YVES MAKODIA

Au carrefour de la culture, de la littérature et de la poésie

Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD: l’infatigable défenseure de la cause féminine

Classé dans : Non classé — 13 novembre, 2011 @ 6:14

Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD: l’infatigable défenseure de la cause féminine gislaineimages-120x150

 

 

 

 

 

Si le chemin des Droits de la femme dans ce monde est long, rocailleux et plein d’embûches, il faut donner à Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD la force, le courage et le mérite de continuer inlassablement ce difficile combat de la liberté et de l’émancipation.

Force est de constater qu’au cours de ces dernières années, l’illustre écrivaine a ardemment milité et bataillé durement pour se faire entendre et donner à la Congolaise sa rayonnante image de mère porteuse d’amour et partageuse de bonheur. Mais aussi et surtout celle d’une femme que l’on doit absolument respecter par ses devoirs et droits qui lui incombent et lui reviennent par rebondissement. Ou par ce que l’on appelle singulièrement en jargon scientifique l’effet «de chimiotactisme positif». En filiation avec cet attrait bienveillant, bienfaisant que l’homme éprouve naturellement devant sa moitié qui n’est autre que lui-même. Dans la fusion totale, idéelle et sacralisée de l’amour pur. Cette conception ancienne et transcendantale que véhiculaient nos ancêtres.

Ainsi «la poétesse au regard extasié» s’inscrit dans la logique du grand combat de la femme. Cette lutte inexorable qu’elle mène par la voie de la voix et de l’écriture. Ces deux instruments de vocation qu’elle manie avec maitrise de bon aloi. Et d’absolue nécessité pour mettre fin au conservatisme rabique qui ronge la société africaine et les inégalités réelles qui érodent le monde occidental et les discriminations criardes qui fissurent le monde dans sa globalité. C’est avec ses pinceaux que la prolifique et polyvalente écrivaine Congolaise s’évertue à exorciser le mal de la femme à travers les pièces de théâtre, à relater les atrocités de la mère par le biais des Contes et par le truchement des Conférences et débats à  dénoncer l’oppression infligée à celle-ci. Tels sont les axes principaux de la défense de cette figure de prou dans ce monde segmenté par la domination masculine et dont la montée du féminisme infléchie la donne par la restauration du genre et de la parité. Avec elle le féminisme devient l’arme qui doit servir la femme et non l’asservir.

De son premier livre en 2005 intitulé «Hymne à la tolérance» à l’art de la Maternité chez les Lumbu du Congo en passant par le Combat des femmes Congolaise, les Femmes d’Afrique Centrale au Québec et l’Amour en migration,cette singulière femme a fait des Femmes son unique combat dans la recherche de l’égalité dans la différence et le respect des droits et libertés fondamentales. Ces principes essentiels qui fondent l’humanité.

C’est une vision humaniste de la conception de la discrimination des femmes que cette dramaturge, nouvelliste, essayiste fait montre explicitement par ses idéaux. Et qui se dessine merveilleusement dans ses œuvres de lumière dans ce monde victime de l’obscurantisme total des dirigeants.

A l’image de ces œuvres manifestes marquées par l’éternelle situation de la femme, son écriture est un sceau de l’engagement et de la passion dévorante pour sortir la femme du bourbier des conditions infâmes et de l’indignité humaine. C’est un éternel voyage entre le Congo sa terre ancestrale et son pays d’accueil le Québec que l’auteure nous amène à travers ses ouvrages. Avec son célèbre slogan« seule la lutte libère» à la bouche pour briser les interdits, bousculer les tabous et améliorer ainsi la condition des femmes.

Au regard de ce qui vient d’être exposé lapidairement, il en découle que le parcours de cette courageuse femme se comprend à la lumière de son sublime combat et à travers sa vision grandiose.

Son unique combat 

Ainsi cette fervente défenseure de la cause féminine œuvre sans cesse à faire restaurer la loi et les normes permettant de libérer, de protéger et de défendre. C’est toute cette entreprise intrépide que cette vaillante exerce par le biais de l’écriture, de la parole et des actions concrètes pour faire passer son message de solidarité, de justice et d’égalité.

Cette figure incontournable use l’encre de sa plume romancière, déploie ses ailes lyriques  pour insuffler voire seriner dans le cerveau de l’humain ankylosé, chloroformé et formaté par les clichés et pensées sexistes nébuleuses. Elle cherche à faire taire tous les discours et prises de positions outrancières de discriminations et de rejet systématiquement de la femme dans le champ de grandes décisions du monde. C’est ce refus manifeste face à ces inégalités monstrueuses et divisionnistes que l’homme épris dans un tourbillon de machisme exprime  insidieusement à l’égard de la femme. C’est à l’image des grandes figures féministes mondiales qui militent depuis un demi-siècle qu’elle tire le modèle de combat à la domination masculine, à ses lois et à ses mentalités.

A l’heure du modernisme effréné, elle s’insurge contre le pouvoir conservateur, contre toutes les traditions tatillonnes et coutumes séculaires rampantes qui lézardent tous arbres florissants préfigurant les grandes avancées des conditions de la femme. Fustigeant littéralement le traitement infligé à la femme dans le monde rural, elle vante l’idée de l’intégration de la femme dans toutes les sphères sociales, politiques et économiques voire environnementales. C’est le rôle majeur que la femme doit jouer dans les villages, les campagnes, les villes africaines où elle est souvent réduite aux taches ménagères, aux travaux champêtres et confiner au poste de gardienne du foyer. C’est cette impuissance relative imposée par l’homme que cette voix de la raison conquérante conteste sans fin dans ce monde.

Son unique combat reste de donner à la femme sa raison d’être et de vivre.  De ne point changer le monde mais de participer à la conscientisation d’ensemble. Face à la montée de la violence et de la pauvreté chez la gente féminine. Pour elle, le féminisme n’est pas un vain mot, ni un discours désuet. Il est, au contraire, d’actualité, contemporain. Et son but ultime: c’est abolir toute forme de domination. Celle d’un sexe sur l’autre, d’une couleur de peau sur l’autre, d’une orientation sexuelle sur une autre, etc. Car cette femme africaine cherche avant tout: « l’égalité entre tous».

Cette véritable combattante veut donner à la mère « qui allaite, gouverne les pas et ouvre les yeux aux prodiges de la terre » comme disait Camara LAYE une autre fonction humaine, salvatrice et glorieuse. Celle d’une femme à la commande des unités de productions, celle  d’une femme qui occupe la place de cheftaine de village, d’ardente défenseure et protectrice des normes. Et par conséquent celle qui, par dessus tout, oriente et prend l’initiative et les décisions politiques. C’est une femme de pouvoir, responsable, aimée et aimable que l’écrivaine de lumière intègre dans sa vision et philosophie même de féministe de première heure au Congo. Bien sûr, à la lecture minutieuse des ouvrages multiples de Gislaine Nelly Huguette SATHOUD sa conception du féminisme est somme toute positive et fort constructive. Si loin du courant féministe radical embourbé dans la vengeance et la haine viscérale.

Oui, cette poétesse dans l’âme incarne cette idéologie moderne dans la défense des intérêts de la femme. Ces intérêts qui symbolisent les droits de l’Homme. En exaltant pour dessus bord cette sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, elle rejette toutes mœurs gangreneuses qui enchainent la femme et la relègue au second plan. C’est ce cantonnement au rôle mineur que l’auteure explicite dans son ouvrage l’art de la maternité quant elle souligne que la femme semble encore reléguer au second plan à cause de la maternité qui la différencie de l’homme. Dans le rôle réducteur de donner des vies et sans en donner l’évolution et le progrès aux fruits de ses entrailles dans l’épanouissement et le développement de son être. Explicitement, elle célèbre le pouvoir éducateur, formateur et régénérateur de la femme. Tel qu’il fut exercé par les puissantes et antiques femmes Egyptiennes dans la procréation en union avec la déité. Et bien avant par nos ancêtres congolaises. C’est cette initiation sacrée que l’écrivaine partage à travers son expérience de passage de la fille à la femme dans l’art de la maternité. Avec le fameux rituel de l’eau bouillante Gislaine Nelly SATHOUD nous livre le secret millénaire du rajeunissement de la sexualité de la mère. A ce propos elle écrit : «Musonfi» est bien plus qu’une simple appellation, il s’agit d’un symbole, toute une tradition se résume dans cette représentation. Et elle ajoute:« En fait, quelques autres symboles pourraient s’associer parfaitement à cette appellation «Musonfi» : la beauté, le rayonnement, la joie de vivre et bien d’autres encore… »(1)

Une vision grandiose de la femme  

Ghislaine Sathoud, sereine et convaincue, porte une vision symbolique de la femme. Sa vision de la femme est grande et universelle. Elle n’est guère d’une tribu ni d’un clan. Car son œuvre globale insère le monde dont elle cherche à apporter la pierre pour l’édifice commun. L’humanité.  Cet humaniste altruiste montre la dimension sociale et culturelle de la femme qu’elle veut intégrer dans le pluriel. Et non dans le singulier du monde égotique. Doctrine des sexistes et des ségrégationnistes résolument claquemurée dans la division et la séparation d’avec le monde Un.

