes études universitaires» (page.9).

     Gaston M’bemba-Ndoumba(G.M.N), professeur de littérature au lycée municipal d’adultes de Paris, en rédigeant ce livre lumineux, se situe dans l’étude spatiale et environnementale qui touche la thématique non fictionnelle communément admise dans le jargon de l’école romancière mondiale. Mais, elle est plutôt réaliste, matérialiste et utilitariste dans cet ouvrage aux accents singuliers d’une écriture non passéiste et ahistorique. Elle est l’antipode de la tradition esthétique et exalte le monde moderne notamment la civilisation urbaine. Une étude d’inspiration du mouvement littéraire et artistique européen dénommé «le futurisme». Elle dérive de ce courant de pensée dans le vivier du sujet dominant et dans le non personnage global choisi par l’auteur pour illustrer les éléments saillants et caractériels envahissants de cette gare phare en perte de sa plus grande partie de son trafic Grandes-Lignes avec le Sud-ouest.     

     A lumière du projet promoteur et novateur, l’auteur photographie avec ses yeux africains avertis cette gare mythique en travaillant de concert avec la mairie de Paris pour nous présenter de manière exhaustive les grandes lignes de ce magnifique plan de réaménagement, de construction, de développement et d’agrandissement de cette gare. Et ses perspectives d’avenir qui se profilent à l’horizon. Grace au lien d’avec l’initiative du programme d’aménagement de la  ZAC « Paris Rive Gauche » et à son projet  « l’urbanisation issue de la volonté de rééquilibrage économique de l’est de Paris »(page 27).

    C’est ce regard photographique emprunt d’optimisme contagieux que l’essayiste et professeur Congolais projette à dessein et à travers cet écrit programmatique et visionnaire. Oui, c’est à cette image en gestation qu’il fonde son édifice littéraire. Encore que, c’est sur cette dynamique constructive et si bénéfique du traçon moderniste du futur TGV Sud-est et Atlantique que l’auteur vante dans son livre pour sortir la vétuste gare d’Austerlitz, la vieille dame, de ses vertigineuses chutes de flux de voyageurs d’environ 25 millions par an. Soit la moitié de celui de la gare Montparnasse.

     En somme il reste à saluer vivement l’œuvre accomplie. Et à donner à cette étude prévisionnelle, si anticipative développée par Gaston M’bemba-Ndoumba(G.M.N) dans cet ouvrage qualifié de pionnier dans le riche monde de la littérature congolaise, une concrétisation réelle dans un proche futur. Une lecture que nous espérons prolifique pour redonner à la gare d’Austerlitz, longtemps figée dans le siècle passé, par le biais cette opportunité de réhabilitation, sa gloire, son prestige. Ou, pour lui redonner ses lettres de noblesse. (page. 9). Et d’être une gare futuriste grand public, un lieu incontournable et emblématique de la vie quotidienne, de rencontre, de rassemblement, de retrouvailles, de joie, de partage. Et de transit vers Paris, ses banlieues, les provinces et d’autres directions étrangères qui viennent peupler, envahir, agrandir la rayonnante capitale française.

Yves Makodia-Mantseka  

 

Du même auteur

-         Ces Noirs qui se blanchissent la peau : la pratique du « maquillage » chez les Congolais.

            Ed. L’Harmattan, Paris 2004.

 

-         Les Bakongo et la pratique de la sorcellerie : ordre ou désordre social.

          Ed. L’Harmattan, Paris 2006.

 

-         La femme, la ville et l’argent dans la musique congolaise : regard sociologique sur l’imaginaire urbain.

Ed. L’Harmattan, Paris 2007.

 

-         Un coup de théâtre : histoire du théâtre congolais.

Ed. L’Harmattan, Paris 2008.

 

-         La folie dans la pensée Kongo

     Ed. L’harmattan, Paris 2010.

 

-         Ma première colo

     Ed. Bénévent, Nice 2010.

 

Transports Urbains Publics et Privés au Congo : Enjeux et pratiques   sociales.

Ed. L’Harmattan, Paris 2010.

 

- La Gare d’Austerlitz dans les yeux d’un Africain

  Ed. Bénévent, Nice 2011.