A l’antipode des courants passéistes et rétrogrades, ses contes et ses nouvelles peuplent l’univers de ses pensées dans l’insertion de la femme dans l’ère de la parité. La femme doit au même titre que l’homme occupé les postes de travail égal et obtenir un salaire commun à la hauteur de ses talents et compétences. Elle rejette la marginalisation totale de la femme. C’est plutôt cette reconnaissance des qualités de travail, de mérite et non de beauté que cette implacable dame de cœur et de conviction exprime à travers sa démarche héroïque de la sauvegarde des acquis de la femme dans ce monde où elle se veut être libre et indépendante. Avec sa délicate attention, elle nous met en garde contre le renoncement, l’impatience, et donc de ne point lâcher prise… Et de ne point oublier les souffrances endurées par nos mères africaines dans les villages reculés, enclavés pour nourrir la famille. Tous leurs sacrifices humains poussés à l’extrême au nom de l’amour et du bonheur des siens et de la patrie même. Son cœur éploré nous conseille: « ne peut passer sous silence les difficultés des femmes à la campagne, qui travaillent de longues heures dans des conditions de pénibilité extrême voire insupportables.» (2)

Ainsi avec l’amour en migration l’écrivaine fait une analyse bilancielle: « …Femme. De ma naissance à aujourd’hui, j’en ai vu de toutes les couleurs. De mes premières règles à ma ménopause, beaucoup de choses se sont passées. Du haut de mes cinquante cinq ans d’existence, je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu de l’animation. Plusieurs grandes secousses ont mis ma vie à rude épreuve. Je n’ai pas baissé les bras. Je n’ai jamais baissé mes bras. Je n’ai jamais cédé à la fatalité. J’ai toujours gardé espoir. À mon sens, une femme doit prendre sa place dans la société. Une femme doit faire son chemin. Elle a droit à sa place. Sa voix doit être entendue. La femme est une personne à part entière  qui doit jouer son rôle, assumer des responsabilités à sa manière. Plus les discriminations sont nombreuses, plus j’aime relever le défi d’être une femme. » (3)

Et sa pièce de théâtre -les maux du silence- une femme en pleurs-mise en scène sur les tréteaux de Sherbrooke au Canada à l’occasion de la marche mondiale des femmes, elle crie que les femmes africaines sont plus malheureuses en Occident qu’en Afrique et évoque le concept de la dépendance.

« Des Femmes d’Afrique centrale au Québec au Combat des femmes du Congo-Brazzaville, une seule préoccupation pour l’auteure : montrer et dénoncer les affres que subit la femme africaine en général et la Congolaise en particulier dans cette société des hommes où le masochisme semble se révéler dans la plupart des nations, surtout dans les pays du Sud. Le Combat des femmes du Congo-Brazzaville, une réflexion qui peut se lire sur fond d’autobiographie et d’expériences sociales personnelles », écrit Noel Kodia Ramata (4)

Mais dans l’ensemble l’auteure dans ses œuvres met en exergue la valeur de la femme africaine. Elle plaide l’honneur et la fierté des femmes en leur rendant un vibrant hommage. En raison de la lutte inlassable qu’elles mènent pour leur émancipation, leur épanouissement en dépits des préjugés. Dont elles sont en proie tant en Afrique qu’en occident à cause des différences culturelles. Pour elle, certaines coutumes draconiennes et traditions surannées vont à l’encontre des idéaux nobles exaltés par les Nations Unies pour le développement dans le monde. Ou pis encore ils sont à l’antipode de la promotion du genre et de la parité. Ces vecteurs de construction de l’inégalité rompue et discrimination effacée pour l’unité entre Hominisme et Féminisme. Ces vecteurs de structuration de l’humanisme pluriel. Ce vaste monde de l’homme et de la femme avec leur identité acceptée et respectée. C’est cette identité de la femme que la militante acharnée revendique au nom de la modernité et du progrès des mœurs. Et au nom du respect de la démocratie inclusive et de vertus républicaines. Sans injonction extrême de religiosité dont elle garde précieuse les valeurs pérennes de l’unité et de la fraternité.

De plus, dans sa « lutte féroce qui donnera le salut », cette femme active dans le monde associatif et culturel a évoqué aussi dans son ouvrage « Les femmes d’Afrique centrale au Québec » le lancinant  problème de l’immigration de la femme. Un autre volet pour montrer du doigt les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes hors de leur pays d’origine. Parmi ces maux elle cite, entre autres : l’affront d’une autre culture, le regard de l’autre, etc. En somme, elle dit:« la femme immigrante hérite déjà de la discrimination envers toutes les femmes. De plus, en tant que femme immigrante, elle subit encore plus de discrimination»(5)

Installée au Québec avec sa famille, ce n’est guère une lutte politique exacerbée que cette voix majeure de la littérature Congolaise s’évertue à pourchasser loin de son pays natal. Mais un idéal de justice et de paix dans une société mondiale où l’homme parfois despote piétine les règles communément admises. Celles qui célèbrent l’amour du monde. Celui qui considère l’autre, la femme comme un être à respecter et aimer dans un indissoluble lien d’amour.

Cette parité dans la légalité et dans l’inégalité compensatrice que professe cette brillante écriture dans la défense grandiose et perpétuelle des causes réelles. C’est l’égalité des chances issue de la protection et de la défense des valeurs cardinales qui fondent la famille unie que conseille cette congolaise visiblement versée dans l’océan de l’entente, de l’harmonie et l’équilibre des couples.

Ainsi, elle se situe à contre courant des toutes les impunités totales qui minent les sociétés africaines et occidentales où les violences physiques, psychologiques et morales sont  monnaies courantes. Toutes ces femmes battues, molestées, torturées, violées restent l’unique dessein de son combat dans les sociétés rongées par les esprits malséants, fous et potentiellement dangereux. Ces faiseurs de troubles publics qui utilisent l’arme, le pouvoir, la puissance voire la séduction pour fouler au pied les lois universelles et protectrices de la femme.

Avec cette voie de la défense de la femme, elle est l’éminente avocate dans cette arène mondiale où son esprit éveillé et humaniste symbolise une lutte sans fin des causes justes. Celles qui animent sa vie, éclairent ses écrits et illuminent son parcours héroïque. Dans ce monde où elle passe son message vibrant demeure…et l’espoir aidant s’élève dans ses œuvres déjà amorcées. Celles qui viennent nous souhaitons à l’artiste née une lumière qui éclaire la route de la «vainqueure». Que l’histoire dira d’elle. Assurément!

Yves Mâkodia Mantseka    http://ynkodia.unblog.fr/

Notes:

(1):   Lire L’art de la maternité chez les LUMBU du Congo,  page 64

(2) : Lire Les femmes d’Afrique centrale au Québec, page 51

(3) : Lire L’amour en migration, page 14

(4) : Lire in  www.afrology.com et Afrique éducation du 246

(5): Lire entretien réalisé par Planète Afrique.com in Site Officiel Ghislaine SATHOUD

Bibliographie de l’auteure:

Poésie
Poèmes de ma jeunesse Pointe-Noire: Éditions I.C.A., 1988. Poésie

L’Ombre de Banda Paris: Éditions C.B.E., 1990. Poésie.

Pleurs du cœur Paris: Éditions Expédit, 1995. Poésie.
Théâtre
Les Maux du silence. Maison Culturelle Les Ancêtres (Canada), 2000
Nouvelle
Les Frères de Dieu Québec: Éditions Melonic, 2006. (72p.).
Conte
Itiana Montréal: Éditions Carte Blanche, 2002

Romans
Hymne à la tolérance. Québec: Éditions Melonic, 2004

L’amour en migration, Paris : Ménaibuc, 2007.

Essais
Les Femmes d’Afrique centrale au Québec. Paris: L’Harmattan, 2006

Le combat des femmes au Congo-Brazzaville, Paris : L’Harmattan, 2007.

L’art de la maternité chez les Lumbu du Congo Musonfi. Paris, L’Harmattan, (L’Harmattan, Collection Études africaines, 2008)

 

La Sape : Un dandysme congolo-congolais

Classé dans : Non classé — 13 novembre, 2011 @ 5:47
   
 
Papa Wemba 

Aujourd’hui, la Sape gagne de plus en plus le monde de deux rives congolaises (Brazzaville et Kinshasa). Cette «société des ambianceurs des personnes élégantes» (SAPE) a vu de nombreux adhérents et adorateurs intégrer son cercle, hier encore fermé aux profanes. Les initiés du culte de la beauté des vêtements transmettent leur art au commun des mortels. Ces dandys nés cultivent au quotidien dans les deux villes les plus proches du monde une culture qui devient avec l’émergence du mouvement dans le monde occidental une exception. Une marque culturelle reprise par les politiques qui ont fait un legs colonial et historique fructifié et embelli à l’image congolaise. Une touche singulière reconnue mondialement et les dirigeants aidant donnent une place de choix et de reconnaissance par le biais des célébrations officielles qui l’élève au rang du patrimoine national, riche et rayonnant.

La genèse du mouvement

Le colon blanc, en découvrant le majestueux Congo, a laissé dans les rives et terres son propre habit. Une tunique que nos ancêtres découvrent stupéfaits dans leurs paisibles royaumes et villages de rassemblement. Mais l’origine de la Sape remonte à Bacongo, ce quartier phare de la ville sud de la capitale du Congo Brazzaville où les dénommés cracks, fréquentant les bars, dancings et marchés populaires, ont inventé ce concept novateur. Dans ce célèbre quartier des peuples Laris et Kongos, la mode devenue Dieu est adorée par les sapeurs tirés à quatre épingles qui se déambulent dans les rues, les avenues à cœur joie et autour de leurs multiples supporters ou zélateurs. Une véritable ambiance de fêtes orchestrée par les concours de la mode subsiste dans la capitale brazzavilloise où les partisans des quartiers de Poto-poto, de Ouenzé, de Moungali et d’autres viennent s’affronter à ciel ouvert. Habillés par les grands couturiers occidentaux, ces compétiteurs célèbrent la mode et chantent à l’infini le refrain de leur rêve de rejoindre Paris: l’eldorado. La capitale de la Mode. Cette capitale française où leurs ainés « sapeurs » résident et ne cessent d’alimenter, d’amplifier ce merveilleux rêve en envoyant les habits en vogue pour la promotion et le développement du mouvement. C’est cette trajectoire impulsée par leader politique André Matsoua et élargie par les Parisiens Bacongolais qu’est née explicitement la Sape. Historiquement, la palme d’or du premier sapeur de tous les temps revient à ce chef et qui, plus tard, donna ses lettres d’élégances aux jeunes étudiants congolais de Paris d’autrefois. Ainsi de Bacongo à Paris, la mode en traversant la mer et les océans s’est développée et a gagné sa place de prédilection et de concrétisation au Musée Dapper à Paris, au Musée des confluences de Lyon. Parmi les grands héritiers de la sape à Brazzaville, on peut citer: Ya Francos, Kalafath, Lony, Nono, Belos, Miro, Gomes, Kapata,

Baudouin Mouanda

Mais la Sape a aussi connu une autre voie de développement et d’amplification: Kinshasa. L’homme politique Patrice Lumumba a été le premier dandy congolais. Singulièrement le quartier Matonge (prononcé: Matongué), au village Molokai, est et reste aussi le foyer genèsique de la sape. A ce sujet, Papa Wemba est incontestablement le pionnier de ce mouvement. Ce célèbre musicien insuffle dans les années 80 un air de la Sape en décrétant que celle-ci appartient à la religion «Kiténdi» (Tissus en Lingala). Avec lui, feu Niarcos et les musiciens de «Viva la musica» (Groupe musical du célèbre Papa Wemba) et autres chanteurs de l’époque, comme Koffi, Bozy, Evoloko, Emmeneya, Defao et autres, vont reprendre le flambeau. De Kinshasa à Paris en passant par Bruxelles, le grand Jules (prénom de Papa Wemba) va diffuser cette nouvelle façon de s’habiller qui rivalise avec «l’Abacost», tenue officielle du gouvernement zaïrois à l’époque. Mais le mérite de Papa Wemba reste dans les chansons dédiées à la Sape et aux couturiers parisiens qui vont donner à celle-ci une renommée mondiale. Et l’apparition du film de «Djo Balard», le roi de la Sape, va parachever cette ascension fulgurante du mouvement de la Sape.

Aujourd’hui, d’autres courants sont nés autour de ce concept. De la Sape à la Sapologie, une culture est née et se développe à travers le monde. Une vision scientifique de la sape popularisée par le défunt chanteur Bernard Boundzeki. De Londres à Rome en passant par Milan, Paris et autres, la sape à la congolaise s’invite et participe dans les défilés et salons prestigieux de la mode. L’Internet, où les vidéos des sapeurs se regardent sans cesse, élargit de plus bel le mouvement qui atteint toute l’Afrique. Les défilés de mode se déroulent partout. Au Togo, au Burkina Faso, en Cote d’Ivoire, au Cameroun, au Gabon, en Afrique du Sud, etc., les sapeurs et les sapeuses continuent de célébrer ce culte de la beauté, de la séduction, du paraître.

Quel avenir ?

Hector Mediavilla Sabate Brazzaville

La Sape, comme moyen d’expression du peuple de deux rives, s’est enracinée dans les mœurs et les coutumes. Un langage est créé autour de ce mode vestimentaire. Art de paraître pour les uns et art de beauté pour les autres, la Sape, en traversant les âges, transmet et véhicule un message de confraternité, de solidarité et de partage. Car, à la base, ce culte du «je» est né d’un troc ou échange d’habits entre frères et amis. Une manière de plaire et de séduire l’autre, son amour, sa conquête, son semblable. Elle est donc une arme de persuasion, d’être et d’exister…, de vivre à travers une passion de l’amour du vêtement. La Sape marque l’identité des personnes et correspond à un certain style de vie. Qui ne s’écrierait-il pas en voyant un « sapeur » bien dans sa peau que l’habit fait le moine ? Car les sapeurs sont maintenant dans toutes les couches sociales. Ces nouveaux champions de la mode ont aussi une tête bien faite et s’identifient au monde intellectuel et se réclament être les défenseurs d’une culture, d’un nouveau mode de vie, d’un idéal. Et ils sont aussi les acteurs de la cohésion sociale et donc des passeurs de valeurs fraternelles.

Avec la prise de conscience du mouvement par les politiques et de l’impact positif qu’elle suscite dans ce monde des dirigeants, la Sape, comme autrefois la beauté de l’âme et de l’esprit, demeurera demain une lumière qui éclairera la culture jumelle de ces deux rives. Et qui dans un proche avenir se réunira autour d’autres valeurs et richesses communes qui feront de ces deux rives les nations fécondatrices de l’unité entre peuples africains.

Yves Makodia Mantseka

Hommage au ROI MAYASSE

Classé dans : Non classé — 27 octobre, 2011 @ 2:40

a082531cf582581a28a48719e42d1fc8.jpg

Adrien BITEMO est né au Congo Brazzaville le 14 août 1966. 

Après ses brillantes études à l’université Marien NGOUABI au Congo, il obtient une bourse en France pour parfaire un cycle doctoral. 

En 1992, en effet, Adrien est arrivé en France précisément à l’université d’Amiens où il a passé avec brio une année de langue française. Après ce bref passage, l’année suivante il est inscrit en DEA à l’université de Nice. 

A l’issue de l’année 1995, l’étudiant BITEMO décroche avec succès son diplôme de DEA. Cette réussite va lui ouvrir les portes de l’école doctorale. 

Acharné, sérieux et méthodique, il poursuit ses travaux de recherche pendant un peu plus de trois ans. Les résultats obtenus durant ce temps écoulé ont été éloquents comme le témoignait fort justement son directeur de thèse Michel DROUIN. 

Mais à l’aune de l’année 2000, une mauvaise nouvelle vient assombrir ce brillant parcours. Adrien apprend, après des analyses approfondies, qu’il est porteur de la maladie de Huntington. Cette douloureuse information stoppe l’élan méritoire et l’inlassable effort de notre ami et frère. 

Durant cette période difficile, Adrien BITEMO est resté digne, humble, aimable et sociable. Ces qualités indéniables symbolisent sa courte vie. Une vie simple et héroïque. 

Adrien BITEMO avait un don inné de donner et partager. Une fibre et un legs familial à l’image de son frère ainé, Raymond BITEMO, ce professeur de lycée au Congo, la seule personne en bonne santé de la fratrie. 

Adrien était aussi un bon pédagogue. Il avait l’art de transmettre la connaissance. Tous ceux ou toutes celles qui ont bénéficié de son encadrement ne cessent de vanter ses qualités d’économiste et de juriste. 

On oubliera jamais ce que notre ami et frère aura laissé dans notre mémoire collective ;  nous ses amis qui l’avons côtoyé durant une vingtaine d’années ; il était un être spécial par ses rires, ses gestes, ses paroles et ses pensées.

En plus d’être bon et généreux, il savait manier avec maestria notre langue nationale. Ses célèbres expressions resteront à jamais vivantes dans notre cœur et notre esprit. Tant il est vrai, un véritable monument de savoir et de culture africaine vient de nous quitter. 

Le vide laissé par sa disparition n’effacera rien des moments de joie, de bonheur et de fraternité passés ensemble. 

Féru de mode et de vêtements de haute couture, Adrien était un dandy remarquable et un sapeur hors du commun. Il portait le surnom du « ROI MAYASSE ». 

Une dévorante passion qu’il a su concilier avec ses attributs d’économiste et de juriste car rappelons le notre ami et frère était un doctorant en droit et financement du développement. 

La communauté congolaise de Nice et les amis d’Adrien disséminés à travers la France expriment leur gratitude à l’égard de l’association Huntington Avenir pour les efforts multiformes accomplis hier par son soutien à Adrien et, aujourd’hui pour le rapatriement de sa dépouille. 

Un grand MERCI à Marguerite Garcia. 

A Adrien, nous souhaitons un bon retour….., le dernier voyage au pays des ancêtres. 

Et que Dieu tout puissant accueille son âme dans le royaume des cieux. 

Adieu ADRIEN 

 

La voix du conteur Congolais

Classé dans : Non classé — 27 octobre, 2011 @ 2:42

Voilà une fois de plus le Congo perd l’un de ses fils  Voilà une fois de plus à 44 ans   

Partir pour apprendre  Partir pour apporter à sa famille   

Partir pour ne pas foirer, comme tous ceux qui sont destinés à foirer  Partir pour chercher le bonheur à la sueur de son front   

Partir pour compter pour quelque chose, dans le pays ou rien n’est donné  Partir parce qu’il fallait partir.  