 

 

Prix littéraire du blog: “Tendre Nostalgie“ de Yves Nkodia…

Classé dans : Non classé — 11 décembre, 2011 @ 12:01

Publié le 10 décembre 2011  par Guy Alain BEMBELLY dans son blog ‘’ Ce Que Je pense‘’… , : « Point de vue, Actualité, Politique, Société, Réflexions, iGeek, Lecture… »

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Guy Alain Bembelly

Prix littéraire du blog: “Tendre Nostalgie“ de Yves Nkodia… Tendre Nostalgie. Les premières pages captivent l’attention, quai de la littérature, excitation du départ vers l’inconnu. Puis, le train de la lecture s’éloigne, les mots sont justes, le lecteur hésite, s’installe confortablement, et se laisse porter par la magie du texte, par le poids des mots, par la beauté des paysages décrits. Évasion…

Ce voyage que je propose permet la découverte, au fil du rail, dans l’ombre de chaque paragraphe, d’un univers imaginaire pour soi, réel pour l’auteur Yves Fernand Nkodia. C’est un ami des années Fac à Besançon (Franche-Comté).

Dans Tendre Nostalgie“, il décrit avec justesse le riche présent de tous ceux qui quittent l’Afrique un jour, les rêves plein la tête, pour des contrées ou leur accent pose des fois problème…

Comme Aimé Césaire, Yves Fernand Nkodia nous invite dans son “Cahier d’un retour au pays natal. “Tendre Nostalgie chemine le lecteur sur les rails d’une description détaillée, l’entraîne dans la profondeur des forêts lointaines. Sensation d’une marche les  pieds nus, foulant la rosée matinale

A lire près de la cheminée en cette période hivernale. Et la flamme de récit redonne vie aux mots, aux paragraphes qui se suivent dans un agencement précis. Au fil des pages, la lecture s’illumine d’ambres qui filtrent à travers les mots. Le lecteur, s’il prête attention, entend les arbres pleurer leurs feuilles…

Tendre Nostalgie, c’est le récit littéraire que je conseille en cette fin d’année. C’est  mon prix littéraire du blog. Le précédent lauréat de ce prix, c’est Alain Mabanckou, un autre copain-d’avant du Lycée, Prix Renaudot 2006 avec le roman: Mémoire d’un Porc épic. Dans l’attente…

Lire “Tendre Nostalgie“ de Yves Fernand Nkodia, Edition EdiLivre, 2011, 83 pages. En vente ici. A mettre sous le sapin.

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Clément Ossinondé: une figure emblématique de la musique Congolaise

Classé dans : Non classé — 30 novembre, 2011 @ 9:05

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Avec ce nom un son de musique tonne, une vocation se dessine et se perpétue de nos jours par ses publications et sa passion sans cesse dévorante. De celle qui constitue, en somme, sa raison d’être et de vie. Une vie vouée à cet art majeur culminant… et de la promotion et de vulgarisation de celle-ci pour donner à tous et toutes l’amour de l’aimer à l’infini. Oui, monsieur Clément Ossinonde donne l’envie de connaitre, de découvrir, d’écouter, de chanter et de danser la musique. Avec lui, l’ouïe, le corps et l’âme captivés, bercés sont dans la totale extase de la découverte, de l’enchantement, de l’emballement et de l’évasion vers des sphères de beauté, de joie, d’amour et de plaisir. Qu’offre une musique transcendantale, élevée d’un artiste imbibé du génie des Maitres et plongé dans leur univers d’inspiration supérieure.     

C’est le verbe « donner» qu’il conjugue au présent pour partager sa passion singulière aux autres: ces auditeurs et ces adorateurs de tous bords pour donner à la musique sa place vivante dans nos vies et notre quotidien envahis parfois par la monotonie ambiante de labeur, de multiples occupations et sollicitations nombreuses. Au milieu de l’envahissement de la modernité et son cortège de nouveautés scientifiques et High Tech, la figure emblématique et le porte- étendard de notre musique nous montre des régions musicales qui nous échappent de l’ennui, de la morosité et d’autres maux. II nous ouvre les frontières sonores et rythmiques des chansons pour transformer les mauvais moments et saisir l’instant présent. Avec joie de l’écoute d’une mélodie lointaine, prenante. Et bien souvent venant effacer l’aigreur et le passe difficile d’une période de vie en décrépitude.    

A l’invitation aux univers musicaux universels entrainant, le doyen honoraire Clément Ossinonde donne sans recevoir aux artistes confirmés et aux jeunes talents la place de se faire connaitre du grand public et des mélomanes… bref le brillant orateur et animateur zélé à la sublime plume ouvre large les portes du succès et de la renommée à tous les musiciens en quête du graal: de cette reconnaissance et réussite totale. 