Silence ! 

Merde !  Où va-t-on mettre les Ma Ndalas  

Les Ma Ndalas pour indiquer la route à ceux qui vont venir à la veillée   Les Ma Ndalas pour ceux qui viennent pour pleurer  

Pleurer celui qui a lutté contre cette maladie qui n’a pas de nom dans la langue de sa mère.   Tata Bitemo Felix Ku na Musana   

Mama Nzoumba Ku na Musana  Mama Elodie Bitemo Ku na Ma fula   

Nbéno Ba ku Musana  Tata Adrien, Ya Bitemo est mort.   

Mort sur la terre de son exil   Mort comme un autre  

Mort de douleur, de la solitude   Silence, oui celui de la mort  

Nous ses parents et sœur-S et frère-S   Tremblement de terre, le monde tremble, mais non c’est moi  

De quoi j’ai peur   Et toi, mon frère de quoi tu as peur ?  

Lui il s’est battu très longtemps, aux hospitalités et dans les hôpitaux   Meurs, mon frère, et réserve nous une place à côté des Nôtres  

On te pleurera toujours.   Il est mort sur la terre d’exil   

Loin de Musana.  

Par Jorus Mabiala

« L’expression du métissage dans la littérature africaine » (1) de Liss Kihindou

Classé dans : Non classé — 8 septembre, 2011 @ 1:05

 « L’expression du métissage dans la littérature africaine » (1) de Liss Kihindou

La critique littéraire s’affirme au Congo. Et cela vient une fois d’être prouvé par Liss Kihindou qui, après plusieurs critiques dans la presse et sur la Toile, vient de publier un ouvrage intéressant pour la relecture de quelques classiques francophones qui posent le problème du métissage sur fond d’une écriture « brûlée par les rayons des soleils des indépendances ».

   66512252

Trois romans, L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane, Le Lys de le Flamboyant d’Henri Lopes et Les Soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma sur lesquels se fonde une étude sur un sujet pertinent qui construit un pont entre trois livres et deux cultures, voilà la quintessence scientifique que nous propose Liss Kihindou. Le métissage dans la littérature, un thème révélateur dans le choc des cultures que nous révèle la littérature africaine d’après les indépendances. Rencontre du Blanc avec le Noir, rencontre des langues africaines avec le français sont étudiées sous l’angle culturel, ethnologique et linguistique ; une relecture de trois noms de la littérature africaine d’expression africaine. 

I.                    Métissage culturel 

Avec la rencontre de deux cultures dont la première (occidentale) domine la seconde (africaine), se réalise au niveau du continent « l’occidentalisation » dont parle Cheikh Hamidou Kane dans son ouvrage. Aussi Liss Kihindou nous rappelle ces propos d’un personnage de l’auteur : « L’école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu’aujourd’hui nous aimons et conservons avec soin, juste titre ». Aussi la métamorphose que subit l’Africain en contact de l’Occident est définie par le personnage de Samba Diallo qui se confronte à la loi de l’école occidentale. Il devient par la suite une sorte d’ « hybride culturel ». Et la situation de Samba Diallo fait écho à celle de Karim d’Ousmane Socé. Karim, une âme qui veut briser l’antagonisme qui existe entre modernité et tradition, antagonisme crée par le métissage culturel. À travers son étude, Liss Kihindou nous révèle que Samba Diallo et Karim nous « donnent » deux exemples de romans africains qui signifient le métissage culturel à travers leur voyage en ville, à la rencontre du milieu occidentalisé.   

II.                  La symbiose des populations blanche et noire 

Le roman le plus pertinent dans cette étude est Le Lys et le Flamboyant d’Henri Lopes car écrit par un métis qui met en scène quelques personnages métis. Et se révèle dans ce roman la difficulté de vivre son métissage. Comme le précise Liss Kihindou, « à cause du regard antipathique dont il est l’objet, le métis a du mal à concevoir son métissage comme un avantage ». En quête d’identité, le métis est souvent rejeté par les deux communautés (noire et blanche) dont il est issu malgré lui, d’où la création d’une autre communauté, celle des métis, souvent repliée sur elle-même. Une double identité se remarque chez les métis : il est Blanc pour les Noirs et Noir pour les Blancs. Devant ce rejet par les deux communautés, le métis se trouve confronté à un autre combat situé dans le choc de la communication langagière. Se crée alors un métissage communicationnel, d’où cette remarque de Liss Kihindou : « Le roman africain contemporain voit se développer une langue française où retentit la parole africain ». 

III.                Le métissage au niveau du langage 

La rencontre des cultures africaine et  française à travers l’école qui se fonde sur l’écriture comme un instrument du raconté. Avec l’école des Blancs, l’Africain passe de l’abstrait de l’oralité au contrait de l’écriture. Aussi, les langues africaines s’intègrent dans les textes écrits essentiellement en français. Et ce fait se développe dans la mesure où les écrivains africains se confrontent à moult difficultés pour traduire les réalités du terroir. Se pose le problème de la traduction des langues orales africaines en français de texte écrit. D’ailleurs Liss Kinhindou est plus explicite à ce sujet quand elle affirme que « la traduction est un exercice des plus délicats car il ne suffit pas de traduire le mot, il faut aussi pouvoir faire passer dans la langue de traduction l’esprit de la pansée, sa force, sa vitalité ». Ainsi, remarquons-nous l’intrusion des mots africains dans les textes des romans pris comme corpus d’analyse. Avec « l’oralisation » de l’écriture, comme on le constate dans Les Soleils des indépendances et Le Lys et le Flamboyant, se dégage dans ces textes l’affirmation du moi africain qui se retrouve à cheval entre l’oralité africaine et l’écrit français. On peut affirmer sans ambages que ce métissage langagier a donné naissance à des africanismes et néologismes qui caractérisent la littérature africaine d’expression française. 

Pour conclure  

L’expression du métissage dans la littérature africaine, une analyse qui révèle la pertinence des langues africaines dans la littérature rendue en français. Et le métissage dont fait allusion Liss Kihindou est un phénomène de l’affirmation de la civilisation africaine longtemps négligée par l’Occident. Avec ces trois auteurs ayant vécu l’ère colonial et subi les soleils des indépendances, est née une écriture métissée qui s’est imposée au fil des jours dans la littérature dite francophone. Et le mérite de Liss Kihindou est d’avoir explicité cette richesse scripturale acceptée de nos jours dans la littérature de langue française, les dictionnaires modernes ayant reconnu certains africanismes, à l’instar de quelques particularités langagières d’autres pays francophones comme la Belgique et le Canada. Ce livre, un véritable document dans la recherche sur les littératures africaines. 

Noël KODIA 

(1) Liss Kihindou, L’expression du métissage dans la littérature africaine : 

 

Cheikh Hamidou Kane, Henri Lopes et Ahmadou Kourouma, L’Harmattan, coll. Ecrire l’Afrique, Paris, 2011, 92p. 11 euros.

paperblog

Classé dans : Non classé — 13 juillet, 2011 @ 7:00

Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo ynkodia ».

Le nouveau roman de Noel KODIA-RAMATA sous le titre « Un Journaliste blanc sous le soleil de l’équateur »

Classé dans : Non classé — 16 juin, 2011 @ 7:47

                                               347360076948652.jpg

D’emblée, la lecture du nouveau roman de NKR s’ouvre comme le souligne l’éditeur sur un reportage sur les Enfants de la rue en pleine contrée africaine traversée par l’équateur. Un feuilleton à rebondissement d’un journaliste blanc nommé Claude Alain appartenant à la RFI qui se trouve confronté à une tentative de coup d’état avorté. Durant son séjour, il découvre une autre version sociale du pays. Et aidé par une collègue journaliste, Galiana, l’homme finit par arracher une interview historique d’un chef de l’état dans son propre palais. Qui vient de s’extirper des mailles du danger et du pire aussi, tendus par l’indécrottable et assoiffé du pouvoir le capitaine Moléki Nzéla. Quelques jours avant les émeutes sanglantes en plein capitale Tournevilloise, nés de l’échec retentissant des Tigres Noirs Katamalaisiens face à l’éminente équipe de foot-ball Diables Rouges du Congo au stade de la Trinité. 

                                                     25706803628488.jpg

Les différents axes principaux 

De fond en comble, le récit palpitant de l’auteur s’article autour deux axes principaux  à savoir: le style et la méthode.  Un immense champ romanesque parcellisé par les multiples sujets. Un savoureux ouvrage qui recèle à la fois l’essai, le roman et le théâtre. Cet étonnant composite aux myriades de sujets qui touchent toutes les sphères du continent africain en profonde ébullition et mutation perpétuelle. Un autre style de genre dans l’écriture des œuvres littéraires Congolaises longtemps claquemurée dans le développement politico-social retondant. En brassant dans son roman, les différentes formes d’écriture possible l’auteur a mis en avant une nouvelle approche pour relater la réalité historico-sociale africaine et celle dite politico-environnementale. Mais cette innovation réside amplement  dans l’insertion des séquences sportives et scènes théâtrales…qui viennent ponctuer et colorer ce vaste assemblage de l’écriture des ouvrages littéraires. 

Du personnage central à d’autres, l’auteur enchaine dans la variété et la diversité des thèmes qui ramènent au point nodal du livre centré sur le reportage qui vire à l’impondérable et à l’imprévisibilité. C’est ce changement des tableaux synoptiques qui fait la richesse de l’ouvrage et la beauté de son contenu sublimé au fil des pages par le journaliste lui-même, la Star Galiana, le  président Koudia Koubanza,  l’incontournable Papa Wemba alias La Boule-à-zéro, le vieux Mabika, Monsieur Olivier Boulanger, la Mam’ Pangoula, ses enfants….. et les comédiens divers qui dans leur dialogue véridique donne une dimension politique, morale, humaine et spirituelle. Des passages édifiants qui drainent le lecteur dans les bords singuliers de l’auteur….ses autels de vision, ses citadelles de conviction et ses antres de croyances. Qui expriment ce que l’écrivain pense de l’Afrique d’aujourd’hui et celle qui vient. C’est suivant ce champ circonscrit que NKR fait parler son cœur et interroge son esprit et interpelle surtout notre conscience pour que le « Plus jamais ça » soit une digue infranchissable de l’indignité envahissante qui gangrène notre chère mère africaine. 

Voilà la trame principale du roman politico-social et historico-sportif et environnemental de l’écrivain congolais qui résume ses titres notoires : essayiste, romancier, poète et critique littéraire. En somme dans ce nouveau roman NKR n’a fait que ressortir ces fonctions pour formuler une pensée à Jean Hélène, grand reporter de RFI mort en terre africaine. Un vibrant hommage à lui et au difficile métier de journalisme dans sa globalité.

 Un style d’un autre genre littéraire 

Avec cette nouvelle aventure romanesque NKR nous amène dans les contrées lointaines et imaginaires de son monde coloré Africain. Une pure fiction littéraire que l’auteur nous concocte au menu dans ce fabuleux voyage au cœur d’une nation Katamalaisie. Ayant pour capitale Tourneville jouxtant le Congo-Zaire et le Congo. En pleine Afrique centrale. Un pays inexistant, inventé par l’écrivain congolais dans ses férues rêveries pour expliquer le lancinant phénomène des Enfants de la rue qui touche l’Afrique noire. « Les enfants de la rue, un groupe des bambins constitué en majorité d’orphelins….et les enfants sorciers…»page16. Explicitement, en créant ce nom de pays, ce romancier de l’imaginaire a mis en exergue la fonction référentielle des toponymes fictionnels. La topographie romanesque permet de comprendre la posture de l’écrivain dans la métaphore du voyage, dans la spatialisation qui conditionne la généricité et la topicité du texte.  

Un reportage d’un journaliste de RFI mené par un homme blanc « Moundelé» perdu dans le labyrinthe dans la capitale Tournevilloise en proie à cette irruption spontanée de cette furia des enfants délaissés, abandonnés….à la recherche d’un éclair d’espoir évincé par l’engloutissement et l’effondrement de leurs rêves de réussite et de bonheur brisé et calciné. Ces laissés pour compte que NKR décrit tristement comme des «enfants de la rue dont la mendicité et le vol à tire étaient leur dada »page19Ainsi « un journaliste blanc sous le soleil de l’équateur » un message de sensibilisation et de compréhension du problème de ces bambins encore appelés « Chégués et faseurs »page 27. Ces enfants victimes de l’atrocité des politiques et des dérives messianiques perpétrés par les églises de l’éveil qui cherchent à inventer un nouvel âge ou un nouveau paradis des âmes damnées et tronquées par un évangile de la haine et de l’exclusion. 

En pointant du doigt ce mal qui ronge la société africaine, l’auteur qui écrit « Plus rien ne marche. Plus rien n’est comme avant » page12, se situe dans le terrain d’un thérapeute et d’un éducateur pour montrer à tous, une porte de sortie de crise. Ou une ouverture solutionnaire pour endiguer ce fléau exorbitant. C’est un romancier moralisateur et un poète didactique soucieux du développement global de l’Afrique par ses écrits multiformes. 

A l’antipode du courant pamphlétaire indubitablement ancré dans la critique acerbe de la politique locale, NKR se positionne dans le champ référentiel littéraire qui amorce une disjonction dans le développement du roman congolais voire africain. En intégrant les éléments d’une écriture de l’essai, du roman et du théâtre. Un véritable essaim des ouvrages dans un seul ouvrage. Un jet miroitant de plume réussie. Comme pour marquer sa singularité dans la marque Congolaise de l’écriture des œuvres littéraires. C’est cette démarcation à la lumière du nouveau roman que l’auteur se différencie de la fratrie pour donner à cette famille de l’art majeur une autre coloration au visage pictural de la culture et patrimoine congolais. 

 Une méthode aux multiples sujets

A l’entrée de la frontière imaginaire, sa sève littéraire dans cet arbre romanesque Congolais, NKR se détache des lianes asservissantes politico-sociales pour s’expanser, s’élever et évoluer. Bien loin du champ libre de la culture universelle. Où le roman cesse d’être local, identitaire pour être uniquement monde, visionnaire et futuriste aussi. 

Loin d’être un ardent pourfendeur de la politique pour s’ériger en donneur de leçons, l’auteur conseille, guide et aide au développement dans ses analyses profondes des faits marquants et brûlants qui frappent l’Afrique. L’accent mis sur la politique, la société, l’économie, le sport et l’environnement est une illustration frappante d’un écrivain multiple, et exemplaire par sa critique de l’Afrique malade. Qui se guérira par ses propres maux reconnus et acceptés. « Le temps est le seul remède qui pourra cicatriser les blessures de la vie, de ta vie, de ma vie, de notre vie Faisons-nous confiance,…. ». page 84. L’auteur parle de l’amour pour panser ses plaies béantes d’hier. Il ajoute : « Nous devons écarter la main sale de la guerre interethnique pour nous reconstruire. Je t’en prie, mon cher Paolo ! Oublie ce passé. Et il finit par ce merveilleux message : « l’œil du futur nous fixe de son regard plein de promesses ». page 83. C’est l’écho de l’espoir que NR nous invite à caresser. « Ecrasons plutôt notre douleur et chassons la colère. Accrochons nous à l’espoir et l’espérance qui se dresse devant nous. Ni vengeance, ni revanche. La vie seule impose sa justice à l’humanité ». page.85 

Sous le fond d’un humour brillant, avec des mots Koongolais « mosutu, pini, mbao Kala,… » l’auteur, le fervent patriote nous a plongés dans l’enfance où les personnages hauts en couleur scintillent pour faire de ce roman une réussite. Ce haletant et épatant ouvrage qui coupe littéralement le souffle au fil de la lecture s’apparente quelque peu a un roman amical et d’amour déguisé. 

Il reste à la fermeture de ce livre ou fin de péripétie une extinguible soif de relecture….un bien étonnant voyage littéraire dont les contours donnent aux lecteurs avertis un message de vérité et de lumière aussi. « On meurt jamais d’amertume. Ressaisissons-nous pour nous accrocher à nos destins dont l’Eternel connait l’alpha et l’oméga». Page 86. Et le président Koudia Koubanza conclut : «les africains se réveilleront et s’uniront par la force de l’histoire pour créer une Afrique forte, dynamique et puissante… » .page 156. L’auteur boucle la boucle par un furtif baiser entre les deux amis et l’exil footballistique annoncé du prodige Chris en France. Et en exhortant la francophonie, ce vaste espace d’entente pour la sauvegarde des acquis et sa peur imminente qu’elle se transforme à la francofolie. 

Habitué à nous amener dans ses propres rivages si incommensurables, jaillissants et incendiaires des Enfants de la guerre, NKR en signant ce nouveau roman, il a écrit un de ses meilleurs livres qui fera date. Et nous dira, J’en suis persuadé, des belles histoires. Demain. 

«SAMMY MASSAMBA, TANAWA et SAMBA NGO»: trois précurseurs d’une autre musique Congolaise née dans l’hexagone

Classé dans : Non classé — 23 mai, 2011 @ 1:11

A l’orée des années 80, ces trois destins croisés forment un cocktail musical incomparable. Incomparable par la qualité de son, la valeur des thèmes, la richesse de rythmes musicaux dérivés du terroir Congolais et malaxés aux accents hexagonaux, américains dans un œcuménisme chaleureux. Un tournant historique est amorcé avec ces pionniers d’un autre courant musical Congolais. Avec eux la Rumba Congolaise connait un lifting scintillant. Tout en gardant précieux ses valeurs qui sculptent son propre identité et expriment sa fierté légitime. Mais au gré de cette vague révolutionnaire, la musique Congolaise sort de son sentier primordial et s’expatrie à merveilles. Elle se vend bien à l’extérieur sur d’autres sonorités, voix et paroles. Elle caracole en tête de peloton africain. C’est l’ère solaire et prolifique de notre musique. Séduisante. Ces géants artistes deviennent les portes drapeaux de la musique congolaise qui se fait mieux et gagne sur l’échiquier du marché international. Ces génies congolais vont avec leur style musical épuré s’imposer partout et ouvrir surtout les portes à d’autres musiciens africains de surfer sur cette vague d’euphorie de musique d’originalité et de modernité captivantes.  En puisant dans la source ancestrale, ces musiciens épousent en commun une seule langue d’expression et de transmission de leur message: le Kongo. D’emblée ce choix linguistique leur apporte une singularité qui tisse leur marque de fabrique. Et de démarcation d’avec d’autres courants musicaux des années 80 qui ont conquis la France et outre atlantique. En inventant ce mode d’expression originale, ils imposent aux musiciens qui les accompagnent une langue étrangère et aux mélomanes séduits une nouvelle façon de jouer et de comprendre la musique Congolaise. Mais aussi et surtout d’écouter, de chanter et de danser. En symbiose avec  le marché de l’époque friand de ce genre de musique à coloration  disco…..et reggae impulsé à l’échelle planétaire par le génie de tous les temps: Bob Marley. Ce chanteur et un auteur-compositeur-interprète jamaïcain.