Un brillant orateur       

Cet inlassable militant de la musique sans frontières est natif du Congo-Brazzaville où il a fait ses brillantes études. Il a occupé plusieurs postes présidentielles. Notamment en qualité de président de l’UMC en 1969, de l’UNEAC en 1977. Et sous la mouvance de Jean Jules Okabando, il rejoint le corps directoire de JMR et de l’UJSC. 

Mais, très tôt, ce jeune choriste talentueux et féru de musique intègre la grande maison du radio Congo. Aussitôt, il se fait remarquer par sa brillante voix envoûtante et entrainante qui draine les auditeurs dans son propre univers des chansons choisies pour embellir et enrichir ses émissions. Un animateur au sens de l’improvisation aigüe, au puissant «verborateur» est né dans le giron de la chaine Congolaise à l’aune de l’année 1969. Ainsi il se fait une place de choix dans ce milieu concurrentiel, parsemé d’élites, d’imminents animateurs et époustouflants journalistes de l’époque tels que: Claude Bivoua, Guy Ové, Joseph Ngabio, Miatourila kouba, Henry Mpangui,…   

Dans cette grande maison radiophonique, il anime en suite le Carrefour Culturel Congolais», «Une Vedette et ses chansons», et «L’animation des tranches musicales » jusqu’en 1978. Puis, producteur des brochures musicales, comme « Les vedettes », « la dépêche de l’UMC » et « Panorama de la musique congolaise». Entre 2000 et 2001, il anime à Radio Liberté l’émission « Les grands noms de la musique congolaise » jusqu’à son départ en France, en 2001. 

Mais avec son émission phare de samedi dénommée «Les COCO». Avec comme générique notoire: «Sango ya bayembi ya Congo yoka, Samedi na Les COCO». Il atteint vite un pic d’audience sans précédent. Et tous les congolais et congolaises se donnaient le rendez–vous pour écouter son émission qui devenait au fil des années un culte de la chanson et de notre musique. Un patrimoine que l’animateur incontesté et incontestable dispensait, dirigeait de main de maitre pour hisser plus haut notre musique, ce rayonnant patrimoine connu du monde entier. Son émission attendue était devenue un lieu incontournable pour les musiciens d’antan. Car les auteurs et compositeurs cherchaient auprès de Clément Ossinonde le magnifique, faiseur de talents et détonateur de succès, un sésame de sortie de l’anonymat vers la célébrité. C’est la lumière du dehors embuée de succès que les musiciens inconnus voire ignorés venaient trouver sur le plateau scintillant d’Ossinonde. Et ceux qui étaient déjà sous les feux de la rampe venaient derechef rechercher le surplus et l’éclat reçu en abondance. A celui qui est et était la conscience même de la musique qui unit et rassemble le peuple. De par son émission, il donnait à tous l’opportunité de côtoyer et de fréquenter le monde du milieu musical, de recherche, d’évolution et de progression… Un passeur de valeurs et un imprésario dans son genre de faire rencontrer des hommes et des femmes animés par la passion. Un découvreur de talents aussi par le lancement et la vulgarisation sans fin qu’il s’évertuait à faire dans ses émissions à grande écoute. Il a formé et façonné à sa manière des générations par son fou talent d’animateur chevronné. Une reconnaissance aujourd’hui affirmée et confirmée par les passéistes et cette nouvelle génération qui ne cessent de donner la palme d’or. A celui qui a œuvré à la beauté et à la richesse de la culture musicale congolaise. Sa réputation a dépassé la rive droite du fleuve Congo où il est considéré par la grande famille: l’homme de la mémoire vivante et de la conscience vivifiante de notre patrimoine musicale étincelante.  Un défenseur hardi de la musique Congolaise et de ses multiples danses. Ce titre sublime sa personne et l’inonde par le respect, l’estime et la considération que toute génération confondue de deux rives Congolaises lui fait montre. De Brazza à Kinshasa, la voix de Clément Ossinonde a marqué et marquera toujours les adorateurs et les fans de ses émissions cultes et de ses publications d’hier et d’aujourd’hui qui se distinguent par ses qualités historiques recherchées, ses connaissances inouïes et savoirs musicaux incontestables. Un véritable connaisseur gorgé de culture universelle.  