Les parcours différents   

 «SAMMY MASSAMBA, TANAWA et SAMBA NGO»: trois précurseurs d’une autre musique Congolaise née dans l’hexagone

Sammy MASSAMBA, l’arrangeur talentueux et l’artiste à la guitare magique, s’illustre singulièrement par ces compositions laconiques qui coupent littéralement le souffle et laissent pantois les connaisseurs de l’époque. Je cite: Miss Rocky, Propriété privée, Moulambala Cochi, Super Wolo, Mano, Sabou, etc. Avec ces chansons, il fut l’un des premiers artistes à lancer le reggae au Congo Brazzaville.  C’est une musique qui s’écoute et se danse à la cadence de la voix étonnante et des sons musicaux nouveaux. Longtemps encore les détracteurs furent sceptiques à l’éclosion de cette envahissante créativité. A l’inverse les affidés, déjà conquis, étaient charmés et emballés par la beauté de cette nouveauté hors du temps.  Dans le milieu professionnel, ce musicien fait l’unanimité…. il force l’admiration, la considération et le respect. Il est fort remarquable par son sens d’improvisation très aigue…et qui aiguise son singulier talent d’auteur-compositeur et d’interprète de renom. Il est aussi fondateur du label Star Production et du Studio des Stars à Paris.  C’est un musicien complet né dans le milieu du monde scolaire de l’époque. Ce faisant, il marchait dans une autre voie de la musique africaine. Il était un pur produit du groupe« Cheveux crépus » de l’année 64. Dont il était l’un des fondateurs avec les têtes d’affiches tels que: Jacques Loubelo, Maxime Kibongui, Casmir Kinouani, Albert Massamba, Prospère Nkouri, Victoire Nialebama, etc.      Ce fut une bande des copains qui s’était retrouvé en terre française. Ils étaient heureux de continuer dans l’exil l’art musical Congolais. En ajoutant leurs individualités pour donner à cette richesse nationale une autre dimension considérable. Avec des chansons à orientation contestataire du joug colonial, ils portaient le message de la jeunesse et redonnaient à la musique locale les élans et les airs afro-américains qui dominaient dans cette ère des années 60. Ce faisant, ils s’inscrivaient dans un genre musical nommé Gospel Africain. 

 

Avec TANAWA fils du Korobo de première heure, la musique congolaise change de registre et de voie. La douce rumba s’accélère et s’améliore en goût par le tempo et le rythme nouveaux. En revisitant le répertoire délaissé, cet incontournable artiste lance des tubes qui rappellent le temps ancien et cette vie où les fans  se retrouvent dans les souvenirs communs et voire particuliers qui ont marqué leur existence. Ces textes poétiques évoquent ces deux mondes qu’il décrit avec humour et réflexions sur les travers et traditions de notre société. Ce chanteur atypique étonne et assomme l’impérieuse concurrence musicale qui subsistait sur le marché. Avec son premier tube en 1976 chez Safari Ambiance, le père de la Soul Congolaise se hisse au sommet et sa musique assiège l’antenne de la radio et discothèques du pays. Et tous les marchands ou kiosques de disques des années suivantes raffolent les chants musicaux de ce fils Matsouaniste. Lors de ses descentes au Congo, il va remplir le CEFRAD où ses prestations aux allures du Koôngo ancien donnent l’envie et le goût d’apprécier encore ce précurseur et ténor d’une  nouvelle musique Congolaise. Parmi ces tubes phares on peut citer: Naniyula, Nukuzebi, Mwana Mical, Maguy, Watuwa, Bouléké, Destinée, Ngwala, Mama Antoineta, Partez sans moi, etc. Avec ces multiples prestations et apparitions remarquées sur le territoire national d’autres musiciens restant vont suivre ses pas et de deux autres compatriotes de route qui révolutionnaient la musique locale. Ainsi dans ce mouvement musical impulsé par ces pionniers d’autres artistes tels que: Pamelo, Kosmos, Pierre Moutouari, …vont tenter leur aventure ou expérience dans l’univers français. 

86552991.jpg

Un autre nom va sortir du lot….. du vivier national. Il s’agit de SAMBA NGO. De père un «Nganga», le guérisseur herboriste qui lui a insufflé par ces rituels l’art et le don de la musique puisée dans les instruments traditionnels Nsambi et le kilembe.  Bercé dans cet univers musicaux sacrés, il a développé un style de guitare unique. D’où SAMBA NGO est devenu au fil du temps un interprète charismatique et un Maitre guitariste. Rentré au bercail avec ses parents en 1964 après l’expulsion des Congolais de l’ex Zaïre, il fait la rencontre des musiciens: Titos Samba, Jacques Bakangaduo et Loussakoueno Dieudonné qui l’intègrent comme guitariste dans Les Echos Noirs. Cette formation propose une musique urbaine, mélange d’influences sud-africaine et de rythmes congolais qu’ils nomment Mudgéku. Ensuite, SAMBA NGO réalisera quatre 45t avec le groupe avant de monter Africarythme en 1970 qu’il quitte en 1972 pour créer M’Bamina avec lequel il produira sept albums.  Il amorce un nouveau virage avec le groupe MBamina. Cet autre fils du pays rejoint ce magma ou confluent musical français des années effervescentes 80. Avec son groupe composé des musiciens venus de plusieurs états notamment du Bénin, il va parcourir l’Afrique et le monde pour conquérir le public. La réussite sera totale et le groupe connait son pique de popularité durant cette époque florissante. Avec une musique à dominance authentique, électrique et puissante.  Lorsque le groupe se divise autour des années 90, il va cavalier seul. Et son talent certain va s’affirmer continument. Ce qui va lui permettre de parcourir le monde jusqu’à exiler aux Etats unis précisément en Californie. Où il a trouvé une assise musicale et une prospérité qui a engendré la sortie des CD dont il garde les empreintes Congolaises. Comme ses frères de chemin, il revendique dans ses chansons cette unité effacée d’une nation qui a perdu ses repères anciens. Cet historien et féru de la musique, vantant des paroles ancestrales teintées des proverbes, chante à la Congolaise dans un fond de musique occidentale. Un assortiment étonnant qui replonge dans l’ancien temps où les Mbongui subsistaient et rassemblaient le peuple aujourd’hui emporté par la guerre intestine. C’est l’unité et la concorde nationale que ce chantre de la paix fait passer dans ses chansons telles que: Wa, Tchidiba, Mbemba, Rendez-vous, Sa Ntima etc. De plus, il milite aussi pour la diversité culturelle et rejette toute politique négative orchestrée par les politiques qui étouffent l’Afrique entière.  Ce discret artiste continue de psalmodier en français, en anglais et surtout dans sa langue maternelle qu’il affectionne et qui rend sa musique douce et agréable à écouter. 

Pour conclure 

Contrairement à une musique qui meurt, celle de ces trois compatriotes demeurent et continuent d’être la meilleure dans  la sagesse, le timbre, le calme, la douceur et la limpidité qui enchantent le cœur et transporte l’esprit loin des confins éthérés….Où cette musique qui s’écoute seule change nos pensées et sentiments dans les meilleurs du Monde. Un dopage musical autorisé qui remue l’instant endormi d’une vie. Et donne l’espoir de vivre en gardant dans l’âme les paroles des anciens et les chemins lumineux obscurcis par nos manques de valeurs d’unité. C’est ce commun message d’amour et de fraternité que ces trois ténors d’une musique congolaise exaltée professent dans leurs tubes sublimes.  Dans ces heures sombres, et de doutes du présent entêtant, de l’avenir incertain, ces mélodies peuvent donner la force et le courage de continuer l’héroïque combat de rassemblement et du retour vers les valeurs de nos ancêtres délaissées. Il importe à tous de réécouter ces musiques de l’âme de notre âme commune. Bien qu’ils sont véhiculées dans une même langue… mais la teneur reste d’actualité brûlante de l’heure. Et c’est ce genre de message que le peuple à besoin d’écouter et de méditer surtout… pour changer et retrouver la rayonnante prairie des aïeux. Qui eux célébraient joyeux l’unique Patrie et un seul idéal: l’unité des ethnies fraternelles. C’est cette valeur qu’il faut garder pour rester frères et sœurs dans notre Congo.   