Une plume meilleure 

Il écrit sa première chronique musicale, dans la revue africaine Bingo en 1964, consacrée à Jean Serge Essous. Sa plume meilleure vient agrémenter sa voix et laisse passer au mieux son message musical. Ce mariage de talents conjugués donne à l’ancien animateur et à l’écrivain remarquable une élégante aisance dans l’art de transmission de mémoire à travers les âges. Car notre Ossinonde national traverse des générations et laisse égrener au passage des écrins de beauté et de lumière intérieure. Un amour partagé de la musique habite cet homme de culture musicale débordante. Tant il est vrai, Clément Ossinonde pense, mange et distribue la musique aux profanes et aux initiés. Un serment prêté depuis l’aube de sa naissance dans le berceau natal où ses parents l’ont transmis ce legs lointain pour faire passer ce message à la postérité. Un héritage que l’étonnant enfant a su respecter et fructifier sans dilapider à ses fins. Et surtout sans abdiquer ces vertus pérennes et coutumes millénaires qui l’ont forgé. Dans cette vie où il a choisi avec joie cette voie musicale de donner sans recevoir. Celle d’âme pétrie de sagesse ancestrale. Gardienne du temple de coutumes et des us qui guident l’esprit de l’enfant imbu d’amour pour les autres. Qu’il est resté au fil du temps et des âges. Une bien meilleure destinée qui nous enchante tous fils et filles de cette époque et de celle de nation d’hier.    

Il reste, sans fin, à Clément Ossinonde, ce feu incandescent d’un chercheur infatigable et d’un dispensateur de valeur commune. Celle qui enfante sans cesse l’unité et la fraternité entre les tribus. Oui, un fécondateur et forgeur de paix, d’entente et d’harmonie par le biais de la musique de tradition orale et moderne. Son humus nourricier, sa marque d’expression et espace de liberté. Depuis toujours. 

Yves Makodia Mantseka 

Quelques émissions de l’auteur:    

Clément Ossinonde
-           une émission de Clément OSSINONDE

Panorama de la musique congolaise(5): Par C. Ossinonde

www.mbokamosika.com

Jean-Serge Essous

-           Une émission de Clément OSSINONDE

Panorama de la musique congolaise(1): Par C. Ossinonde

www.mbokamosika.com

JOSEPH KABASELE 

-           Une emission de Clément OSSINONDE
http://www.mbokamosika.com/article-los-nickelos-duo-wemba-koffi-par-clement-ossinonde-63709019.html

Los Nickelos & Duo Wemba-Koffi: par Clément Ossinonde

www.mbokamosika.com

Yves Nkodia : un poète excentrique, d’horizons divers

Classé dans : Non classé — 27 novembre, 2011 @ 11:33

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« La poésie exprime des idées et des choses de manière indirecte », Michel Riffaterre.

L’excentricité dans la poésie d’Yves Fernand Nkodia (YFK) repose essentiellement sur la  perméabilité lyrique de l’imaginaire et du réel d’un homme ébranlé par les surprises du voyage en Métropole, tant rêvé depuis son pays natal (Congo-Brazzaville). Économiste et juriste de carrière, Nkodia vient de publier son premier recueil de poésie intitulé Tendre nostalgie, chez Edilivre Paris.

Il s’agit en effet d’une œuvre littéraire qui doit être abordée, à mon sens, sur le  plan chronologique   pour mieux saisir la philosophie de Nkodia, distillée au travers d’un lyrisme débordant et sous-tendue par une série de rétrospections d’un passé au Congo, d’introspections en Métropole, et enfin de projections dans un futur imaginaire couronné d’une énorme richesse universelle. De prime abord, on a l’impression que le poète n’aborde que le passé dans son ouvrage, mais au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture, l’on découvre que le socle du récit repose surtout sur un présent plein de rebondissements et un futur incertain, à l’image de tous ceux qui quittent l’Afrique pour l’Occident, avec beaucoup de rêves. C’est pourquoi j’y relève sans doute  une intertextualité avec les « Mirages de Paris » (1937) d’Ousmane Socé Diop (1911-1973). Nkodia est, quant à lui, resté plus d’une décennie en France, sans pouvoir retourner dans la mère patrie en raison de la guerre civile de 1997 au Congo-Brazza et des contingences de la vie. Séparé des siens et coincé en Métropole, l’homme de Brazza nous fait visiter l’Afrique à travers la description, avec force détails, de la forêt, de la savane, des « collines » et de la « brume matinale ».

 

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Autrement dit, l’espace et le temps occupent une place de choix dans cette poésie à la fois philosophique, culturelle et sociale. Tendre nostalgie est donc un recueil qui peut être considéré comme une première dans la nouvelle poésie contemporaine, africaine, eu égard à ses « structures profondes » en tant que catégories textuelles, pour ne pas paraphraser le professeur Jacques Soubeyroux, maître de mon maître (le professeur Marc Marti) dans ses travaux, Le discours du roman sur l’espace : il y proposait la théorie d’une nouvelle approche méthodologique. La démarche de Jacques Soubeyroux consistait à compléter la prééminence des deux catégories fondamentales du récit (temps et narration) élaborées par Gérard Genette dans Figures III en rehaussant  l’espace, jusque-là défini comme un circonstant, à savoir une troisième catégorie.