Voici quelques morceaux choisis des auteurs 

SAMMY MASSAMBA

http://www.myspace.com/sammymassamba/music/songs/miss-rocky-34368635   

http://www.myspace.com/sammymassamba/music/songs/moulambala-cochi-34369449   

http://www.myspace.com/sammymassamba/music/songs/propriete-privee-34368176 

SAMBA NGO  

 http://www.myspace.com/sambango/music/songs/tchidiba-20526909 

http://www.myspace.com/sambango/music/songs/mbemba-20585915  

 http://www.myspace.com/sambango/music/songs/Wa-20586908   

http://www.myspace.com/sambango/music/songs/rendez-vous-20526910 

http://www.youtube.com/watch?v=MJJQm-WZ_9s&feature=related   

TANAWA 

 http://www.youtube.com/watch?v=fbqyEiQhksE&feature=related     

http://www.youtube.com/watch?v=ZAUk-wDJe3M&feature=related  

http://www.youtube.com/watch?v=zZWjdYDKcHY&feature=related  http://www.youtube.com/watch?v=m3aCw5dwvNk&feature=related 

Hommage à l’Abbé Fulbert YOULOU à l’occasion du trente neuvième anniversaire de son décès

Classé dans : Non classé — 9 mai, 2011 @ 4:43

Abbé Fulbert Youlou : père de l’indépendance et de la nation congolaises, visionnaire en son temps d’une Afrique perdue des temps modernes

Hommage à l’Abbé Fulbert YOULOU à l’occasion du trente neuvième anniversaire de son décès (05/05/72-05/05/2011)

Moi, abbé Fulbert Youlou, représentant légal élu de mon peuple, je supplie les hommes de bonne volonté de me lire
. Souvent les hommes d’Etat rédigent leurs mémoires en perdant la leur… Que l’on se rassure, ce que j’ai à dire ne constitue pas un secret d’Etat, mais simplement un avertissement, écrit avec le sang des miens, pour éviter d’autres massacres et si le nom et l’habit que je porte peuvent aider à la propagation de la vérité mon épreuve n’aura pas été inutile. Abbé Fulbert YOULOU in « J’ACCUSE LA CHINE  » P.14.

youlou9Ce propos est celui de l’abbé Fulbert YOULOU contenu dans son remarquable ouvrage  » J’accuse la Chine  » publié aux Editions La Table Ronde en 1966.

Dans cet ouvrage  » J’accuse la Chine  » de 253 pages, l’abbé Fulbert YOULOU aborde plusieurs aspects de la vie politique planétaire de son temps. Il y relève d’innombrables contradictions ayant gagné le bloc des pays dits socialistes ou communistes par opposition à celui des Etats dits du monde libéral.

L’analyse de la vie politique africaine gagné d’une part par des courants de pensée que l’abbé Fulbert YOULOU qualifie de fort dangereux pour le développement du continent africain et les contradictions des puissances occidentales d’autre part lui confèrent à juste titre la qualité d’UN VERITABLE HOMME D’ETAT doté d’une haute conscience politico-spirituelle.

Au-delà de la rigueur intellectuelle d’un excellent écrivain qu’il témoigne tout au long de son récit, l’abbé Fulbert YOULOU porte dans  » J’accuse la Chine  » l’habit d’un NGUNZA, c’est-à-dire d’un grand visionnaire de ce que vit l’Afrique noire à l’heure actuelle.

Tout d’abord l’intitulé de son ouvrage  » J’accuse la Chine « est déjà en lui-même très évocateur puisque l’abbé Fulbert YOULOU y annonce de facto les maux susceptibles d’hypothéquer le développement du continent africain si aucune conscience politique africaine n’est véritablement édifiée.

A ce sujet, le visionnaire ou le prophète abbé Fulbert YOULOU relève avant tout que:

fulbert10 » Pour nous, Africains…, le mal existe, il est aussi présent que le bien, et nous ne pouvons le limiter qu’à la condition de l’admettre pour le combattre avec prudence, certains que l’Absolu n’existe que dans les réalités spirituelles. Ce sont ces réalités qui, en Afrique, feront échec à l’expansion communiste… » ( » J’accuse la Chine  » P.16)

Ceci dit, l’abbé Fulbert YOULOU est sans conteste pour une Afrique autonome, véritablement indépendante mais qui toutefois ne doit absolument pas se laisser aller à l’indolence de l’indépendance.

Dénoncer les non-sens du colonisateur européen lui semble chose à la fois humaine et acquise. Cependant vouloir les remplacer par d’autres inepties venant d’un autre colonisateur, en l’occurrence du dragon asiatique (la Chine) relève, de son point de vue, d’une très forte aberration.

Ce faisant, l’abbé Fulbert YOULOU reste un observateur attentionné face aux manœuvres de la Chine communiste sur le continent africain. En son temps, il est certainement le seul dirigeant africain qui ait pris à cœur LA CONQUÊTE CHINOISE AFRICAINE et les dangers de divers ordres qu’elle pouvait représenter dans une Afrique nouvellement indépendante.

A cet égard, le prophète-abbé relève avec perspicacité que :

«  La Chine dans sa conquête de l’Afrique n’a pas le choix des moyens et elle a pris le risque, faute de recruter de véritables militants africains, de fonctionnariser sa pénétration dans le continent noir par ses propres agents diplomatiques. On me dit qu’on ne peut pas ignorer sept cents millions de Chinois et les tenir à l’écart, j’entends bien que cet argument serait valable si le despotisme qui fait régner sa loi sur des masses asservies ne prétendait se servir de sa reconnaissance comme d’un encouragement complice. » ( » J’accuse la Chine  » P.19)

Le visionnaire abbé Fulbert YOULOU voit à travers cette conquête chinoise, la main basse d’un système dangereux pour le continent africain qu’il qualifie à juste titre de colonialisme chinois.

Aussi, ce colonialisme chinois qui est fort pernicieux pour le développement de l’Afrique est défini par le prophète-abbé comme étant:

« …une structure au service d’une puissance étrangère qui impose à l’Afrique un appareil psychologique de conquête lui-même inspiré par des techniciens chinois mis en place par des fonctionnaires envoyés de Pékin et servi par des évolués indigènes éduqués dans des écoles d’administration coloniale de Pékin. Toutes les conditions du colonialisme, telles que l’Afrique les a connues dans le passé, sont réunies avec la différence que les capitalistes de la colonisation réalisaient de gigantesques progrès techniques dont se moquent les cadres de la révolution communiste qui visent un asservissement des esprits et des âmes par une oppression scientifiquement étudiée « . ( » J’accuse la Chine  » P.20)

youlou00Ainsi en sa qualité d’un véritable NGUNZA, c’est-à-dire d’homme précautionneux et averti, l’abbé Fulbert YOULOU ajoute avec une certaine consternation que :

 » Ce qui est grave dans la situation que je vais dénoncer, c’est que dans notre lutte passée pour l’indépendance, le monde entier faisait écho à nos aspirations, dépassant parfois nos désirs, alors qu’aujourd’hui l’Afrique africaine se retrouve seule devant la menace raciste d’un déferlement asiatique déjà commencé  » («  J’accuse la Chine  » P.20)

En somme, le visionnaire, le prophète-abbé Fulbert YOULOU dépeint une situation calamiteuse qui entraverait le développement du continent africain. Aussi n’hésite-t-il pas à interpeller les élites africaines ayant fait le choix et ce, à tort, conçoit-il, de vouloir conduire l’Afrique vers les sentiers de l’indépendance. Et ce, par des courants de pensée marxisante ou de la Chine communiste voire des pays dits socialistes comme l’Union soviétique.

Pour ce faire et dans un contexte des années moins perturbantes du continent africain que celles des temps modernes le NGUNZA abbé Fulbert YOULOU pointe du doigt le mal chinois en écrivant:

 » J’accuse la Chine d’être partout où le Monde libre la tolère, avec ses diplomates, ses attachés commerciaux, intellectuels ou militaires, à la base d’une machination qui use de toutes les situations particulières, en dehors d’une unité de doctrine qu’elle a abandonnée, pour mieux parvenir à ses fins et rabattre à n’importe quel prix le gibier humain. Aux Arabes on promet l’écrasement d’Israël, aux Pakistanais celui de l’Inde, mais toute cette exploitation scientifique des ressentiments instinctifs à un même but : le chaos. Un chaos qui mêle les idéologies généreuses, les instincts primitifs, les sorcelleries ancestrales, soulevant bouddhistes contre chrétiens, Blancs contre Noirs, tribus contre tribus, politiciens contre politiciens. » (J’accuse la Chine P.22)

Dans le même ordre d’idées, le prophète Fulbert YOULOU ajoute :

 » En ouvrant ce dossier bien sûr incomplet de la pénétration chinoise en Afrique, j’ai le sentiment d’engager une bataille où j’ai pris mes responsabilités, conscient du risque mortel que je prends en respectant dans l’exil la confiance que le peuple congolais a mise en son chef. Il y a dans le monde du XXe siècle, pour le malheur de l’humanité, une idéologie destructrice – je cite Mao Tsé-toung –  » à sacrifier la moitié de l’humanité pour assurer le triomphe du léninisme ». Pour ma part, je ne composerai jamais avec les propagateurs de telles théories; Africain, je sais par le malheur dans lequel est tombé mon peuple que c’est le continent noir qui a été choisi par la puissance chinoise pour faire basculer le monde. » (J’accuse la Chine P.22)

Dans ces conditions, la grâce de Dieu est, observe au final le prophète-abbé, nécessaire à l’homme politique que je suis et qui demeure persuadé que l’œuvre de bonté s’accomplit en dépit des faiblesses humaines, non pas malgré des épreuves et des larmes, mais par des épreuves et des larmes. Telle fut et demeure, conclut-il, ma ligne de conduite et s’il s’est trouvé des âmes assez courageuses pour m’aider…et si le petit peuple congolais espère dans le symbole que je représente, c’est par ce qu’il sait bien, dans cette lutte de l’étoile contre la croix, que je ferai tout pour l’arracher à son tragique destin. (J’accuse la Chine P.23)

C’est dire que l’homme politique abbé Fulbert YOULOU reste sans doute le plus grand dirigeant que le Congo-Brazzaville ait connu et un des meilleurs du continent africain. Avec lui, la politique retrouve toute sa noblesse du respect de l’être et de son intégrité. Si celle-ci peut être définie comme étant l’art de pouvoir administrer ou gérer les biens publics sur la base d’un programme donné et d’un mandat électivement confié par le peuple à ces représentants, avec l’abbé YOULOU, elle devient en plus de cela l’art d’anticipation consistant en « une prise décisionnelle et orientative » pour mieux se pourvoir, peut-on dire, dans le concert des nations.

C’est ce qu’on appelle, entre autres, le YOULISME qui, en l’espèce consiste en un certain art d’anticipation dans la gestion sainement nationale des affaires. Il découle d’une prise de conscience qui se matérialise par l’adoption d’un certain nombre de mesures sur les plans social, politique, économique, spirituel et moral et qui tendent par conséquent vers un  » mieux être » ou un  » mieux vivre  » voire un lendemain meilleur.

WE NA MESO KA MONE, WE NA MAKUTU KA WE, WE NA NGANGU KA SE, que celui qui a des yeux puisse bien voir, des oreilles qu’il entende avec justesse et qu’enfin l’Homme sage puisse appliquer sa science à bon escient.

NZAMBI WA BONGA WA SA
EE NKASUKULU EE TSIA, A BON ENTENDEUR SALUT !

RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (TATA N’DWENGA)
Avocat à la Cour

UNE PENSEE POUR LE POETE Jean Baptiste KHUONG

Classé dans : Non classé — 9 mars, 2011 @ 9:07

jb.jpg

La vie est une école temporaire où l’homme pensant laisse une œuvre pour l’éternité. Une expression bien illustrative et éclairante de la vie résumée de mon ami et frère Jean Baptiste KHUONG(JBK) qui nous a quittés depuis bientôt quatre ans. Ce pharmacien de profession était un poète dans  l’âme et a fait de la poésie sa deuxième passion dans ce monde terrestre. Avec lui l’art poétique était avant tout une musicalité et un rythme des mots où le son à la lumière des rimes symbolisaient le parfait. Adorateur de la rime parfaite, il visait toujours l’excellence dans toutes recherches de la symétrie propre au classicisme pur. Il m’a insufflé cette dévorante passion et montré le chemin de ce sublime art de l’esprit dans la conquête de la beauté. Cette lumineuse argile avec laquelle, il façonnait les femmes pour en faire des images idéalisées. Ces miroirs qu’il contemplait sans fin pour être la symbolique beauté qu’apporte les muses aux poètes.

Un poète de la beauté

Au sujet de son magnifique poème intitulé «Sérénité», la présidente du Jury disait de cette œuvre accomplie destinée aux femmes: «Je vais peindre ce poème»!Un beau compliment venu d’un artiste dans cet art de charme et de séduction par le sens des mots que chantent la musique intérieure de l’âme de ce poète sublimé.   

Oui, JBK fut unique et incomparable dans la race indélébile des écrivains remarquables.Aux talents coruscants et éphémères. Elégant, il portait cette élégance dans son cœur qui respirait au plaisir la touchante gentillesse de ses illustres hommes éteints…et oubliés de ce siècle, si tourmenté par les multiples dictatures de ce temps de la rouille. Il symbolisait ainsi dans sa sagesse éclairée le véritable mentor. Qui a transmis son virus comme l’antique semence dans mes vers colorés… et qui s’apparentent au paysage de son monde natal asiatique.

Un chemin d’école partagé dans cette contrée Niçoise de retrouvailles où les âmes acheminées vers les mêmes prairies poétiques comme jadis. Une communion artistique où l’échange nous a aidés à retrouver les sèves antérieures que nos arbres avaient gardées depuis la nuit des temps. Une fraternité ressoudée sur les racines enfouies qui nous rappelaient les liens familiaux que nos aïeux communs ont tissés pour l’éternité. C’est cette indescriptible liaison d’amour fraternel né dans la poésie que son esprit encore vivant chante dans mon cœur et dicte ses écrits pour évoquer sa mémoire et parler de l’unité indivisible qui guide les âmes ici bas et le prolonge dans l’au-delà. Tout en le raffermissant et amplifiant davantage.  Cet irrépressible lien qui unit les esprits depuis les siècles des siècles.    

Chantre de la beauté, il était le poète de cette richesse intérieure. Et prince charmant des poètes comme son maître VERLAINE qu’il exaltait au quotidien en récitant ses oeuvres les plus célèbres par cœur. Mais hormis ce  talent de cœur auquel il s’identifiait dans la pensée, il aimait par-dessus tout De NERVAL comme le géant. Disait-il sans fin. Selon lui, il incarnait le génie dans ses créations qui touchaient l’âme et l’infinie beauté de la connaissance du monde inconnu. Chez ce créateur né le symbolisme éclairait l’art de la poésie et celle-ci devenait le visible dans l’invisible du monde archétypal. Il aimait cet écrivain par ses connaissances astrologiques. Car mon ami français d’origine Vietnamienne était aussi astrologue et savait lire le destin par le signe des astres. Une deuxième passion envoutante qui illuminait sa vie et gouvernait ses pas dans cette vie où ses yeux étaient rivés vers l’horizon dentelé des éclats de lumière opale….cette fabuleuse couleur qu’il admirait et adorait à l’infini. 

Sur les traces des anciens 

Mais le choix intellectuel De NERVAL était aussi dû à la lecture de son parcours de poète révolutionnaire. Car disait-il que cet écrivain avait secoué le joug de Victor HUGO et avait préparé le terrain pour BAUDELAIRE, MALLARME et RIMBAUD. Donc un vrai précurseur dans sa vision poétique hermétique mais bien transcendantale dans l’acception du métaphysique ou spirituelle dans cet art lyrique. Ainsi, il a fait de ces deux auteurs français les maitres de pensée qui l’on suivi et accompagné dans ses recherches et créations littéraires. Ce faisant, ses travaux laissés, inspirés d’eux portent leur sceau tout en se démarquant de l’emprise ou empreinte.

C’est pourquoi à la relecture de ces quelques poèmes primés par le concours de NICE et de la ville d’AGEN,  il en découle que l’élève est devenu un maitre absolu dans son propre chemin de vie. Les nombreux prix reçus de son vivant témoignent fort de la singularité de celui que j’appelais le poète de l’amour. Car tous ses écrits  se résument à ce mot et ce concept a orienté sa vie artistique. Une dominance bien réelle et visible dans ses écrits où la beauté féminine réside dans la finalité de sa pensée.Un amour en perpétuel  quête de savoir et connaissance.

Il a été absorbé par cette lumière du monde et cette puissance indomptée que le feu éternelle n’arrive guère à consumer. Comme tous les écrivains, poètes et philosophes, l’amour comme finalité de la vie, il reste après notre bref passage une fin qu’on n’atteint jamais. Une éternité qui jamais n’achève. Malgré les maintes quête de ce graal… qui devient finalement inaccessible. C’est cette inaccessibilité que le poète parti de l’autre coté nous enseigne et lègue comme message. Un message à méditer en ce jour de quatrième anniversaire de sa mort. Comme toutes  ces âmes qui ont quitté ce monde leur esprit continue de nous parler dans leur œuvre de rénovation rédemptrice. 

Au tréfonds de mon cœur, son souffle poétique devient au jour le jour un souffle prophétique qui montre ô combien seul l’amour sauvera le monde.  Et le monde trouvera la voie de sortie par cette valeur millénaire qui ouvre les portes du bonheur. Et de l’éternité qui nous attend tous….fils de celui qui est. Au lointain se rentrouvrons tous ceux pour qui l’amour est le rayon d’une coïncidence mystérieuse.Eternel repos à toi. Mon cher ami et poète énigmatique.

 Voici le poème primé 

                «Sérénité»

Un ange voulait souligner la paix du soir, 

Au pays natal emmuré dans le silence 

Qu’elle était douce la brise amenant l’espoir! 

Inaltérable parfum de votre présence. 

Votre regard reflétait un monde enchanté, 

Mystique beauté d’un songe qui ne s’achève 

En vos yeux a persisté l’éclat de l’été, 

Un grand amour existe à l’aube d’un grand rêve. 

Aimeriez-vous voir Venise quand vient la neige? 

La chanson des saisons sous son manteau d’hiver, 

Remerciant le destin pour son privilège 

Mon cœur près de vous ne connaît de jour amer. 

Les clartés de la vie aux chemins solitaires 

Sereinement devant le ciel et l’océan, 

Révèlent dans l’enchaînement des millénaires 

L’immensité d’amour au loin des flots de sang. 

Voir Jean Baptiste KHUONG dans le blog de G. FRANCIS artiste peintre et astrologue

http://asteronline.ifrance.com/616_icare.html

 

1...34567
 

Français sans fautes |
le livre du loup |
euh....vraiment n'importe q... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Avec mon coeur, mes mots et...
| Et toi tu lis quoi ?
| Mes Créations Cya