Avec cette découverte de Jacques Soubeyroux, j’ose ainsi aborder la nouvelle critique contemporaine et l’auto-référentialité à travers la fiction de Nkodia, en tant que spécialiste du siècle des Lumières (18ème). C’est une œuvre  qui ne peut  être exploitée, de fond en comble, sans se référer à la poétique de l’espace, grâce à son illusion de la réalité basée sur l’histoire fictive racontée, à son degré de mimétisme emprunté au monde réel, à son degré de déviance (l’écart par rapport au réel). En résumé, la poétique de l’espace jadis soulevée par Gaston Bachelard est aujourd’hui capitale dans Tendre nostalgie de Nkodia : l’espace est y cybernétique, puisqu’il englobe des données indispensables, sous formes d’indices.

Aussi Le professeur Jean-Marie RAINAUD, écrivain-poète et Doyen honoraire de la Faculté de Droit de Nice avait-il eu raison lorsqu’il le conseillait de réorganiser l’ensemble de ce recueil de poésie en élaborant un plan selon la thématique. Il s’agit donc de la concrétisation d’un long travail payant, au regard de l’importance du trajet dans cette étonnante œuvre, Tendre nostalgie. Jean-Paul Sartre affirmait à juste titre: « pour qu’il y ait récit, il faut une causalité ». En revanche, dans une brillante leçon de poésie prodiguée dans la préface de mon premier recueil, Les rêves de la fleur, le professeur Marc Marti citait Roland Barthes qui se doutait dans Les Mythologies qu’il y eût une essence de la poésie en dehors de son histoire. Bref tout au long de ses vers classiques, le poète Nkodia tente de reconstituer un monde défait, à partir d’un puzzle éparpillé tantôt en Afrique, tantôt en Europe, par le biais de questionnements et de pérégrinations.

Par conséquent, la rigueur du style de Nkodia est liée à sa carrière de robin, selon son préfacier et professeur, Jean-Marie Rainaud, qui a pris le soin de préciser que les grands poètes furent aussi juristes en évoquant le célèbre musicien Mendelssohn. Et d’enchaîner avec la formule d’Aimé Césaire qui mettait en relief le style rigoureux de la poésie de Lautréamont semblable à  un acte de puissance publique : «la poésie de Lautréamont belle comme un décret d’expropriation». Pour rassurer ceux qui trouveront curieuse l’association entre Droit et poésie, Jean-Marie Rainaud a bel et bien fait la différence de ces deux disciplines tout à fait antinomiques : « Le droit est réaliste alors que la poésie ouvre grand les horizons de la fiction. D’un côté le formalisme du notaire, de l’autre l’imagination et la fantaisie ».  Mais, il reconnaît par la même occasion l’importance de leur combinaison qui nous ramène au Solfège avec  la musique des notes : « Comment concilier la norme, la loi, la règle à l’insolite, à la singularité voire à la marginalité ? ». Bref, les notes de la musique sont forcément régies par des règles, même si elles relèvent de l’imaginaire.

Enfin, le professeur de droit, de surcroît écrivain et poète niçois, qui a  depuis longtemps savouré la plume de son disciple nous livre ses impressions : « Avec Yves Fernand NKODIA la poésie est belle comme un service public. Il est l’homme  de la solidarité, de la communion avec les plus souffrants: l’aveugle est guidé par les fées du ciel (p. 27), la moisson nous attend de l’autre côté du champ (p. 23), le monument des juristes s’élabore en Afrique ». En effet, le paysage dans la poésie de Nkodia est, selon lui, sublime et sensationnel, grâce à l’attachement du poète à ses origines comme source d’inspiration: « Les cheveux d’Yves Fernand NKODIA sont encore saturés de rosée africaine, son texte est illuminé par la lumière d’ambre qui filtre à travers les collines. Le lecteur s’il prête attention entend les arbres pleurer leurs feuilles ».

Dame Diop, doctorant en Littérature au laboratoire du Circples (Université de Nice Sophia-Antipolis)

afriquedemocratie@afriquedemocratie.net

Lien pour consulter le livre :

http://www.edilivre.com/tendre-nostalgie-yves-fernand-nkodia-mantseka.html

 

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